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Des géants du web poursuivent NSO, le groupe derrière le logiciel espion Pegasus

Un homme tape sur un clavier devant deux écrans d'ordinateurs.

Des géants du web s'allient en justice contre la société de cybersurveillance NSO.

Photo : Getty Images

Reuters

Microsoft, Cisco, Dell et Google ont joint lundi la bataille juridique de Facebook contre le groupe NSO, cette société de cybersurveillance derrière le logiciel espion Pegasus. Ces géants de la techno ont déposé un mémoire d’amicus curiae devant un tribunal fédéral qui met en garde contre les outils « puissants et dangereux » de l’entreprise israélienne.

Le mémoire, déposé devant la cour d'appel américaine du 9e circuit, ouvre un nouveau front dans la poursuite de Facebook contre NSO déposée l'année dernière après qu’il eut été révélé que la société de cybersurveillance avait exploité un bogue dans le programme de messagerie instantanée WhatsApp, propriété de Facebook, pour aider à surveiller plus de 1400 personnes dans le monde.

Comme NSO vend des outils numériques à la police et aux agences d'espionnage, le groupe estime qu’il devrait bénéficier de l'immunité souveraine, une doctrine juridique qui protège généralement les gouvernements étrangers contre les poursuites judiciaires. La société israélienne a toutefois perdu cette cause dans le district nord de la Californie en juillet et a depuis fait appel au 9e circuit pour faire annuler la décision.

Microsoft, Google (Alphabet), Cisco, VMWare (Dell Technologies) et l'Internet Association, établie à Washington, se sont joints à Facebook pour s'opposer aux prétentions de NSO, affirmant que l'octroi de l'immunité souveraine conduirait à une prolifération des technologies de piratage et à davantage de gouvernements étrangers disposant d'outils de cybersurveillance puissants et dangereux.

Cela signifie que ces outils auront beaucoup plus de chances de tomber entre de mauvaises mains et d'être utilisés à des fins malveillantes, selon ce qu’on peut lire dans le document.

Espionnage de journalistes

Le groupe israélien – qui n'a pas répondu aux demandes de commentaires de Reuters – fait valoir que ses produits sont utilisés pour lutter contre la criminalité. Or, les activistes des droits de la personne et les technologues du Citizen Lab de Toronto et d'Amnistie internationale de Londres ont documenté des cas dans lesquels la technologie de NSO a été utilisée pour cibler des journalistes, des juristes et même des nutritionnistes faisant pression pour obtenir des taxes sur les boissons gazeuses.

Citizen Lab a publié dimanche un rapport alléguant que la technologie de piratage téléphonique de NSO avait été déployée pour pirater 36 iPhone appartenant à plusieurs employés et employées de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera, ainsi que l’appareil d’un reporter de la chaîne Al Araby TV à Londres.

Le logiciel espion de la NSO a également été lié à l'assassinat du journaliste du Washington Post Jamal Khashoggi, qui a été tué et démembré au consulat saoudien d'Istanbul en 2018. L'ami de Khashoggi, le blogueur vidéo dissident Omar Abdulaziz, a longtemps soutenu que c'est la capacité du gouvernement saoudien à voir leurs messages sur l'application WhatsApp qui a conduit à sa mort.

Jamal Khashoggi est assis, le regard fixe.

Le journaliste dissident Jamal Khashoggi a été assassiné le 2 octobre 2018 par une équipe d'agents saoudiens dans les locaux du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, en Turquie.

Photo : afp via getty images / MOHAMMED AL-SHAIKH

Le groupe NSO a nié avoir piraté Khashoggi, mais a jusqu'à présent refusé de dire si sa technologie était utilisée pour espionner les autres membres de son entourage.

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