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« Une année difficile » en 2020 pour le train léger d’Ottawa

Un usager tenant un parapluie et portant un masque attend le train.

Le train léger d'Ottawa a vécu une année difficile (archives).

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Antoine Trépanier

Si l’année 2019 a été rocambolesque pour le nouveau train léger d’Ottawa, 2020 aura été difficile, de l’aveu même d’un dirigeant d’OC Transpo. Des interruptions de services répétées à une enquête du Bureau de sécurité des transports (BST), les problèmes du train auront été largement documentés cette année.

Dès les premiers jours de l’année, Troy Charter marche sur des œufs. Nous avions eu des problèmes le 31 décembre au soir et mon équipe avait dû rentrer au travail, se souvient le directeur des opérations du transport en commun à la Ville d’Ottawa.

Le lancement du train léger quatre mois plus tôt n’a pas été reposant. Des pépins techniques ont été notés, puis réglés.

Pendant les deux premières semaines de la nouvelle année, si des incidents ont lieu, ils sont somme toute assez mineurs. Mais déjà, les usagers sont sur leur garde.

Nous savions que nous allions avoir des retards mineurs et que parfois, nous aurions un train en moins, mais nous avons commencé à connaître des problèmes majeurs, se souvient M. Charter.

Des problèmes électriques se multiplient. La grogne des usagers grimpe en flèche. Sur les 13 trains qui doivent être minimalement en service à l’heure de pointe, on n’en compte que 11, 10, 9 et même 8 parfois.

On a vu pas mal de problèmes. Donc quand ça a fonctionné, on s'est dit : ''OK, ça fonctionne maintenant, mais on s'attend qu'on va avoir des problèmes qui vont revenir''. Et c'est exactement ce qu'on a vu, affirme Henry Paikin, porte-parole du Groupe des usagers de transport en commun d’Ottawa.

Jim Watson portant un masque dans l'hôtel de ville d'Ottawa.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson (archives)

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

La situation est telle que durant l’hiver, le maire Jim Watson qualifie d’inacceptable le travail du consortium responsable de la construction et de l’entretien du train, le Groupe de transport Rideau (GTR). Il l’informe que la Ville cessera de payer pour leurs services jusqu’à ce que le service aux usagers soit adéquat.

Le transporteur OC Transpo dit avoir offert le service planifié à 88 % en janvier. En février, une faible amélioration porte le taux à 90 %. Ce sont les deux pires mois depuis le lancement du train et c’est nettement en deçà du seuil d’acceptabilité de 97 %.

« Je pense que le bilan, c'est clair, c'est vraiment un échec. »

— Une citation de  Henry Paikin, porte-parole du Groupe des usagers de transport en commun d’Ottawa

C’est une année difficile. Une année difficile pour les usagers et je suis conscient et désolé de ce qu’ils ont vécu , affirme de son côté M. Charter.

Statistiques entourant la fiabilité du train léger d'Ottawa.

La fiabilité du train léger d'Ottawa

Photo : Radio-Canada

Savoir profiter de la pandémie

Lorsque la pandémie a frappé, l’achalandage a chuté d’environ 90 %. À l’hôtel de Ville d’Ottawa, les responsables du transport en commun y voient une occasion rêvée pour le Groupe de transport Rideau d'effectuer les travaux nécessaires.

Les interruptions de services ont alors moins de conséquences qu’en temps normal.

Or, malgré le faible achalandage, les pépins techniques se multiplient. La pression est forte sur le GTR et le président-directeur général, Peter Lauch, annonce qu’il quitte le navire en juin.

Des interruptions pour effectuer des travaux d’envergure, notamment sur des réchauffeurs d’aiguilles, ont été faites en novembre pour éviter des problèmes d’aiguillage en plein hiver.

Le temps où il y a moins d’achalandage permet de faire des travaux qui pourraient améliorer le système plus rapidement, explique Troy Charter.

En tout, M. Charter évalue que la municipalité a dû mettre en place son service de remplacement d'autobus à 23 reprises en raison de fermetures temporaires du train léger. Et il ne ferme pas la porte à ce que d’autres interruptions du genre aient lieu si le GTR en fait la demande

Si c’est pour améliorer le système de manière durable, nous dirons oui, tranche-t-il.

En novembre, le train léger n'affiche que 20 % de son achalandage comparativement à l'année précédente. En moyenne, OC Transpo offre un service à 28 % de sa clientèle habituelle.

Le BST s’intéresse au train léger

En plein mois de juillet, des fissures sont constatées sur trois roues provenant de trois trains légers de la firme Alstom. La première fissure est découverte lors d’un entretien de routine et les autres, durant une inspection spéciale.

Le train passe à toute vitesse sur les rails.

Le train léger d'Ottawa (archives)

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Le 10 juillet, le Bureau de sécurité des transports (BST) du Canada lance une enquête. Je n’avais pas envisagé, d’aucune façon, une enquête du BST. Personne ne veut ça, parce que ça signifie que quelque chose s’est passé, admet Troy Charter.

Dans les dernières semaines, le BST a suggéré dans une lettre à la direction d’OC Transpo que toutes les roues du train léger soient remplacées.

Or, il semblerait que seules les roues endommagées le seront. Le BST n’a pas jugé cette décision inappropriée. Le bureau remettra son rapport dans les prochains mois.

Quant à l'année 2021, Henry Paikin estime qu'elle s'annonce encore difficile. C'est un système qui a vraiment des problèmes en matière de gouvernance, de maintien, de financement et il faut qu'on essaye de faire mieux, soutient-il.

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