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Royaume-Uni : la France ouvre ses frontières à ceux qui ont un test négatif

Des dizaines de camions sont stationnés sur une autoroute.

Des centaines de routiers sont coincés sur l'autoroute M20 depuis que la France a fermé sa frontière avec le Royaume-Uni dimanche soir.

Photo : Getty Images / Chris J Ratcliffe

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Quarante-huit heures après avoir fermé ses frontières avec le Royaume-Uni, la France a décidé d’autoriser à compter de mercredi le retour des Français et des personnes qui résident en France ou dans l'espace européen, ou qui « doivent effectuer des déplacements indispensables ».

Cependant, ces personnes seront systématiquement soumises à l'obligation de disposer, avant le départ, du résultat d'un test négatif [à la COVID-19] de moins de 72 heures. Et le test doit être sensible au nouveau variant mis en évidence en Grande-Bretagne, précise le gouvernement français.

La Belgique et les Pays-Bas ont adopté des mesures similaires. En revanche, l'Allemagne et l’Espagne maintiennent les restrictions de leurs liaisons avec la Grande-Bretagne jusqu’au 6 janvier.

Eurostar a également annoncé la reprise de la circulation de ses trains mercredi pour des voyages depuis le Royaume-Uni vers l'Europe continentale, qui restent soumis à conditions.

La Commission européenne avait recommandé mardi aux États membres de l'Union européenne (UE) de faciliter la reprise du trafic avec le Royaume-Uni, dont l'isolement, lié à la découverte sur son territoire d'un variant du coronavirus, a semé le chaos dans ses relations avec le continent.

Depuis dimanche minuit, la France, à l'instar de nombreux pays européens, dont l'Allemagne ou les Pays-Bas, avait suspendu la circulation des personnes et des biens en provenance du Royaume-Uni.

Par ailleurs, le gouvernement britannique a annoncé mardi avoir trouvé un accord avec la France, permettant aux chauffeurs de poids lourds bloqués au Royaume-Uni de quitter le pays moyennant un test COVID-19 rapide au départ.

Tous les chauffeurs de poids lourds, indépendamment de leur nationalité, devront se soumettre à un dépistage livrant un résultat en environ 30 minutes, a indiqué le ministère des Transports dans un communiqué.

Ce protocole sera revu le 31 décembre, mais pourrait rester en place jusqu'au 6 janvier, a-t-il précisé.

Cette décision éloigne la menace de pénuries de marchandises, dont le Royaume-Uni est très dépendant.

Dans la foulée, le port britannique de Douvres a annoncé sa réouverture au trafic sortant.

Trafic routier bloqué

Quelque 650 camions sont actuellement bloqués sur l'autoroute M20 menant de Londres au port de Douvres, le principal port transmanche fermé au trafic sortant pour 48 heures depuis dimanche soir. Plus de 800 poids lourds de plus sont stationnés à l’ancien aéroport Manston, dans le Kent.

Selon le patron de l'association britannique du transport routier, Rod McKenzie, le gros problème de ces chauffeurs est qu’ils n’ont pas accès à des installations sanitaires, notamment des toilettes.

Qui plus est, ils ont reçu pour toute aide une barre de céréales de la part de la collectivité locale du Kent. C’est bien peu, je pense, pour les soutenir moralement, a-t-il déclaré à la BBC.

Si les produits pour les repas de Noël, bien que largement chamboulés par les restrictions pour lutter contre la propagation de l'épidémie, ne risquent pas de manquer, car ils ont déjà été acheminés sur le sol britannique, des perturbations dans l'approvisionnement sont néanmoins à craindre si la situation perdure.

Deux hommes discutent près de camions.

Des camionneurs discutent après avoir stationné leur véhicule dans une halte routière située le long de l'autoroute M20, qui relie Londres au port de Douvres.

Photo : Getty Images / Chris J Ratcliffe

À la recherche d'une solution européenne

Des membres du gouvernement français, dont le secrétaire d'État aux Affaires européennes Clément Beaune, avaient par ailleurs indiqué lundi qu’ils cherchaient à trouver une solution européenne à ce problème. Si les routiers franchissant la Manche arrivent en France, ils desservent en fait tous les pays européens.

Les citoyens de l'Union et les citoyens britanniques se rendant dans leur État membre ou pays de résidence, ainsi que les ressortissants de pays tiers qui jouissent de droits de libre circulation dans l'UE devraient être exemptés de toute restriction temporaire supplémentaire à condition qu'ils subissent un test ou une quarantaine, précise la recommandation de la Commission européenne.

Le personnel de transport, au sein de l'UE, devrait être exempté de toute interdiction de voyager à travers toute frontière et des exigences de test et de quarantaine lorsqu'il traverse une frontière pour se rendre à un navire, un véhicule ou un avion et en revenir, ajoute la recommandation.

La branche européenne de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) va par ailleurs réunir mercredi matin ses membres pour discuter des stratégies à mettre en œuvre face au variant du coronavirus.

Ce sera une réunion fermée d'experts (...) et une opportunité pour les autorités sanitaires britanniques de faire un point sur la situation et répondre aux questions liées, a précisé une porte-parole.

Hans Kluge affiche un air sérieux et parle aux médias.

Hans Kluge est directeur de l'OMS Europe.

Photo : Reuters

Renforcer les contrôles

L'OMS Europe, qui regroupe une cinquantaine de pays, dont la Russie et plusieurs ex-Républiques soviétiques d'Asie centrale, avait déjà appelé ses membres dimanche à renforcer leurs contrôles afin de mieux détecter des cas éventuels du variant VUI - 202012/01 du nouveau coronavirus.

Limiter les voyages pour contenir les contaminations est prudent jusqu'à ce que nous ayons une meilleure information, a ajouté M. Kluge. Mais les chaînes d'approvisionnement pour les biens essentiels et les déplacements essentiels doivent rester possibles, a-t-il affirmé.

La transmission du nouveau variant du coronavirus est de 40 % à 70 % plus importante, selon l'estimation communiquée par le Royaume-Uni à l'OMS.

Des scientifiques qui conseillent le gouvernement britannique disent observer qu’il se transmet plus fortement chez les enfants et travaillent sur cette hypothèse pour expliquer sa forte propagation.

L’OMS a cependant rejeté lundi l'idée d'un variant hors de contrôle, évoqué dimanche par le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock. Des déclarations qui avaient conduit à de multiples suspensions de vols en provenance du Royaume-Uni.

Rien ne démontre cependant à ce stade que ce variant entraîne des formes plus graves ou qu'il résistera aux vaccins, soulignent en outre de nombreux experts.

Avec les informations de Agence France-Presse

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