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Vol PS752 : l’Iran accuse le Canada de vouloir exploiter le chagrin des familles

Des portraits des victimes sont posés sur une table avec des bougies.

Image d'une cérémonie pour commémorer les membres de la communauté iranienne du Manitoba qui sont morts dans le vol PS752.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Radio-Canada

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, accuse le gouvernement canadien de vouloir exploiter la peine des proches de victimes de l'écrasement du vol PS752 d’Ukraine International, dans lequel 63 citoyens canadiens ont péri.

L’avion avait été abattu le 8 janvier 2020 par des missiles de l’armée iranienne, dans un contexte d’extrême tension entre les États-Unis et la République islamique d’Iran.

En représailles à l’assassinat, le 3 janvier, par un drone américain, du général Qassem Soleimani en Irak, l’Iran avait lancé une série de missiles contre des bases américaines en sol irakien.

S'exprimant lors d'une conférence de presse à Téhéran, le porte-parole du ministère a déclaré que les actions du Canada étaient politisées et sans fondement juridique.

Jusqu'à ce jour, le Canada a fait tout ce qu'il pouvait pour intervenir et entraver le cours naturel des événements afin de découvrir ce qui s'est exactement passé, a-t-il déclaré.

Il est très regrettable que le Canada utilise le chagrin de ces familles pour en profiter et tenter de l'utiliser dans sa propre politique intérieure, a-t-il dit dans des propos rapportés par CBC.

M. Khatibzadeh répondait à un rapport publié la semaine dernière par Ralph Goodale, conseiller spécial du gouvernement fédéral sur la question. Dans le rapport, M. Goodale a fait valoir que l'Iran ne devrait pas enquêter sur l’écrasement, car ce sont les actions de l'armée iranienne qui ont conduit à l'accident.

Dans les circonstances de cette affaire, telles que connues jusqu'à présent, il y a des indices d'incompétence, d'insouciance et de mépris aveugle pour la vie humaine innocente, a écrit M. Goodale dans son rapport. Il a également critiqué ce qu'il a appelé le manque de transparence de l'Iran autour de l'enquête.

La partie responsable de la situation enquête sur elle-même, en grande partie en secret, est-il écrit dans le rapport.

Un bout d'aile d'un avion est sur le sol.

Des équipes de secours sur les lieux de l'écrasement du Boeing d'Ukraine International Airlines.

Photo : Getty Images / AKBAR TAVAKOLI

Le ministre doit « comprendre ses limites »

Le porte-parole iranien Saïd Khatibzadeh a averti le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, qu’il devait comprendre ses limites et que le gouvernement du Canada devrait être responsable de ses propres actions.

Par ailleurs, M. Khatibzadeh a affirmé que le gouvernement fédéral avait œuvré pour bloquer l’importation de médicaments et de ressources vers l’Iran, de même que geler des actifs financiers, et ne pouvait donc pas se mettre derrière un pupitre et faire la leçon aux autres sur les droits de la personne.

J'invite le ministre canadien des Affaires étrangères à comprendre les bases de la diplomatie […] Sinon, il recevra une réponse différente [de notre part], a conclu M. Khatibzadeh.

Le Canada a imposé des sanctions économiques à l'Iran, notamment des interdictions d'exportation liées à la technologie nucléaire, aux missiles et à d'autres types de matériel militaire, ainsi qu'aux actifs et services liés à ces technologies et marchandises. Il a également gelé les avoirs de certaines personnes et entités iraniennes.

M. Champagne a déclaré la semaine dernière à l'émission Power & Politics de CBC qu'il remettait en question tout ce que l'Iran avait dit à ce stade et qu'il ne croyait pas que l'accident était le résultat d'une erreur humaine, mais il n'a pas précisé ce qu'il croyait être à blâmer.

Avec les informations de CBC

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