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Un confinement de 28 jours « injustifié », selon le maire Watson

Jim Watson portant un masque dans l'hôtel de ville d'Ottawa.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Radio-Canada

La ville d’Ottawa plongera dans un confinement de quatre semaines au lendemain de Noël, une décision qu’entendent faire annuler le maire et la santé publique locale.

L'insatisfaction du maire d’Ottawa, Jim Watson, était palpable, lundi, à la suite de l’annonce du second plan de confinement du gouvernement Ford.

La ville d’Ottawa, comme l’ensemble des municipalités du sud de la province, sera confinée à partir du 26 décembre jusqu’au 23 janvier 2021. Les municipalités au Nord, elles, seront confinées jusqu’au 9 janvier.

Durant cette période, les entreprises seront fermées, à l'exception des commerces essentiels. Les rassemblements intérieurs seront interdits, sauf ceux des membres d'un même ménage.

Le maire d’Ottawa s’est dit en désaccord avec la décision du gouvernement Ford, car selon lui, la ville a fait office de bon élève au cours des dernières semaines. Les données récentes de la santé publique ne justifient pas de telles mesures, a-t-il indiqué en point de presse lundi après-midi.

Ce n’est pas une décision correcte pour la ville d’Ottawa. On suit les règlements, les lois, on a de bons chiffres et je ne suis pas d'accord à ce qu’on nous compare à Peel et Toronto, parce qu'il y a de vrais problèmes dans ces deux régions, a commenté le maire Watson.

Selon lui, l’Ontario a généralisé la situation pour l’ensemble de la province et puni du même coup la ville d'Ottawa.

L’annonce d’aujourd’hui revient malheureusement à une solution standard et elle punit des régions comme Ottawa, où les résidents et les entreprises ont travaillé fort pour aplatir la deuxième vague de COVID-19. Cela dit, le Nord de l'Ontario s'en tire avec un confinement de 14 jours, ce qui crée un autre double standard dans toute la province.

Jim Watson, maire d'Ottawa

Le maire a indiqué qu’il allait faire pression sur le gouvernement Ford afin qu’il assouplisse les mesures prévues pour Ottawa. M. Watson voudrait, à tout le moins, que le confinement soit limité à deux semaines, comme c'est le cas pour les municipalités de l’Ontario les moins touchées par la pandémie.

J'ai fait part de ces préoccupations au premier ministre Ford et à nos ministres locaux hier soir et ce matin, et je leur ai demandé de reconsidérer leur décision d'imposer un confinement de 28 jours à Ottawa, compte tenu de nos faibles chiffres et de nos tendances positives, a-t-il dit.

Pas de barrage

Lors de son annonce, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a évoqué ses craintes pour les régions qui partagent une frontière, comme c’est le cas pour la région d’Ottawa-Gatineau.

Les risques pour les déplacements interprovinciaux sont un réel souci. [...] Les gens vont inonder la frontière si nous restons ouverts et nous l’avons vu dans le passé avec Ottawa et les Québécois, a expliqué le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford lundi.

Pour le maire d'Ottawa, ces craintes sont infondées.

Pour moi et pour la ville d’Ottawa, il n’y a pas beaucoup de preuves, ou aucune preuve qui dit qu’il y a un problème avec les résidents de Gatineau qui arrivent ici à Ottawa. Peut-être que c’est un problème, mais nous n’avons pas les chiffres à ce sujet. Si la province pense que c’est un problème, elle avait la capacité, par exemple, de fermer la frontière entre Gatineau et Ottawa, répond le maire Watson.

Jim Watson a indiqué qu'il n'avait pas le pouvoir de contrôler les frontières par des barrages ou des contrôles policiers. Le premier ministre de l’Ontario a laissé entendre que ces mesures n’étaient pas une option sur la table pour l’instant.

Par ailleurs, le plan de confinement prévoit une période d'isolement de 14 jours pour les personnes qui arrivent ou reviennent en Ontario.

La communauté d’affaires déçue et impuissante

Un sentiment d’injustice et d’impuissance règne au sein de la communauté d'affaires de la région d’Ottawa, qui peine à se remettre du premier confinement.

C’est clair que pour la région d’Ottawa, c’est vraiment pas juste, étant donné que nous sommes ceux qui ont les meilleures statistiques au niveau de cas positifs dans la région comparativement à partout en Ontario, souligne Lise Sarazin, directrice générale du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale (RGA).

Lise Sarazin, la directrice générale du Regroupement des gens d'affaires de la capitale nationale, en entrevue à Radio-Canada.

Lise Sarazin, la directrice générale du Regroupement des gens d'affaires de la capitale nationale (archives)

Photo : Radio-Canada

Pour elle, ces mesures vont précipiter la disparition des commerces de la région. La seule chose qu’on fait, c’est devancer la fermeture des entreprises qui devront fermer leur porte. Littéralement, c’est ça, croit la directrice générale.

Claude Bonnet, propriétaire du bistro-boulangerie Le moulin de Provence, au cœur du marché By, à Ottawa, partage le même avis.

L'homme devant son restaurant.

Claude Bonnet, le propriétaire du Moulin de Provence dans le marché By (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Chaque entreprise a des besoins plus ou moins énormes. C’est une catastrophe pour tout le monde. Ça, il faut se le dire. Il n’y a personne qui va sortir de là en ayant fait de l’argent à part les grosses industries comme Amazon et Costco et tous ces gens-là. Mais autrement, tous les autres qui sont dans l’industrie alimentaire sont en train de fermer les portes. Il va y avoir des faillites, des milliers de faillites au Canada, prédit M. Bonnet.

Les écoles aussi fermées

Par ailleurs, selon le plan de confinement de l’Ontario, les élèves du secondaire d'Ottawa, de l’est ontarien et de toutes les zones du sud de la province devront poursuivre l’apprentissage à distance jusqu’au 25 janvier.

L’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO) déplore le fait que ses membres devront s'ajuster au pied levé.

« Le gouvernement Ford et son ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, auraient pu prendre cette décision avant que les élèves, les parents et les travailleuses et travailleurs de l’éducation partent en congé des Fêtes afin de pouvoir mieux se préparer à faire face à ces changements, qui auront, encore une fois, un impact sur nos membres et sur nos communautés scolaires », fait valoir Anne Vinet-Roy, présidente de l’AEFO, dans une réponse écrite.

L’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC) accueille, pour sa part, favorablement les nouvelles mesures annoncées.

 Malgré le fait qu’il aurait été apprécié que cette décision soit annoncée avant le départ pour le congé des Fêtes, nos conseils scolaires ont mis en place les moyens nécessaires pour être en mesure de débuter la nouvelle année en mode virtuel et les équipements informatiques disponibles ont été mis à la disposition des élèves pour faciliter le retour à un apprentissage à distance, affirme Johanne Lacombe, présidente de l’AFOCSC.

Avec les informations de Frédéric Pepin, Mama Afou et Samuel Blais-Gauthier

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