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Un artiste autochtone veut se réapproprier le mot quarantaine

L'artiste autochtone Curtis Peeteetuce lors de sa résidence artistique au parc historique Wanuskewin.

Le public peut suivre l'artiste durant sa résidence à travers une série de vidéos publiées sur les réseaux sociaux du parc historique Wanuskewin.

Photo : Capture d'écran

Radio-Canada

L’artiste saskatchewanais Curtis Peeteetuce a décidé de se mettre lui-même en quarantaine pendant 14 jours. L’expérience prend la forme d’une résidence créative au parc historique Wanuskewin, à une quinzaine de kilomètres au nord de Saskatoon.

Le projet, amorcé le 7 décembre dernier, se nomme Payēkwac - In Solitude. Il ne s’agit là que d’un des nombreux projets entrepris par l’artiste afin de garder le moral au cours de la pandémie.

Lorsque nous sommes en isolement à la maison, nous avons beaucoup de choses pour rester occupés, raconte Curtis Peeteetuce. Ici, je n’ai pas cela. J’ai dû m’adapter.

C’est réellement un isolement total.

Une citation de :Curtis Peeteetuce, artiste

À travers cette expérience créative, l’artiste cri a trouvé du réconfort dans le fait de pouvoir se connecter avec le public à travers des échanges virtuels.

En effet, Curtis Peeteetuce a organisé une série de petites conférences virtuelles d’une quinzaine de minutes où il discute avec les gens de son travail et des éléments positifs de la dernière année.

Parmi ceux-ci, il note les découvertes que l’on a pu faire sur soi-même en raison de l’isolement et du confinement.

Il mentionne aussi les diverses occasions qui se sont présentées de communiquer d’une manière plus significative avec la famille ou les amis.

Plusieurs parents m’ont dit que le meilleur côté de la COVID-19 a été qu’ils ont pu passer du temps avec leurs enfants, explique l’artiste.

Un ressourcement artistique

Selon Curtis Peeteetuce, les derniers mois lui ont permis de se reconnecter avec son art.

Lors du premier confinement, au printemps, l'artiste s’est remis à la peinture pour la première fois en 20 ans.

L'œuvre qu'il a commencée à ce moment-là, une tortue albinos, a d’ailleurs été terminée au cours de sa résidence à Wanuskewin.

Au début de la pandémie, je suis réellement tombé dans une dépression artistique, raconte-t-il. J'avais tout ce temps pour lire, pour écrire, pour chanter, pour peindre, mais mon art n’était pas partagé avec le monde. Être capable de me connecter avec le public m’a aidé à comprendre que nous, les artistes, nous créons pour partager [nos oeuvres].

Curtis Peeteetuce croit d’ailleurs qu’il pourra conserver dans sa vie les apprentissages qu'il a faits au parc historique de Wanuskewin.

Je vis dans un quartier de la ville où je vois la misère et les difficultés auxquelles la population doit faire face, explique-t-il. À Wanuskewin, je me retrouve dans un lieu rempli de culture et d’histoire. Il y a une énergie très différente ici, mais je sens qu’elle est rassurante et bienveillante.

La résidence se termine le 21 décembre par une performance. Les vidéos enregistrées par l’artiste au cours des deux dernières semaines peuvent être regardées sur les réseaux sociaux du parc historique Wanuskewin.

Avec les informations de Jennifer Francis

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