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Des appareils de seconde main pour transporter les dignitaires canadiens?

Ottawa étudie le marché des avions commerciaux pour remplacer sa flotte de cinq appareils qui servent au transport de cargaisons, de personnel militaire et du premier ministre.

Le premier ministre en route vers son avion CC-150 Polaris.

Ottawa étudie le marché des avions commerciaux pour remplacer une flotte de cinq appareils.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Le gouvernement fédéral reluque le marché privé de l’aviation commerciale, en pleine crise à cause de la pandémie de COVID-19, pour remplacer sa flotte vieillissante d’avions qui servent entre autres aux voyages officiels du premier ministre.

Selon ce que Radio-Canada a appris, Ottawa se demande même si le projet de remplacer ses cinq avions de transport CC-150 Polaris ne pourrait pas servir à donner un coup de pouce au secteur canadien de l’aviation, aux prises avec des appareils qui ne servent plus.

En achetant des avions de seconde main d’une entreprise établie au Canada, le gouvernement injecterait de l’argent dans un secteur qui souffre financièrement des conséquences de la crise actuelle, tout en remplaçant sa flotte d’appareils qui datent des années 1980.

Le nom d’Air Canada comme fournisseur potentiel a été soulevé au sein du gouvernement fédéral, selon nos sources. Toutefois, toutes les compagnies aériennes ont été invitées la semaine dernière à manifester leur intérêt pour ce contrat, qui pourrait tomber à point pour des entreprises qui souffrent de la crise internationale dans le domaine de l’aviation.

Des appareils à remplacer

Un avion CC-150 Polaris décolle de la base de Trenton, en Ontario.

Un avion CC-150 Polaris des Forces armées canadiennes

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Les cinq avions Polaris - achetés par Wardair à la fin des années 1980 et revendus à la Défense nationale quelques années plus tard - montrent leur âge.

Les Polaris servent principalement au transport de cargaisons et de membres des Forces armées, notamment lors de missions humanitaires et militaires.

Deux d’entre eux possèdent aussi l’équipement nécessaire pour effectuer du ravitaillement en vol et ainsi permettre à quatre CF-18 d’avoir assez de carburant pour traverser l’Atlantique.

Deux autres Polaris peuvent également être utilisés à l’occasion pour les voyages des premiers ministres, gouverneurs généraux et des dignitaires étrangers. Toutefois, ces avions sont loin d’être luxueux ou à la hauteur de ceux utilisés pour transporter certains autres dirigeants du G7, surtout en matière de confort et d’équipement de communication.

De plus, un de ces deux avions a subi des dommages importants l’an passé lorsqu’il s’est déplacé de façon imprévue dans un hangar, un moteur heurtant un tracteur de remorquage et le nez se fracassant sur un mur. Cet appareil est encore en réparation.

Le nez de l'avion dans un mur.

Un CC-150 Polaris a subi des dommages importants après s’être déplacé de façon imprévue dans un hangar.

Photo : Forces armées canadiennes

Une source au ministère de la Défense affirme que le gouvernement cherche depuis des années à remplacer cette flotte, mais qu’il pourrait maintenant profiter des perturbations au sein du secteur aérien pour trouver une solution plus économique.

Le 17 décembre, le gouvernement a publié la première version d’une invitation à se qualifier pour les entreprises du secteur aérien qui voudraient fournir au moins cinq nouveaux avions de transport et de ravitaillement en vol.

Ce n’est pas un nouveau projet, affirme cette source.

Il y a eu des changements très importants dans le marché de l’aviation mondiale cette année. On explore ainsi les options pour voir ce que les différents fournisseurs pourraient avoir de disponible, dans un contexte où leurs carnets de commandes ont beaucoup évolué depuis un an.

Source anonyme

Ottawa se tourne vers les transporteurs canadiens

Des avions d'Air Canada.

Des avions d'Air Canada sur le tarmac de l'aéroport international Pearson à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

D’autres sources affirment que le gouvernement étudie plus précisément la possibilité de confier ce contrat à Air Canada. Comme d’autres entreprises du secteur de l’aviation au pays, Air Canada doit réduire le nombre de vols commerciaux qu’il effectue pour faire face aux perturbations causées par la pandémie de la COVID-19.

Des discussions préliminaires ont commencé sur un plan de relance de l’industrie aérienne qui pourrait valoir des milliards de dollars. Au même moment, l’idée d’acheter des avions d’Air Canada est étudiée au sein du gouvernement, affirme une source qui ajoute que le dossier est encore au stade exploratoire.

Quand le gouvernement a pris la décision, il y a un peu plus d’un mois, d’aider le secteur aérien, il y une conjoncture favorable pour dire qu’il pourrait y avoir moyen d’atteindre deux objectifs, soit celui d’aider le secteur aérien en même temps que de renouveler une flotte vieille et polluante, affirme cette source.

Air Canada a refusé de commenter ce dossier.

Attention aux fausses aubaines

Un expert de l’aviation civile au Canada, John Gradek, lance quand même un avertissement : une entreprise comme Air Canada cherchera avant tout à garder ses appareils plus récents et à se débarrasser de ses plus vieux.

Veut-on vraiment remplacer du vieux par du vieux? demande ce conférencier dans le domaine de l’aviation à l’Université McGill.

M. Gradek affirme que le gouvernement devrait aussi voir si Air Transat a des avions excédentaires à vendre ou si d’autres entreprises ailleurs dans le monde n’auraient pas des appareils à vendre au rabais. Il rappelle que des milliers d’avions ont été mis sur la touche à l’échelle de la planète au cours des derniers mois.

C’est un marché d’acheteurs, lance M. Gradek.

Il ajoute que les cinq CC-150 Polaris, dans ce contexte, risquent fort de finir dans un chantier de ferraille. Il n’y a pas de marché pour ces appareils, ajoute-t-il.

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