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Comment vivre son deuil en temps de COVID-19?

Un groupe de personnes portant un masque assistent à une célébration religieuse.

Sortir de chez soi pour aller faire une marche a un impact bénéfique sur son moral, selon le thérapeute Robert Braid. (archives)

Photo : CBC/Ben Nelms

Radio-Canada

Au cours des neuf derniers mois, les Canadiens ont dû s’habituer à voir le nombre de décès liés à la COVID-19 augmenter. Plus de 14 000 personnes au pays ont perdu la vie depuis le début de la pandémie. Or, comment faire le deuil d’un être cher lorsqu'on doit vivre sous les restrictions sanitaires?

Et puis, comme le mentionne le thérapeute Robert Braid, 2020 a forcé les gens à faire le deuil de beaucoup de choses, en plus de la mort éventuelle d’un proche.

Il y a tellement de choses que nous avons perdues, dit celui qui est spécialisé en deuil et en accompagnement de fin de vie. Nous vivons la perte de la normalité, de notre routine, de notre communauté, des conversations en face à face. Nous avons perdu la liberté de faire ce que nous voulons lorsque nous le voulons.

Les différentes mesures mises en place pour contrer la propagation du virus empêchent également certaines personnes d’utiliser leurs mécanismes de défense, ce qui les laisse avec un deuil non digéré.

La routine d’avant permettait à plusieurs personnes d’oublier la perte qu’elles venaient de vivre et qu'elles n’étaient peut-être pas encore prêtes à accepter, rappelle Robert Braid.

Maintenant que les distractions ont diminué, certains doivent affronter un deuil qu’ils tentaient d’éviter.

Un rappel quotidien de la mort

Selon le thérapeute, le décompte quotidien du nombre de décès par les agences de santé peut rappeler à certaines personnes que la mort est inévitable, ce qui crée une source de peur et d’angoisse.

C’est un rappel constant que nous allons tous mourir, affirme Robert Braid. Tous ceux que nous connaissons et que nous aimons vont mourir, mais nous ne savons pas quand.

Selon lui, le meilleur moyen d’affronter cette peur est de prendre conscience de notre relation par rapport à la mort.

C’est effrayant de penser que nous allons mourir un jour, concède-t-il. Je crois que c’est une occasion de se familiariser un peu plus avec ce sentiment, de s’y habituer tranquillement. Plus nous faisons cet exercice, moins nous laisserons cette crainte prendre le dessus.

Robert Braid rappelle l’importance de ne pas être trop dur envers soi-même, de prendre soin de soi.

S’aérer l’esprit

Comme le souligne le thérapeute, c’est un moment particulièrement difficile pour vivre la perte d’un être cher parce que plusieurs sources de réconfort et de supports ne sont pas disponibles : célébrer les funérailles ou être entouré par la famille et les amis.

Robert Braid croit que toutes personnes vivant cette situation de deuil ou ce sentiment de peur devraient essayer de parler avec quelqu’un en qui ils ont confiance.

Cela peut être en se rencontrant à l’extérieur, tout en suivant, évidemment, toutes les mesures de distanciation sociale, ou à l’aide d’un logiciel d’appel vidéo, suggère-t-il.

Il rappelle en terminant qu’une simple marche à l’extérieur peut être extrêmement bénéfique pour le moral.

Cela peut être très facile de s’isoler chez soi, de tout faire en ligne et de ne plus sortir, affirme le thérapeute. Sortir de la maison, être à l’extérieur peut faire un grand bien.

Avec les informations de Ashleigh Mattern

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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