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Nigeria : des dizaines d'écoliers libérés après un rapt dans le nord-ouest

Des bandes armées pratiquent depuis plusieurs années le vol de bétail et les enlèvements contre rançon dans le nord du pays.

Un homme agenouillé lève les mains au ciel.

Des bandes armées enlèvent des enfants contre rançon depuis des années dans le nord du Nigeria. Ici, un père réagit en retrouvant son fils qui faisait partie du rapt de Katsina, le 18 décembre 2020.

Photo : AFP / KOLA SULAIMON

Radio-Canada

Des dizaines d'écoliers nigériens ont été libérés dimanche grâce à l'intervention armée d'un groupe d'autodéfense et de policiers, selon un porte-parole de la police. Ils avaient été kidnappés samedi soir par des hommes armés dans le nord-ouest du pays.

Les 84 écoliers étaient en route vers leur village natal samedi, lorsqu’ils ont été enlevés par des bandits qui avaient déjà kidnappé quatre personnes et volé 12 vaches, a-t-il ajouté. Selon des sources locales, le nombre de ces écoliers s'élève plutôt à 113.

Ils revenaient d'une cérémonie religieuse dans un village voisin accompagnés de leurs professeurs, a déclaré le responsable d'une milice d'autodéfense Abdullahi Sada.

Vol de bétail et enlèvements

Lorsque la nouvelle est parvenue à Mahuta, la ville dont sont originaires les enfants dans l'État de Katsina, les habitants et les miliciens du groupe d'autodéfense se sont mobilisés et sont partis à la recherche des kidnappeurs, rapidement identifiés comme des membres de la communauté des éleveurs peuls, a-t-il ajouté.

Des bandes armées, appelées bandits, parfois fortes de plusieurs centaines de membres sèment la terreur depuis plusieurs années dans les zones rurales du centre et du nord-ouest du Nigeria, pratiquant à grande échelle le vol de bétail et les enlèvements contre rançon.

Un enfant s'enveloppe dans une couverture entouré d'une centaine d'autres.

Plus de 300 écoliers nigérians ont été libérés le 18 décembre 2020, après avoir été enlevé lors d'une attaque revendiquée par Boko Haram.

Photo : AFP / KOLA SULAIMON

Ce nouveau rapt d'écoliers a eu lieu 48 heures après la libération de 344 enfants et adolescents, enlevés dans leur pensionnat le 11 décembre par des criminels opérant pour le compte du groupe djihadiste Boko Haram. Ils ont été relâchés vendredi après des négociations entre les autorités et les groupes criminels.

Tourbillon de violences dans le nord du pays

Les attaques meurtrières et les enlèvements perpétrés par des djihadistes se sont d’ailleurs intensifiés ces dernières semaines dans le nord du Nigeria. Une partie de la région vit depuis plus de 10 ans sous la menace constante d'organisations criminelles et djihadistes.

Dans le nord-est, les groupes djihadistes Boko Haram et État islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) continuent de semer la terreur et l'armée semble bien incapable de les arrêter.

Samedi, des djihadistes d’Iswap armés de lance-roquettes ont ouvert le feu sur un convoi militaire en périphérie de la ville de Mafa, près de Maiduguri, tuant cinq militaires.

Des gens assis au pied d'une maison brûlée.

Des gens s'assoient près d'une maison incendiée après une attaque présumée par des membres de Boko Haram, dans le village de Bulabulin, le 1er novembre 2018.

Photo : Reuters / STRINGER

La veille, des combattants de cette même organisation ont tendu une embuscade à un convoi de voitures transportant des civils sur l'autoroute reliant Maiduguri, la capitale de l'État du Borno, et Damaturu, ville située dans l'État voisin de Yobe.

Les insurgés sont arrivés à bord de cinq camions équipés de mitrailleuses et ont barricadé l'autoroute. Ils ont enlevé 35 personnes et en ont tué une, a déclaré le responsable d'une milice antidjihadiste progouvernementale, Umar Ari.

Cette même journée, Boko Haram, la faction historique dirigée par Abubakar Shekau, a tué trois civils, et en a blessé deux grièvement, dans un attentat-suicide perpétré par une adolescente dans la ville de Konduga, à une quarantaine de kilomètres de Maiduguri.

Une crise humanitaire majeure

Le conflit dans le nord-est du pays a fait plus de 36 000 morts et forcé plus de 2 millions de personnes à fuir leur domicile. Il a aussi entraîné une crise humanitaire majeure. En juin prochain, l'ONU prévoit qu'environ 5,1 millions de personnes se trouveront en insécurité alimentaire dans cette région.

L'armée engagée sur ces deux terrains n'arrive pas à contenir ces attaques. Elle est sous-financée, sous-équipée et manque d'hommes, selon les experts.

Depuis 2019, elle a adopté une nouvelle stratégie, en regroupant ses soldats dans de super camps, après avoir enregistré de nombreuses pertes humaines. Mais cette stratégie a entraîné un retrait des troupes des zones rurales, désormais plus vulnérables face aux attaques des organisations criminelles et djihadistes.

Avec les informations de Agence France-Presse

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