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Un Noël mince en affaires pour les traiteurs

Un homme coupe une dinde autour d'une table décorée pour Noël.

Les repas en famille se dérouleront différemment cette année avec les rassemblements qui doivent être limités.

Photo : iStock

Radio-Canada

Ils s’attendaient à nourrir des tablées pleines lors des quatre jours où le gouvernement avait autorisé les rassemblements pendant les Fêtes, mais les traiteurs ont dû revoir leurs plans pour cette période normalement très achalandée.

C'est la première fois en 17 ans que je ne travaille pas le week-end avant Noël, avoue Yannick Grohman, propriétaire du traiteur Pois mange-tout. Je n’ai rien, je peux faire ce que je veux. Mais je ne suis pas content de ça.

La journée même où l’entrepreneur recevait son inventaire en préparation du temps des Fêtes, le premier ministre François Legault revenait sur sa promesse d’autoriser les rassemblements familiaux du 24 au 27 décembre. Ils nous ont coupé l'herbe sous le pied, déplore Yannick Grohman.

Yannick Grohman qui tient une bûche de Noël.

Yannick Grohman, propriétaire du traiteur Pois mange-tout, doute de réussir à écouler toutes ses bûches de Noël d'ici janvier.

Photo : Radio-Canada

En plus d'avoir des pertes de revenus, je dois soutenir un inventaire dans mes congélateurs pendant un certain temps. Personne ne va m'acheter une bûche de Noël en juillet.

Yannick Grohman

Une embûche qui ne fait que s’ajouter à celles des derniers mois. Quand on a fermé en mars, on a congelé tout ce qui était possible, puis le reste, on l'a perdu au fur et à mesure.

Il a fait le calcul : depuis mars, son entreprise a fait 2 % de son chiffre d’affaires habituel. Je roule à perte, évidemment.

Il a trouvé une façon de maintenir sa petite entreprise en vie en offrant ses services à une épicerie du quartier depuis avril. J’ai repris leur menu de prêt-à-manger. Ça m'a permis de survivre, d'avoir un salaire et j'ai trois employés qui sont avec moi là-dedans, explique-t-il.

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Une offre plus élevée que la demande

Un autre entrepreneur du milieu, Vladimir Baptiste, qui est à la tête de Chef Vlad, tire son épingle du jeu malgré les obstacles.

Il offre en temps normal un service de chef à domicile, mais ces jours-ci, il cuisine plutôt du take-out personnalisé en fonction de ce que les gens veulent manger.

Son chiffre d’affaires a fondu de 90 %, mais il a transféré toutes ses activités chez lui avant la pandémie, ce qui permet à son entreprise de survivre. Il ne réussit toutefois qu’à couvrir ses frais fixes avec un tel revenu.

Vladimir Baptiste.

Vladimir Baptiste, l'entrepreneur derrière Chef Vlad, réussit à maintenir son entreprise de chef à la maison active avec seulement 10 % de ses revenus habituels.

Photo : Radio-Canada

La demande s’est transformée et l’offre s’est multipliée, estime le chef. La majorité des restaurants qui réussissent à survivre se sont peu à peu transformés en service de traiteur, ce qui fait que ça mange un peu une part de marché. Mais je comprends que tout le monde a besoin de pallier le problème.

Les deux entrepreneurs se réjouissent alors qu'ils reçoivent de plus grandes commandes pour les Fêtes : des gens souhaitaient acheter un grand nombre de portions à redistribuer aux membres de leur famille. Peut-être l’une des seules façons de partager le bonheur d'un repas de Noël à distance cette année.

Avec les informations de Marie-Michelle Lauzon

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