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COVID-19 : le Dr François Marquis dénonce les « tricheries de Noël »

Une table avec des plats dans le cadre de l'événement « À Noël, on se rassemble ».

Le Dr François Marquis demande aux Québécois de ne pas se réunir durant le temps des Fêtes.

Photo : Courtoisie

Radio-Canada

Le chef de l’unité des soins intensifs de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal, le Dr François Marquis, fait un appel aux gens « raisonnables » et à ceux « qui ne vivent pas dans le déni » pour qu’ils évitent d’organiser des rassemblements durant le temps des Fêtes et refusent les invitations qu’on leur propose.

En entrevue à Désautels le dimanche, le Dr Marquis a dit être très inquiet de voir les cas de COVID-19 exploser en janvier, dans une période où l’on voit traditionnellement une recrudescence de la demande en soins intensifs et en soins généraux, et dit craindre de devoir gérer les tricheries de Noël.

Après avoir tout d’abord affirmé que chaque Québécois pourrait participer à quatre rassemblements comprenant un maximum de 10 personnes durant la période des Fêtes, puis être passé à deux rassemblements une semaine plus tard, le gouvernement québécois a finalement annulé la possibilité de se réunir autrement qu’à l’intérieur de sa propre bulle familiale, sauf pour les personnes seules ou les familles monoparentales avec des enfants mineurs.

Le Dr François Marquis appréhende cependant que ces directives soient ignorées par la population et pense que si c’est le cas, la situation va devenir énorme.

C’est là que les raisonnables ont un rôle à jouer, c’est de refuser la tentation. […] Chaque geste compte. Il y a plein de gens qui sont capables de dire : c’est gentil de m’inviter, mais pas cette année. Ça reste notre arme.

Une citation de :Le Dr François Marquis, chef de l’unité des soins intensifs de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Le médecin redoute particulièrement l’épouvantable tricherie des voyages dans le Sud.

On n’a pas été capables de les empêcher de partir, maintenant je pense que c’est au gouvernement d’être ferme et au retour de s’assurer qu’ils font leur quarantaine. On ne pourra pas empêcher une partie de ceux-là de tomber malade, mais on va probablement être en mesure d’empêcher qu’ils déclenchent des éclosions dans leur milieu de vie, lance-t-il.

M. Marquis compare les périples dans les forfaits tout-inclus aux voyages sur un bateau de croisière, jugés particulièrement dangereux pour la propagation du coronavirus, et estime qu’ils sont la manifestation du pouvoir du déni.

C’est la manifestation ultime de cette dissonance cognitive où on tord les faits, en disant : ça va être un tout-inclus, je connais les gens avec qui je vais être. On connaît [seulement] les gens avec qui on va se rendre là-bas, explique-t-il.

Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir du déni et je pense que là on est là-dedans. Je pense qu’il y a des gens pour qui la peur de la COVID est tellement grande qu’ils arrivent à nier son existence pour ne pas avoir à faire face à la détresse que leur causerait d’accepter la présence de la COVID.

Une citation de :Le Dr François Marquis, chef de l’unité des soins intensifs de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Faire attention aux aînés

Plusieurs aînés vivant seuls, le Dr Marquis pense que la tentation sera grande pour eux d’utiliser la possibilité d’aller dans une bulle familiale autre que la leur. Si c’est le cas, il demande à ceux qui les accueillent de prendre toutes les précautions possibles.

Si vous allez chercher un aîné ou quelqu’un qui vit seul pour le rentrer dans votre bulle, vous avez la double responsabilité de le ramener dans son milieu de vie en santé et de s’assurer que personne ne va le contaminer, souligne-t-il.

Citant les propos d’un de ses collègues, il souligne que bien que cela puisse être bon pour la santé psychologique de voir sa famille à Noël ça risque d’être un peu plus dur de les enterrer à la Saint-Valentin.

Dimanche, les nouveaux cas de COVID-19 se chiffraient à 2146 au Québec et le total des décès dans la province depuis le début de la pandémie à 7736.

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