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Des proches aidants déplorent le manque d'accès aux résidences pour aînés

Pour permettre aux proches aidants de jouer pleinement leur rôle, le collectif Action COVID demande au gouvernement de les ajouter à la liste prioritaire pour la vaccination.

Une préposée sert du gâteau à une résidente de la maison de retraite St. Barbara, à Stuttgart, dans le sud de l'Allemagne, le 17 novembre 2020.

Le collectif Action COVID demande au gouvernement d'ajouter les proches aidants à la liste prioritaire pour la vaccination, afin de leur permettre de « jouer pleinement leur rôle ».

Photo : AFP / THOMAS KIENZLE

Laurianne Croteau

Ils prodiguent des soins « plus humains » et consolent leurs parents lorsque la solitude les envahit. Les proches aidants tiennent un rôle essentiel en pleine crise sanitaire, mais plusieurs se butent encore aujourd’hui à des obstacles pour épauler leurs proches. Un collectif réclame d’ailleurs qu’ils fassent partie des groupes prioritaires pour obtenir le vaccin contre la COVID-19.

Le collectif Action COVID, un groupe d’experts souhaitant améliorer les services de santé pour les personnes vulnérables, a reçu beaucoup de témoignages de proches aidants qui n'étaient pas autorisés à entrer dans des établissements pour personnes âgées ou qui faisaient face à plusieurs embûches lorsqu’ils y étaient autorisés.

C’est le cas d’unités de soins dans des hôpitaux, dans des CHSLD et dans des résidences privées pour aînés dans les ressources intermédiaires, selon le porte-parole d’Action COVID, Réjean Hébert.

Pourtant, les directives de la santé publique sont très claires, selon lui : même en zone d'éclosion, les proches aidants doivent continuer à pouvoir voir leurs proches.

Ça nous semble être une décision de gestionnaires locaux qui vont à l'encontre des directives. Les proches aidants sont importants non seulement pour apporter un soutien émotionnel à leurs proches, mais aussi pour prodiguer des soins nécessaires et essentiels.

Une citation de :Réjean Hébert, porte-parole d’Action COVID
Plan rapproché de Réjean Hébert, parlant, assis.

Réjean Hébert

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Gandin

Une vaccination prioritaire

Pour permettre aux proches aidants de jouer pleinement leur rôle tout en assurant leur sécurité et celle de leurs proches, le collectif Action COVID demande au gouvernement de les ajouter à la liste prioritaire pour la vaccination.

Des gestionnaires et certains professionnels de la santé les perçoivent comme des corps étrangers qu’il faut garder hors des murs des centres hospitaliers, des CHSLD, des résidences pour personnes âgées, écrivaient Pauline Gervais, présidente du collectif, et Réjean Hébert dans une lettre ouverte publiée jeudi.

Ils affirment que la vaccination est la solution pour que les soins continuent d’être prodigués. Leur présence sera plus importante encore en cette période des Fêtes, alors que les réceptions et les rassemblements sont interdits, ajoutent-ils.

On vit déjà beaucoup d'anxiété et de stress comme proches aidants. C'est sûr que ça nous calmerait beaucoup, avoue Nadine Gutmann, qui prend soin de sa mère atteinte de démence.

Marguerite Blais.

Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés

Photo : Radio-Canada

Des discussions se poursuivent entre les associations de proches aidants et la ministre des Aînés, Marguerite Blais, à ce sujet.

Le Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique pour la campagne de vaccination, a d’ailleurs affirmé lundi que des vérifications étaient en cours pour que les proches aidants reçoivent le vaccin dès que possible.

On est en train de regarder comment les définir, parce qu'il y en a beaucoup. Donc, il va falloir faire un choix parmi les proches aidants, mais on est aussi là-dessus pour être capable de les vacciner dès que possible.

Une citation de :Le Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique, en point de presse

En 2012, 1,13 million de Québécois répondaient aux critères de proches aidants, selon les données les plus récentes de l'Institut de la statistique du Québec. Le nombre d'heures passées chaque semaine aux côtés de leurs proches varie toutefois d'une personne à une autre.

Les proches aidants encore dans une zone grise

Une présence essentielle

Nadine Guttman a dû vivre la première vague de COVID-19 loin de sa mère, à défaut d'être admise dans son établissement de résidence.

Ç'a été vraiment très, très, très difficile, avoue-t-elle. J’ai dû me battre pour avoir accès à ma mère. Mais il n’y a pas un rôle auquel je peux penser qui soit aussi essentiel que celui de proche aidante. On fait tout.

Réjean Hébert considère qu’ils sont irremplaçables dans les résidences pour personnes âgées. Lorsqu'on est en pénurie de personnel, il faut compter sur cette contribution-là, qui est très importante, qui permet d'assurer des soins de base et une certaine humanité envers les personnes qui sont en lourde perte d'autonomie.

Francine Beauvois passe plusieurs jours par semaine auprès de sa mère. Elle sait que sa présence est essentielle. Les parents ont besoin de leur enfant. Moi, je passe deux jours sans voir ma mère et c'est trop.

Avec les informations de Kim Vermette

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