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L’imaginaire d’un petit garçon et de sa mère fleurit au cœur du confinement

Le fils dessine sur un carton pendant que la mère tient un livre ouvert.

Ça a été un vrai coup de cœur de travailler avec mon fils et ses illustrations.

Photo : Véronique Lambert

Radio-Canada

Que ce soit la perte d'un être cher, une rencontre marquante ou une perte d'emploi, la pandémie a provoqué de grands changements dans nos vies. Dans le cadre de la série Récits d'une pandémie, nous vous présentons des témoignages de gens d'ici qui vous transporteront dans un univers bouleversé par la COVID-19.


Propos de Véronique Lambert, recueillis par Laurence Gallant


Quelques semaines avant que toutes nos vies ne soient chamboulées, je suis allée m’asseoir avec Maël, mon fils de six ans, dans un café. Il voulait en savoir plus sur ce que je faisais dans la vie, comme graphiste. Je l’avais donc convoqué à une rencontre professionnelle en tête à tête, comme je pouvais en faire dans mon quotidien. Ça n’a pris que cette simulation de briefing pour que l’étincelle s’allume dans l’esprit de mon garçon.

L’idée d’écrire un livre est apparue. On est parti d’un titre de travail : Qui a fait un trou dans le Rocher Percé? C’est là que mon petit garçon a décollé. Il s’est mis à sortir plein d’hypothèses, tout allait très vite. J’ai lâché mon sandwich et je me suis mise à tout noter ce qui sortait de sa tête. C’était un peu fou! Mais en rentrant à la maison, la vie a repris son cours, et le projet est resté en plan.

Jusqu’à ce qu’arrivent la fermeture des écoles, les réunions Zoom à la maison, les devoirs… Ouf! J’ai dû mettre mon travail de côté, comme j’avais mon fils avec moi 24 heures sur 24. Après un certain temps à ce rythme, Maël commençait sérieusement à décrocher de l’école. Au bout de 15 minutes devant l’écran, il ne tenait plus sur sa chaise. C’est là que notre projet de livre a ressurgi. C’était une si belle façon pour mon fils en première année de pratiquer l’alphabet, les chiffres, les sons, l’écriture et la lecture…

Bannière vers notre portail Récits d'une pandémie.

On y est allés petit bout par petit bout, suivant sa motivation du jour, et il y a pris un réel plaisir. C’est lui qui inventait l’histoire et qui réalisait les illustrations, et moi, bien, j’étais comme sa sous-traitante. Même dans mon bureau, à faire la mise en page de son histoire, il a joué le rôle de directeur artistique, choisissant les couleurs, faisant des commentaires… Je trouvais ça tellement attendrissant, et tellement drôle en même temps!

Maël pose fièrement avec ses créations.

Les exemplaires se sont vendus comme de petits pains chauds.

Photo : Véronique Lambert

Chaque soir, on avait l’habitude de lire une histoire avant l’heure du dodo. Un soir, ça a été notre manuscrit qu’on a lu, avant de l’envoyer à l’impression. On en a fait 500 exemplaires, disponibles dans la petite boutique de mes parents, à Percé. Quelle surprise ça a été de les voir s’écouler en à peine deux mois! Puis on a publié un deuxième livre... et un troisième suivra ce printemps.

Je me suis dit qu’on s’arrêterait à trois albums, mais l’imagination de Maël déborde tellement… Et ses histoires sont devenues une réelle inspiration pour moi aussi. Alors je ne crois pas qu’on pourra s’arrêter tout de suite! Ça a été un vrai coup de cœur de travailler avec mon fils et ses illustrations. C’est cet arrêt forcé, dû à la pandémie, qui nous a offert ce temps précieux en famille, et qui a pu rendre notre projet possible.

Je mentirais si je disais que l’arrivée en deuxième année est facile pour mon garçon et pour ses compagnons qui ont manqué pratiquement la moitié de leur première année – c’est l’année la plus importante, il me semble, c’est là que tu apprends la base... Mais quand il arrive découragé de l’école et qu’il fend le cœur de sa mère en disant qu’il croit ne pas être bon à l’école, je lui rappelle ce qu’il a accompli, en lui montrant ses livres. Tu vois, Maël, ce que tu es capable de faire? T’es capable!

À travers tout le grabuge que la pandémie a créé sur le plan économique, sur le plan scolaire, mais aussi l’immense impact qu’elle a eu sur la charge de travail des parents, je regarde, moi aussi, notre petite série de livres et ça me fait un petit velours. C’est notre fierté familiale.

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