•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Camping Club Havana : le dossier n’est toujours pas réglé, selon Québec

Véronique Alarie, propriétaire du camping Havana Resort, en entrevue à Radio-Canada. Derrière elle, on aperçoit une partie du restaurant situé près de la piscine.

Véronique Alarie, propriétaire du camping Havana Resort

Photo : Radio-Canada

Thomas Deshaies

Cinq mois après avoir fait parvenir au Camping Club Havana de Maricourt une ordonnance exigeant la mise aux normes de ses installations, le ministère de l’Environnement considère que le dossier n’est toujours pas réglé.

Le 13 juillet dernier, le ministre de l’Environnement ordonnait au camping de cesser définitivement tout rejet d’eaux usées, d’arrêter de brûler et d’enfouir des matières résiduelles et de cesser l’exploitation du site.

Le ministère de l’Environnement a mentionné par courriel le 15 octobre dernier que l’enquête était toujours en cours. Invité à fournir plus d’explications il y a quelques jours, le ministère n’a pas souhaité nous accorder d’entrevue, mais nous a répondu par courriel le 10 décembre que les exigences de l’ordonnance de juillet n’ont pas été réalisées complètement.

Pour écouter le segment sur le sujet à l'émission Vivement le retour, cliquez ici.

La représentante de l’entreprise a expliqué en entrevue avec Radio-Canada Estrie, vendredi, qu’elle avait pu exploiter son camping comme à l’habitude cette année. Nous, on a opéré normalement, explique Véronique Alarie. Après cette lettre, ils [les représentants du ministère] ne nous ont pas demandé de cesser les opérations d’une autre façon que ce soit.

Tout est en ordre, selon le camping

Selon Mme Alarie, le système de traitement des eaux usées est fonctionnel depuis plusieurs mois. Dans une lettre de Ecochem International, datée du 18 décembre 2020 et transmise par Camping Havana Resort à Radio-Canada, Ecochem confirme que le système est opérationnel.

La propriétaire du camping juge que si le ministère considère que le dossier n’est pas réglé, c’est en raison d’enjeux bureaucratiques. Ça doit être des technicalités ou des petits trucs qui manquent, comme le dernier rapport de l’ingénieur de la phase finale, mais ils savent très bien que l’usine est en fonction, souligne Mme Alarie.

Cette dernière allègue qu’il n’y a jamais eu de véritables enjeux. Il n’y en a jamais eu [de déversements], tranche-t-elle.

De nombreux avis de non-conformité

Camping Club Havana est l’une des entreprises qui cumulent le plus d’avis de non-conformité depuis 2015 en Estrie. Le ministère de l’Environnement a constaté de multiples infractions à plusieurs lois.

Certains avis de non-conformité (liste non-exhaustive)

  • (19 août 2017) Avis de non-conformité pour un rejet d’eaux usées dans l’environnement
  • (16 juillet 2019) Avis de non-conformité puisque le système de traitement n’est toujours pas opérationnel
  • (16 septembre 2019) Avis de non-conformité pour non-respect du règlement de la qualité d’eau potable (dépassement au critère des coliformes totaux)
  • (17 décembre 2019) Avis de non-conformité puisque des dispositions n’auraient pas été prises pour éliminer les matières résiduelles.

Trois sanctions administratives pécuniaires ont été imposées à l’entreprise et un avis préalable à l’ordonnance a été signifié en février.

Donner du mordant au ministère

Des organismes voués à la protection de l’Environnement réclament plus de mordant au ministère de l’Environnement pour qu’il puisse s’assurer que les entreprises fautives se conforment rapidement. Sans commenter le cas du Camping Club Havana, la directrice générale du Conseil régional de l’Environnement de l’Estrie, Jacinthe Caron, abonde dans ce sens.

Mme Caron affirme qu’il est arrivé par le passé que certains problèmes prennent beaucoup de temps avant de se régler. C’est inquiétant parce qu’on parle quand même de problèmes liés à l’environnement, souligne-t-elle. Il faudrait envoyer le message que le ministère agit rapidement pour au moins mettre fin au problème.

La coordonnatrice de projets au Conseil de la gouvernance de l’eau des bassins versants de la rivière Saint-François (COGESAF), Julie Grenier, se réjouit quant à elle de l’entrée en vigueur d’un nouveau règlement provincial qui haussera le montant des amendes imposées aux entreprises qui enfreignent les lois.

Il s’agit du Règlement sur l’encadrement des activités en fonction de leurs impacts sur l’environnement. Le montant [des sanctions] va être considérablement augmenté. C’est un incitatif à respecter la loi, explique Mme Grenier. Ça remet en perspective ce qu’on a le droit de faire et les conséquences de nos actes. C’est un changement qui était attendu et qui donne plus de force au ministère.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !