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La pandémie creuse l’écart pour les enfants en difficulté d’apprentissage

Une femme aidant un enfant à faire ses devoirs

L'école à distance jusqu'au 11 janvier pourrait avoir des répercussions sur les élèves en difficulté.

Photo : iStock

Radio-Canada

La pandémie a accentué les retards scolaires d’enfants qui ont des difficultés et des troubles d’apprentissage. Des orthopédagogues remarquent que les familles sont nombreuses à faire appel à leurs services depuis le retour à l’école en septembre.

À la clinique multidisciplinaire Didactikus de Trois-Rivières, les demandes en orthopédagogie, en orthophonie, en psychoéducation et pour les évaluations en neuropsychologie ont bondi ces derniers mois. La clinique reçoit maintenant une quinzaine d’appels par jour pour des demandes de service, alors qu’elle en reçoit environ cinq en temps normal.

En orthopédagogie, on est passé d’une dizaine de personnes sur la liste d’attente à environ une trentaine. On a dû embaucher de nouvelles personnes pour combler le besoin, précise Joanie Matteau, la directrice clinique.

Joanie Matteau remarque une augmentation des difficultés d’apprentissage causées notamment par l’anxiété que suscite la pandémie chez certains enfants. Elle note également que l’écart de réussite s’est creusé entre les enfants qui n’ont pas de difficulté à l’école et ceux qui sont aux prises avec des troubles d’apprentissage, comme la dyslexie ou la dysorthographie. Les journées supplémentaires d’école à la maison jusqu’au 11 janvier vont avoir un impact selon la directrice.

De la réussite à l’échec

Le fils de Maude Poirier est l'un d’eux. L’élève de 6e année doit recevoir l’appui de plusieurs professionnels ainsi que d’un outil informatique qui l’aide à lire et à écrire. Il a de la dysphasie, il a de la dyspraxie et il a de la dyslexie dysorthographique, précise sa mère.

Le garçon de 11 ans déploie beaucoup d’efforts pour réussir comme ses camarades de classe. Il était en situation de réussite à la fin de la dernière année scolaire. Cet automne, la situation a changé. On s’est fait dire sur [l’application] Teams que notre enfant était en situation d’échec. Ça a été très difficile, raconte Maude Poirier.

Ses parents mettent les bouchées doubles avec lui pour redresser la situation, mais Maude Poirier estime ne pas recevoir suffisamment d’aide de la part de l’école de son fils. Elle affirme avoir dû insister pour que l’école réévalue le plan d’intervention qui encadre les apprentissages de son garçon.

Selon elle, les bouleversements de la pandémie sont en grande partie responsables du retard qu’il a accumulé.

Je réalise qu'ils ont essayé de couvrir beaucoup de matières en peu de temps. Ça a peut-être fait une surcharge pour notre enfant. Je me demande : est-ce qu'il a eu l'aide qu'il avait besoin ou pas?, se questionne Maude Poirier qui indique avoir augmenté le nombre d’heures de consultation avec une orthopédagogue privée.

Pas d’augmentation des besoins disent les CSS

Les Centres de services scolaires de l’Énergie et du Chemin-du-Roy affirment tous deux ne pas avoir noté une augmentation des besoins en orthopédagogie chez leurs élèves dans les derniers mois. Le Centre de service scolaire de la Riveraine admet de son côté que la fermeture des établissements au printemps dernier et le fait que l’école n’ait pas été obligatoire même lors de la réouverture ont pu accentuer certaines vulnérabilités chez des élèves et avoir un impact sur les besoins en orthopédagogie.

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