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L'Alberta redonne de la place aux francophones dans son nouveau programme scolaire

En octobre dernier, de nombreux francophones avaient dénoncé la vision très québécoise de l’histoire de la francophonie mise de l’avant dans la version préliminaire du programme de sciences sociales, obtenue par Radio-Canada.

Des élèves photographiés de dos dans une classe lèvent la main.

Le nouveau programme scolaire albertain doit entrer en vigueur en français et en anglais dans toutes les écoles de la province dès la rentrée 2022.

Photo : iStock

Après avoir été largement écartées d'une version préliminaire du nouveau programme scolaire, l'histoire et la réalité contemporaine des Franco-Albertains sont explicitement mentionnées dans de nouvelles lignes directrices publiées par la province.

Les nouvelles lignes directrices qui encadrent l’écriture du nouveau programme scolaire albertain affirment que « les communautés francophones de l’Alberta continuent de croître et de contribuer à l’économie, la culture, et la société albertaine dans son ensemble », peut-on lire dans le document mis en ligne par le ministère de l'Éducation.

Selon Raphaël Gani, qui est chargé de cours à l’Université de Sherbrooke et qui complète sa thèse de doctorat sur la place des francophones dans le programme scolaire albertain, il s’agit d’un gain significatif par rapport à la vision de la francophonie présentée dans des documents rendus publics par Radio-Canada en octobre.

À l'époque, la version préliminaire du programme de sciences sociales pour les classes de la maternelle à la 4e année faisait très peu mention des francophones et présentait presque exclusivement des figures historiques de la Nouvelle-France.

Au début du mois de décembre, la province a rendu publiques de nouvelles lignes directrices détaillées qui encadreront la rédaction du nouveau programme scolaire. Le document de 37 pages contient une courte section sur les perspectives francophones. On peut y lire que Le français était la première langue européenne parlée sur le territoire qui est aujourd’hui l’Alberta.

Vue sur un homme avec une barbe

Raphaël Gani est doctorant à l'Université d'Ottawa.

Photo : CBC

Ce qu’on voit dans ce document, c’est que le gouvernement a été à l’écoute et a mis très au clair qu’il honorerait ses engagements envers la communauté francophone, constate Raphaël Gani.

Le doctorant est cependant loin de donner un chèque en blanc au gouvernement de Jason Kenney. On voit que c’est un gouvernement qui répond aux critiques et c’est pour ça qu'il est important de maintenir la pression pour qu’il respecte ses engagements, notamment sur la place du français. Il ajoute que même si le gouvernement semble un peu plus à l’écoute, le processus de rédaction du programme, lui, est plus centralisé que sous le gouvernement du Nouveau Parti démocratique.

Les lignes directrices précisent par ailleurs que le programme inclura l’histoire et les conséquences laissées par les pensionnats autochtones.

Le français revient, l'étude par cœur reste

Le document sert surtout à présenter l’approche pédagogique préconisée par la province. Celle-ci mise sur l’apprentissage de connaissances plutôt que sur l’acquisition de compétences. La province met l’accent sur ce qu’elle appelle le Core Knowledge (en français : un bagage commun de connaissances). Des élèves avec une vaste base de connaissances, construite systématiquement sur une longue période, sont mieux équipés pour mener des recherches utiles et pour compléter leur savoir tout au long de leur vie, peut-on lire dans le document.

Cela implique une dose importante de mémorisation, selon la professeure d’éducation à l’Université de l’Alberta Carla Peck, qui est très critique de l’approche provinciale. De plus, selon elle, la mémorisation ne mène pas à une rétention durable des connaissances.

« Si on leur donne seulement une liste de faits à mémoriser, ils vont mémoriser la liste, ils vont reproduire la liste dans un examen ou un texte, mais à mon avis, ils ne vont pas vraiment comprendre les idées plus complexes. »

— Une citation de  Carla Peck, professeure d’éducation à l’Université de l’Alberta

Pour l’enseignement de l’histoire par exemple, elle pense qu’il est plus productif d’enseigner comment travaillent les historiens et d’aider les élèves à découvrir par eux-mêmes ce qui a provoqué un événement historique. Elle ajoute que des compétences comme la créativité ou l’esprit critique sont par ailleurs très recherchées sur le marché du travail.

Le nouveau programme scolaire est développé simultanément pour six matières. Il doit entrer en vigueur en français et en anglais dans toutes les écoles de la province au début de l’année scolaire 2022-2023.

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