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La jeune louve momifiée trouvée au Yukon révèle ses secrets

Une petite louve momifiée déposée sur une table.

La jeune louve, baptisée Zhùr par les Autochtones, a été étudiée pendant près de quatre ans.

Photo : Gouvernement du Yukon

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Quatre ans après sa découverte par un mineur dans des champs aurifères près de Dawson, la jeune louve âgée de 57 000 ans et baptisée Zhùr par des aînés de la Première Nation Tr’ondëk Hwëch’in livre ses secrets à la communauté scientifique.

Elle est tellement complète. Elle est tellement incroyable. Elle est si intacte. Je veux dire qu'elle a même sa fourrure, tout est là, s'exclame Julie Meachen, paléontologue spécialiste des vertébrés de l'Université de Des Moines et auteure principale d’une étude publiée lundi dans la revue Current Biology.

Les chercheurs ont été stupéfaits de découvrir que même les organes internes de l’animal étaient intacts.

Nous pouvons apprendre tellement plus sur un animal qui a encore la peau, la fourrure et les organes qu'avec ses seuls os. Il y a tellement de détails à son sujet, note la chercheuse.

Elle a vécu il y a 57 000 ans, je veux dire que c'est assez incroyable que nous puissions obtenir tous ces détails d'elle alors qu'elle a vécu il y a si longtemps, ajoute encore la scientifique, sur un ton enthousiaste.

Grâce à divers tests et analyses, l'équipe de chercheurs a pu déterminer que Zhùr, loup dans la langue autochtone des Han, n'avait que sept semaines lorsqu'elle est morte dans sa tanière.

Les tests génétiques ont également révélé qu'elle ne s'apparentait pas aux loups que l'on trouve aujourd'hui en Amérique du Nord, mais qu’elle se rapprochait plutôt des loups qui parcouraient l'Europe à l’ère glaciaire.

C'est vraiment intéressant, car cela nous dit qu'il y a eu un changement majeur de population qui s'est produit en Amérique du Nord avec les loups gris à la fin de l'ère glaciaire, note le paléontologue yukonnais Grant Zazula.

Les scientifiques disent avoir été très surpris de découvrir, grâce à des tests réalisés sur ses tissus et ses poils, que le dernier repas de la petite louve était constitué de saumon. Ce régime alimentaire est loin du bison, du caribou ou du bœuf musqué que s'attendaient à trouver M. Zazula et ses collègues.

Une découverte significative pour les Autochtones de la région

Si la découverte de Zhùr touche grandement la communauté scientifique, elle est également célébrée par la Première Nation Tr'ondëk Hwëch'in.

Nous sommes liés à cette petite louve, confie Debbie Nagano, la directrice du patrimoine de la Première Nation et membre du clan du Loup.

Peu après la découverte initiale, Zhùr a été ramenée dans la communauté pour une cérémonie spéciale de bénédiction avec les aînés et a reçu son nom. Mme Nagano dit que, avant de l'envoyer pour des analyses, la Première Nation a travaillé avec les scientifiques pour s'assurer que Zhùr ne serait pas traitée comme un simple spécimen.

Ce côté est très important pour nous. Il y a un lien avec elle. Nous ne voulons pas qu'elle soit traitée comme un simple artefact, dit-elle. Nous voulons vraiment qu'elle soit respectée. Pas [seulement] de la façon dont elle est traitée physiquement, mais aussi spirituellement.

Debbie Nagano affirme que Zhùr a également contribué à améliorer les relations entre la Première Nation et les scientifiques, le gouvernement ou la communauté minière.

Cette jeune louve nous rassemble de manière positive, nous pouvons tous en tirer des leçons. C’est une bonne raison d'être reconnaissants, ajoute-t-elle.

Aussi rare soit-elle, Zhùr n'est pas la seule découverte de l'ère glaciaire à être sortie du pergélisol. Les os de mammouths, de bisons et de chevaux ne sont pas rares, mais une momie complète, comme celle de la jeune louve, l’est, du moins pour l'instant.

Alors que le réchauffement climatique continue de faire dégeler le pergélisol, un point positif est que d'autres momies congelées exceptionnellement préservées seront probablement découvertes, ce qui offrirait de nouvelles fenêtres sur le passé, conclut Julie Meachen.

Avec les informations de Cheryl Kawaja

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