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Des entreprises régionales craignent le pire avec la centralisation des achats gouvernementaux

Matériel scolaire

Les fournisseurs de matériel scolaire s'inquiètent. (archives)

Photo : Radio-Canada

Plusieurs commerces de l’Abitibi-Témiscamingue s’inquiètent des pertes financières que pourrait leur causer le Centre d’acquisitions gouvernementales (CAG).

Les centres de services scolaires, le centre intégré de santé et services sociaux, les universités et les ministères, par exemple, ne pourront plus faire affaire directement avec des commerçants locaux pour acheter des équipements et du matériel. Depuis un arrêté ministériel entré en vigueur le 1er décembre, les organismes publics doivent s’approvisionner au CAG.

L’entreprise Logitem fournit du matériel de papeterie, de librairie, d’informatique et de l’ameublement au Centre de services scolaire du Lac-Témiscamingue. La création du CAG en septembre est de bien mauvais augure pour le directeur des opérations informatiques, Alain Lecompte.

C’est comme une décision illogique pour nous. Il n’y a aucun argument. Comment tu fais pour faire ça à des régions, d’enlever autant d’achats locaux d’un coup? Et personne n’en a entendu parler. C’est fou, c’est complètement ridicule. On est atterré. C’est pour nos employés, pour notre entreprise, déplore-t-il.

Le président de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, Martin Ferron, est ferme : les préfets maintiennent leur position contre le CAG.

Ça ne vient pas aider au maintien de nos centres-villes, ça ne vient pas aider la PME à garder ses portes ouvertes au coin de la rue. On le décrie et on le décrie encore : on n’est pas d’accord avec cette décision-là du gouvernement et on va maintenir notre point de vue, lance-t-il.

Pour le Service scolaire Hamster de Rouyn-Noranda, les organismes gouvernementaux représentent des ventes majeures : université, hôpital, et Centre de services scolaire de Rouyn-Noranda, entre autres.

C’est sûr que si ça change et que c’est regroupé, gouvernemental et centralisé quelque part à l’extérieur des régions, c’est sûr que pour nous, on perd ces ventes-là directement, affirme le propriétaire, Daniel Théberge.

À la boutique Go Sports Ville-Marie, les pertes engendrées par le décret sont estimées entre 20 000 $ et 30 000 $ par année, selon le copropriétaire Nicolas Bergeron. Il s’inquiète des impacts subis non seulement par son entreprise, mais toutes les autres de la région.

En tant que citoyens, je pense que c’est important qu’on se batte pour garder les dépenses au niveau régional pour favoriser notre développement et le maintien économique sur notre territoire, affirme-t-il.

La devanture du magasin Go Sport à Ville-Marie.

Le magasin Go Sport de Ville-Marie (archives)

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Plusieurs chambres de commerce de la région s’opposent également au CAG. Mariane Chouinard, présidente de la Chambre de commerce et d’industrie du Centre-Abitibi (CCICA), souligne que ce dossier est en quelque sorte passé sous le radar en raison de la pandémie. La prochaine étape serait de quantifier les pertes occasionnées pour les entreprises de la région.

Quand une loi est adoptée, il est trop tard pour revenir en arrière. Par contre, elle est encore modulable, nuance-t-elle. Il y a encore possibilité de discuter pour s’assurer qu’il peut y avoir des arrangements. Par exemple, les retombées financières qu’ils vont générer en centralisant les décisions, est-ce qu’il y a possibilité d’avoir une redistribution au sein des régions, au prorata, des contrats qui pourraient avoir été perdus?

Le président de la Papeterie commerciale, Jean-Philippe Allard, se désole du décret gouvernemental, puisque les centres de services scolaires représentent un pourcentage significatif de leur chiffre d’affaires. Il mentionne que les entreprises locales, à plus petite échelle, peuvent offrir un service plus personnalisé.

Il [le gouvernement] pense juste à l’économie d’échelle sur l’achat, mais ils ne comptent pas le transport, le niveau de service à la clientèle, juste pour aller chercher un meilleur prix de volume, conclut-il.

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