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Tristes perspectives d’emploi pour les finissants en pilotage

Une personne debout sur le tarmac devant un avion dont la porte d'accès au cockpit est ouverte.

Les 23 finissants en pilotage d'avions de ligne ont vu leurs perspectives d'emploi réduites à néant alors qu'ils étaient très en demande avant la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Frontières fermées, voyages annulés. Le secteur de l’aviation est clairement un des secteurs économiques les plus touchés par la pandémie. Les mises à pied se comptent par milliers dans les compagnies aériennes. Le contexte a de quoi être décourageant pour les apprentis pilotes.

Au Centre québécois de formation aéronautique (CQFA) du Cégep de Chicoutimi, 23 des 36 finissants sont formés pour devenir pilotes de ligne.

On n'est quand même pas très motivés à étudier. En finissant, je n’aurai pas de travail alors pourquoi je me force?

Une citation de :Livio Nassarah, finissant en pilotage d’avions de ligne

La plupart des apprentis ont maintenant un plan B sans nécessairement se laisser décourager.

Je vais aller à l’université en attendant de trouver un emploi. Ça arrive des moments comme ça, mais ce n'est pas pour ça qu'il faut se décourager, il faut persévérer et on verra ce qui se passera dans le futur, se résigne Livio Nassarah.

Les finissants en pilotage d'hélicoptère peuvent se permettre d'être plus optimistes puisque l'industrie a été moins secouée par la pandémie. Mais la turbulence fera toujours partie du métier.

Le finissant en pilotage d'hélicoptère ouvre la porte de son engin alors qu'il est assis sur le siège du pilote.

Pierre-Alexandre Doyon pense que les bouleversements économiques feront toujours partie du métier de pilote.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Il faut vraiment se fier au rythme de vie que ça implique, tout ce que ça implique, dont ça, pour faire notre choix, confie Pierre-Alexandre Doyon, avant de se rendre à son hélicoptère d’apprentissage.

Les hauts et les bas de l’industrie

Le marché de l'aviation est traditionnellement cyclique, mais jamais il n'avait subi un tel bouleversement. 

À chaque fois qu’on a connu des crises dans l’aviation, ce n’était pas le monde dans son ensemble.

Une citation de :Mehran Ebrahimi, professeur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Le directeur de l’Observatoire de l’aéronautique et de l’aviation civile de l’UQAM pense que la situation actuelle est sans égal.

Quand il y a eu l’attentat de 2001 ou la crise de 2008, en Occident, en Amérique du Nord, en Europe occidentale ça allait mal, mais la Chine, le Moyen-Orient, l’Asie en général, ça allait quand même assez bien. Avec le SRAS et le H1N1 en Asie, le volume a diminué, mais en Amérique du Nord et en Europe ça allait bien. Autrement dit, chaque fois qu’il y a eu une partie du monde en difficulté, l’autre partie du monde servait de locomotive, explique-t-il.

Cet effondrement mondial du marché a l'effet d'une chute libre pour les jeunes pilotes puisque les compagnies aériennes se les arrachaient à coup de surenchères avant la pandémie tellement la demande des voyageurs était grande.

Le directeur du CQFA, Steeve Noreau, s’attend à voir une dégringolade de l’intérêt chez les jeunes, mais il se montre rassurant pour les aspirants étudiants.

Steeve Noreau sur le tarmac de l'aéroport de Saint-Honoré où se trouve les locaux du CQFA.

Le directeur du Centre québécois de formation aéronautique, Steeve Noreau, prévoit une baisse des demandes d'admission, mais pas du nombre d'étudiants.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

On va voir aux admissions de mars, je m'attends à une certaine baisse quand même. Mais il faut comprendre que les étudiants qui vont commencer à l'automne 2021 ont un cheminement de trois ans. D'ici trois ans, ça va être complètement une autre photo de la situation.

Retour à la normale dans plusieurs années

Même si la photo risque effectivement d’être meilleure, l’effet domino laissera des marques et la relance s’annonce ardue.

Les experts évaluent qu’il faudra au moins 4 ou 5 ans avant que l’industrie de l’aviation revienne à la normale, sans aller jusqu’à revenir au niveau d’avant pandémie.

La structure économique de l’aviation civile est ébranlée. Les compagnies ont annulé les commandes de nouveaux avions par dizaines depuis le début de la crise.

Dans la période après-pandémie, les entreprises resteront en mode survie durant un bon moment. Les investissements, le développement de nouveaux trajets, l’achat de nouveaux avions et l’embauche de personnel pourraient rester loin des priorités durant de nombreuses années.

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