•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Jason Kenney : « Je suis désolé qu’il y ait eu des décisions budgétaires difficiles »

La pandémie a-t-elle été bien gérée en Alberta? Jason Kenney explique sa gestion de la crise dans son entretien des fêtes avec Radio-Canada.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, en entrevue de fin d'année avec le chef d'antenne du Téléjournal Alberta, Jean-Emmanuel Fortier.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, croit que la province a suffisamment de lits d'hôpitaux pour répondre aux hospitalisations durant la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Richard Marion

Radio-Canada

Dans son entrevue de fin d’année en français avec Radio-Canada, le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a abordé sa gestion de la pandémie, les vaccins et l’avenir du Campus Saint-Jean de l'Université de l’Alberta. Voici les faits saillants de l’entretien réalisé par le chef d’antenne du Téléjournal Alberta, Jean-Emmanuel Fortier.

Note : Certaines réponses de cette entrevue ont pu être adaptées pour en favoriser la lisibilité.

Santé et COVID-19

Vous avez mis en place des restrictions sévères la semaine dernière, le genre de restrictions réclamées depuis longtemps par de nombreux experts et médecins. Que diriez-vous aux familles qui vont perdre un proche infecté avant l'entrée en vigueur des nouvelles restrictions?

D’abord, j’exprime mes condoléances et celles de tous les Albertains envers les familles qui ont perdu quelqu’un dans les 10 derniers mois.

Il faut rappeler que nous perdons, chaque année, environ 26 000 personnes, et tous ces décès sont des tragédies pour les familles, mais l’objectif de l’Alberta a été de protéger les vies et le mode de vie des personnes.

Cela veut dire que chaque restriction a des conséquences négatives et de santé des personnes. On a vu presque 500 morts à cause des surdoses d'opioïdes, alors il y a plusieurs défis, des défis de santé mentale. Il faut gérer le risque avec toutes les autres considérations.

Quand même, en ce moment, c’est serré dans les hôpitaux. La pression est énorme. On va installer un hôpital de campagne au Butterdome! À quel point les hôpitaux vont-ils être débordés, dans les prochaines semaines? Si vous avez une appendicite ou si je me casse une jambe, est-ce qu’on va pouvoir se faire soigner la semaine prochaine?

L’Alberta a le système de santé le plus cher au Canada. Nous avons 100 hôpitaux avec 8500 lits dans les hôpitaux et nous avons la capacité de créer 2300 lits pour les gens qui souffrent de la COVID-19. Maintenant, nous avons 750 personnes qui ont le virus, cela veut dire qu’on a beaucoup de capacité.

Je sais que les plus grands hôpitaux dans les grandes villes vivent beaucoup de pression, mais, cela dit, je sais que la grande majorité des hôpitaux en Alberta ont la capacité maintenant.

Quand on parle d’une capacité supplémentaire, par exemple au Butterdome, c’est tout simplement une planification pour une situation extrême potentielle, pas une situation actuelle. Il faudrait avoir une croissance de 300 % des gens dans les hôpitaux pour utiliser cette capacité supplémentaire.

Campus Saint-Jean et Francophonie albertaine

Les messages #sauvonssaintjean et #savesaintjean sont inscrits en lettres majuscules blanches sur un fond rouge sur lequel apparait le drapeau franco-albertain.

Lancé à la mi-mai, Sauvons Saint-Jean est une campagne de sensibilisation bilingue qui a dépassé les frontières de l'Alberta.

Photo : Site Internet de l'ACFA

Moi, je suis dédié à un futur important pour la communauté francophone

Une citation de :Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta

S’il y a un enjeu autre que la COVID-19 qui a marqué la francophonie albertaine cette année, c’est le Campus Saint-Jean, le seul établissement francophone d’enseignement supérieur en Alberta.

Alors que son avenir était en jeu, vous étiez très silencieux à ce sujet. Vous avez renvoyé la balle à l’administration de l’Université de l’Alberta, mais en tant que premier ministre, qu'allez-vous faire pour protéger cette institution si importante pour la langue française dans l’ouest?

Écoutez, ce n’est pas à moi à m’ingérer dans les décisions budgétaires et administratives d’une université. Cela dit, je l’ai souligné au nouveau président, M. Flanagan, à l’Université de l’Alberta.

Il m’a semblé très sensible au rôle important du Campus Saint-Jean, pas seulement pour l’Université de l’Alberta, mais pour toute la francophonie en Alberta. Je l’apprécie moi-même. Évidemment, l’Université subit une pression budgétaire.

Écoutez, nous vivons un désastre au niveau fiscal, un déficit de plus de 20 milliards de dollars.

Une citation de :Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta

Un ministère où nous dépensons plus que les autres provinces, c’est le ministère de l’Éducation postsecondaire. Nous dépensons deux fois plus que l’Ontario pour chaque étudiant! Ce n’est pas supportable à l’avenir.

Évidemment, à l’Université, il faut qu’ils prennent les décisions difficiles, mais aussi qu’ils gardent cet engagement depuis des décennies d’avoir le Campus Saint-Jean comme une place importante, pas seulement universitaire, mais linguistique et culturelle pour toute la francophonie.

Une pancarte à l'entrée du campus Saint-Jean.

L'incertitude sur l'avenir du Campus Saint-Jean a poussé plusieurs professeurs et chargés de cours à quitter l'établissement, et bien d'autres songeraient à faire de même.

Photo : Radio-Canada / Jessica L'heureux

Nous, comme gouvernement, avons pris des engagements envers la communauté francophone, par exemple avec des commissions scolaires francophones, nous avons un des meilleurs systèmes dans les provinces anglophones à cet égard.

Nous continuons avec le Plan d’action pour la francophonie en Alberta. J’ai nommé un secrétaire parlementaire pour représenter ces intérêts autour de la table. Moi, je suis engagé à assurer un futur important pour la communauté francophone.

Je suis désolé qu’il y ait eu des décisions budgétaires difficiles pour l’Université, mais je crois qu’ils seront plus sensibles à l’avenir.

C’est un Noël bien différent cette année. Les Albertains ne pourront pas célébrer comme avant. Quels sont vos vœux aux Albertains durant ce temps des fêtes?

J’espère qu’à la fin de cette année ils auront du courage, parce je m’inquiète du moral des personnes après toute l'adversité de cette année.

J’espère que, avec l’arrivée du vaccin, avec l'atteinte d'un plateau dans les chiffres de la COVID-19, avec le retour, l’an prochain, de la croissance économique, ils voient les raisons concrètes pour être optimistes.

Je souhaite un nouveau départ pour l’Alberta l’an prochain, un départ axé sur la croissance économique, la diversification de notre économie et de la santé publique. Ce sera clair dans notre budget et toutes nos actions l’année prochaine.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !