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14 voix québécoises réunies pour le plus grand enregistrement lyrique du Canada

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Marie-Nicole Lemieux s'exprime dans une église convertie en studio d'enregistrement.

La contralto Marie-Nicole Lemieux fait partie des 14 chanteurs et chanteuses de l'ambitieux projet qui couvre l’intégralité de l’œuvre du compositeur Jules Massenet.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Marie-Nicole Lemieux, Karina Gauvin et 12 autres voix québécoises participent à un ambitieux projet : enregistrer l’intégralité de l’œuvre du compositeur français Jules Massenet, soit plus de 300 morceaux. Une initiative au budget de 275 000 $ qui se concrétise grâce au soutien d’un couple de mécènes anonymes et... aux bouleversements provoqués par la pandémie.

L’église Saint-Benoît, à Mirabel, sert présentement de studio pour enregistrer les 320 mélodies, qui seront réunies sur trois coffrets, dont le premier paraîtra l’année prochaine.

C'est le plus grand projet en mélodie française jamais enregistré dans l'histoire du disque, et le plus grand projet lyrique jamais enregistré au Canada, affirme le directeur artistique Marc Boucher, qui est aussi à la tête du festival Classica. 

Il y a au moins les deux tiers de ce matériel qui ont été très peu ou jamais enregistrés, ajoute Johanne Goyette, réalisatrice de l’enregistrement et directrice artistique de l’étiquette ATMA Classique.

Le Elton John de la mélodie française

Né en 1842 et décédé en 1912, le prolifique Jules Massenet a notamment composé une vingtaine d’opéras, dont Manon, Werther, Don Quichotte, mais aussi Thaïs. C’est pour cet opéra, présenté pour la première fois en 1894, que Jules Massenet a imaginé la célèbre Méditation de Thaïs

Je me plais à dire que c'est un peu le Elton John de son époque, il faisait des succès, il faisait des tubes sans arrêt.

Marc Boucher, directeur artistique

Musicien romantique, Jules Massenet a exprimé une sensibilité dans son œuvre. J'ai découvert chez Massenet cette sensualité vraiment très belle. C'était un amoureux [...] vraiment, ça s'entend dans sa musique, il aimait les femmes, explique la contralto Marie-Nicole Lemieux. 

Cette production titanesque nécessite un budget de 275 000 $, en partie financé par un couple dont l’identité reste secrète. 

C'est de la pure philanthropie, c'est-à-dire pour le bonheur et le plaisir de la musique, dit Marc Boucher. 

Des artistes rassemblés grâce à la COVID-19

Loin d'être un obstacle, la pandémie de COVID-19 a facilité la réalisation de ce projet en permettant de réunir au même endroit des artistes lyriques habituellement en tournée. 

C'est vraiment un des très beaux côtés de la pandémie, si je peux m'exprimer ainsi, souligne la soprano Karina Gauvin. Ça nous permet de chanter avec des chanteurs qui, sinon, seraient un peu partout sur la planète.

Aux voix de Marie-Nicole Lemieux et de Karina Gauvin s’ajoutent celles des interprètes Michèle Losier, Julie Boulianne, Magali Simard-Galdès, Anna-Sophie Neher, Florence Bourget, Frédéric Antoun, Étienne Dupuis, Philippe Sly, Antonio Figueroa et Joé Lampron-Dandonneau. 

Le bonheur, dans ce répertoire, c'est que les mélodies sont très courtes. C'est comme prendre une petite bouchée d'une barre de chocolat.

Karina Gauvin, soprano

Un piano rare

L’autre vedette de ce projet est le grand piano de concert de la marque Érard qui accompagne les artistes pour l’ensemble de l’enregistrement. Ce piano parisien fabriqué en 1854 est accordé au diapason 435Hz, soit le diapason de l'époque du compositeur, conformément à l'arrêté ministériel de Paris de 1859.

C'est un piano comme [celui] qu’avait probablement Massenet, indique le pianiste Olivier Godin. Il est très différent des autres, il est beaucoup plus court et un peu plus étroit.

Marc Boucher et son équipe sont en contact avec Anne Besson Massenet, l’héritière du compositeur. Quand elle a su qu'on faisait ce projet, elle nous a remerciés, elle a même pleuré au téléphone, raconte-t-il.

Avec les informations de Nabi-Alexandre Chartier

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