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Québec protège plusieurs territoires dans l'Est-du-Québec

Banquise et neige autours des côtes de l'île d'Anticosti

L'île d'Anticosti sous la neige (archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement du Québec vient d'atteindre la cible qu'il s'était donnée : protéger 17 % de son territoire terrestre et maritime avant la fin de l'année 2020. Québec a désigné jeudi 34 nouvelles réserves de territoire qui deviennent ainsi des aires protégées, dont plusieurs se trouvent dans l'Est-du-Québec.

Sur la Côte-Nord, le pourtour de l'île d'Anticosti, des portions de territoires en Basse-Côte-Nord et une section supplémentaire de la rivière Moisie, au nord de Sept-Îles, seront protégés.

La rivière Moisie est réputée pour ses paysages magnifiques.

La rivière Moisie est réputée pour ses paysages magnifiques (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

L'aire protégée des Caribous-Forestiers-de-Manouane-Manicouagan (située au nord du réservoir Manicouagan), le lac Matinipi ainsi que des sites à Harrington-Harbour et à Blanc-Sablon sont aussi inscrits sur la liste du gouvernement.

Pour l'île d'Anticosti, c'est une grande avancée, selon le ministre de l'Environnement, Benoît Charette. Le ministre estime même que la totalité de l'île pourrait devenir une aire protégée dans les prochaines semaines.

Des chevreuils se promènent devant des maisons colorées en bordure de la route.

Le village de Port-Menier, sur l'île d'Anticosti

Photo : Radio-Canada

Même si cette annonce semble très bien accueillie dans l’ensemble, elle laisse sur sa faim Pier-Olivier Boudreault, biologiste en conservation pour la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec). Il se réjouit, mais à moitié, se disant très déçu de voir que la rivière Magpie n’a pas été retenue.

La Magpie, c’est une rivière de renommée internationale qu’on travaille à protéger depuis une dizaine d’années, dit-il.

Un secteur calme de la rivière Magpie, à l'automne.

La rivière Magpie, sur la Côte-Nord, est l’une des dernières grandes rivières sauvages du Québec, avec ses 280 km de longueur (archives).

Photo : Radio-Canada

Le biologiste rappelle que le milieu est très mobilisé pour sa protection et qu’une pétition de 11 596 signatures a été remise en ce sens au gouvernement.

« Ce n’est pas terminé. On va continuer de travailler. Et 17 %, ce n’est qu’un jalon intermédiaire. La cible sera de 25 % en 2025 et de 30 % en 2030. »

— Une citation de  Pier-Olivier Boudreault, biologiste en conservation pour la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec)

Il se dit toutefois heureux de constater que le Québec est la deuxième province au Canada à atteindre ses objectifs d'aires protégées, après la Colombie-Britannique.

Une carte montrant la plupart des aires protégées désignées sur la Côte-Nord, au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie

En rouge, les nouvelles réserves de territoire devenues aires protégées et en vert citron, les aires protégées en cours d'inscription au registre.

Photo : Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

Les monts Chic-Chocs protégés en partie

Au Bas-Saint-Laurent, une partie des monts Chic-Chocs sera protégée. Le territoire retenu, situé dans l’arrière-pays de la Matanie, couvre environ 200 km2.

On demandait 400 km2 et ils en protègent la moitié. Mais c’est plus que le territoire d’intérêt proposé par le Conseil régional des élus du Bas-Saint-Laurent, qui était de 150  km2, précise le co-porte-parole du Comité de protection des monts Chic-Chocs, Louis Fradette.

« On est satisfaits, mais pas entièrement. On va continuer à travailler pour protéger toutes les montagnes qui font 800 mètres et plus. Là, il en manque. »

— Une citation de  Louis Fradette, co-porte-parole du Comité de protection des monts Chic-Chocs

Le comité réclame une aire protégée dans ce secteur depuis 2007.

On aperçoit les traces laissées par l'exploitation forestière.

On aperçoit les traces laissées par l'exploitation forestière dans le secteur des monts Chic-Chocs.

Photo : courtoisie Louis Fradette

Comme l’indique le ministre Charette, il ne pourra plus y avoir d'exploitation minière et forestière dans les nouveaux territoires protégés, conformément aux règles de l'Union internationale pour la conservation de la nature.

Cependant, des activités comme la chasse et la pêche pourront se poursuivre. Ça permettra à la population de se mobiliser pour en faire la promotion à travers des activités d'écotourisme, par exemple, explique-t-il. Une aire protégée ne signifie pas l’arrêt de toute activité, au contraire, ça permet une belle mise en valeur de ce patrimoine naturel là, estime le ministre.

Par ailleurs, 73 km2 du secteur d'Assemetquagan, dans la vallée de la Matapédia, ainsi qu'une portion de territoire située près de la rivière Patapédia ont également été retenus par le gouvernement.

Un accueil mi-figue, mi-raisin

Le Conseil régional de l'Environnement du Bas-Saint-Laurent, qui suit le dossier de près, se dit satisfait de la création de zones protégées au sud du Saint-Laurent.

Toutefois, son directeur adjoint, Patrick Morin, affirme être tout de même déçu, puisque son organisme avait identifié sept territoires d'intérêt à protéger dans la région, ce qui faisait d'ailleurs l'unanimité chez les élus et organismes qui travaillent à ce dossier depuis 2013, selon lui.

Il estime que le gouvernement a opté pour la facilité.

Les monts Chic-Chocs

Les monts Chic-Chocs du côté de la Réserve Matane (archives)

Photo : courtoisie Louis Fradette

Ce qu'on suspecte, c'est que le gouvernement ait pris ces trois-là non pas par hasard, mais parce qu'il n'y a pas de permis de gaz et de pétrole en dessous, souligne-t-il. On espère que le gouvernement va collaborer avec nous pour négocier avec ces détenteurs-là de permis pour qu'ils les abandonnent et qu'on finisse le travail, puis qu'on aille protéger les quatre autres territoires.

Le prochain objectif à atteindre est de 30 % en 2030, ce qui est trop loin dans le temps, estime Patrick Morin.

Avec les informations de Zoé Bellehumeur

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