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Vaccins contre la COVID-19 : des réponses à vos questions

Une infirmière tient une fiole qui contient le vaccin de Pfizer-BioNTech.

L’Agence de la santé publique du Canada croit qu'elle réussira à vacciner tous les Canadiens qui le souhaitent d'ici la fin de septembre 2021.

Photo : Getty Images / Jeff Swensen

Radio-Canada

Des firmes pharmaceutiques ont accompli l’exploit de réaliser les trois phases de test en moins d’un an pour développer un vaccin contre la COVID-19. Un seul est pour l’instant distribué au Canada, celui de Pfizer-BioNTech, mais celui de Moderna pourrait être approuvé et distribué au cours du mois de décembre. L’Agence de la santé publique du Canada croit d’ailleurs qu'elle réussira à vacciner tous les Canadiens qui le souhaitent d'ici la fin de septembre 2021.

L’animateur de Découverte, Charles Tisseyre, a répondu à vos questions sur le fonctionnement, l’efficacité et la sécurité des vaccins contre la COVID-19 jeudi, en direct de la page Facebook Radio-Canada Information. Voici l'essentiel de ses réponses.

C’est la première fois qu’on utilise un vaccin à ARN sur des humains. Est-ce sécuritaire?

On sait pour l’instant que les vaccins à ARN, dont ceux de Pfizer-BioNTech et de Moderna, ont un taux d'efficacité d’environ 95 %, ce qui est extraordinaire. [Ce type de vaccin] a été testé sur différents animaux depuis des années, et c’est une technique sur laquelle les scientifiques travaillent depuis maintenant 20-25 ans. Les essais cliniques ont aussi été faits de façon extrêmement rigoureuse pour ces deux vaccins et ils ont été examinés par des comités d’experts indépendants à diverses étapes. On a maintenant un recul de quatre mois sur les premiers patients qui ont reçu ces doses à l’essai clinique, et on constate que ce sont des vaccins très sécuritaires.

Vaccin à ARN (acide ribonucléique)

Ce vaccin fournit le code génétique relatif à une protéine de l'organisme, comme celle qui permet aux coronavirus de s'accrocher aux cellules humaines. Les cellules utilisent alors cette recette pour fabriquer de petits morceaux de virus inoffensifs, ce qui permet au système immunitaire de les reconnaître et d'y réagir.

C'est un procédé analogue à celui des vaccins traditionnels, qui utilisent une partie du virus lui-même ou un virus inactivé pour entraîner l’organisme à se défendre contre le virus.

Vaccin à ADN (acide désoxyribonucléique)

Ce vaccin fournit lui aussi le code génétique – la recette d'une protéine – sous la forme d’un bloc d'ADN. Ce sont ensuite les cellules du patient qui suivent la recette et produisent la protéine. Le système immunitaire apprend ainsi à reconnaître la protéine et à déclencher ses mécanismes de défense.

Cliquez ici pour en savoir plus sur les autres types de vaccin en cours de développement contre la COVID-19.

Y a-t-il une différence entre l’efficacité des différents types de vaccins?

Les vaccins à ADN ont un taux d’efficacité inférieur à 95 %, sauf exception. Et il n’a pas encore été démontré si les vaccins à vecteur viral non réplicatif, comme ceux d’AstraZeneca, de Johnson & Johnson et le vaccin russe Spoutnik-V, peuvent approcher un taux d’efficacité aussi élevé que ceux de Pfizer-BioNTech et de Moderna.

Est-ce que le vaccin à ARN peut modifier notre code génétique?

Les spécialistes sont très clairs sur cette question : il n’y a pas de danger. Les molécules d'ARN restent dans le cytoplasme, qui est en périphérie de la cellule, pour fabriquer les protéines. Et elles ne peuvent pas migrer vers la [partie de la] cellule qui contient l'ADN de notre patrimoine génétique, car la molécule ARN messager du vaccin est trop grosse. Qui plus est, notre système immunitaire est conçu pour détruire justement ces particules ARN rapidement.

Est-ce que les personnes qui ont déjà eu la COVID-19 devraient recevoir le vaccin?

Quand on attrape une maladie, en principe la théorie veut qu’on soit immunisé contre une réinfection. Mais dans le cas de la COVID-19, on n’en est pas certain à 100 %. Il y a eu quelques cas documentés de gens qui ont contracté la maladie, qui ont guéri, mais qui auraient attrapé le virus de nouveau avec des symptômes moins importants, moins forts. Ça nous laisse donc croire qu’il serait utile de se faire vacciner quand même, parce qu’il n’y a pas eu d’effets secondaires notoires dans les essais cliniques et parce que ça permettrait de se protéger contre une réinfection.

Est-ce que les personnes qui ont été vaccinées peuvent transmettre la maladie?

On ne sait pas encore si la transmission va être possible ou non. Le coronavirus est un virus respiratoire, donc sa porte d'entrée privilégiée, c'est le nez et la gorge, où il y a des muqueuses. Quand on se fait vacciner contre la COVID-19, on le reçoit dans le bras, et les cellules immunitaires vont alors commencer le travail de produire la protéine en forme de S qui permettra aux anticorps de neutraliser le virus.

On est donc protégé parce que ce sont surtout les poumons qui sont atteints par le virus et qu’ils sont faciles à rejoindre pour tous ces anticorps qui circulent dans le sang. Mais on n'est pas sûr que suffisamment d’anticorps se rendent au nez. Il est donc théoriquement possible que quelqu'un se fasse vacciner et qu'il soit très bien protégé contre la COVID-19, mais [que le virus soit] toujours présent dans les muqueuses du nez et qu’il infecte d’autres personnes en éternuant. On s'attend à obtenir ces réponses-là dans les prochaines semaines ou les prochains mois.

Est-ce que le vaccin offre une immunité contre la maladie ou est-ce qu'il ne fait qu’en diminuer les symptômes?

La réponse courte, c'est les deux. Lors des essais cliniques de Moderna par exemple, 95 % des cas de personnes qui ont développé des symptômes étaient dans le groupe placebo, donc dans le groupe des gens qui n'avaient pas reçu le vaccin. Donc, seulement 5 % des personnes qui ont véritablement reçu le vaccin ont contracté le virus. C’est comme ça qu’on obtient le taux d’efficacité de 95 %. Et parmi les 5 % de volontaires qui ont contracté la maladie, il y a eu très, très peu de symptômes graves de la maladie. Ce que ça montre, c'est que si vous vous faites vacciner et que vous contractez la COVID-19 quand même, il y a de bonnes chances que vous n'ayez que des symptômes mineurs de la maladie.

Est-ce qu’on aura besoin d'un vaccin tous les ans, un peu comme pour la grippe?

En effet, dans le cas de la grippe, le virus mute fréquemment et on essaye au printemps de trouver la bonne cible, ce qui force l’octroi d’un rappel chaque année. Pour l’instant, le coronavirus mute de façon extrêmement mineure, et ces mutations n’ont pas été suffisamment importantes pour qu'on estime qu’un nouveau vaccin soit nécessaire.

Cela dit, la technique du vaccin ARN messager est très souple et permet très rapidement de développer un autre vaccin modifié pour faire face à une mutation du coronavirus. C'est un des grands avantages de cette technique-là.

Quelle est la durée d'immunisation?

On n'est pas encore certain. Les experts pensent que ça pourrait aller de quelques mois à plusieurs années. L'Organisation mondiale de la santé estime que [si l'effet du vaccin] devait durer six mois, ça serait très bien. Plusieurs experts disent que même s'il devait perdre son efficacité pendant la première année, on pourrait avoir un rappel tous les ans. Et si on regarde ce qui se produit avec d'autres vaccins pour d'autres types de virus, ce n'est pas déraisonnable de penser que la protection pourrait durer longtemps. Les anticorps ont tendance à s'amenuiser avec le temps, mais les cellules mémoires ont la mémoire longue. Les cellules B, entre autres, peuvent se souvenir très longtemps d'une infection. Et même si on n'a presque pas d'anticorps détectables dans le sang, dès que le virus est de retour, le système immunitaire va réagir rapidement pour produire des anticorps et le neutraliser.

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