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Communautés autochtones : deux premiers cas de COVID-19 déclarés à Kitigan Zibi

Le chef de Kitigan Zibi, Dylan Whiteduck.

Le chef de la communauté de Kitigan Zibi, Dylan Whiteduck, est préoccupé par la situation.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Radio-Canada

Jusqu’ici épargnée par la pandémie de COVID-19, la communauté autochtone anichinabée de Kitigan Zibi, dans le nord de l'Outaouais, est rattrapée par la deuxième vague du virus qui sévit. Deux personnes ont reçu un diagnostic positif à la maladie, mercredi.

Le chef de Kitigan Zibi, Dylan Whiteduck, se dit très préoccupé par la situation. Ces deux cas de COVID sont les premiers à être détectés dans la communauté autochtone, située près de Maniwaki.

Tous nos membres sont préoccupés par la pandémie qui fait des ravages sur la santé psychologique de plusieurs personnes ici. [...] Cette réalité nous fait prendre conscience qu'ici, à Kitigan Zibi, il faut prendre nos précautions, respecter les mesures en place pour la sécurité de tous dans notre communauté, a-t-il commenté en entrevue.

Selon le chef, peu de détails sont connus quant à l’identité des personnes contaminées et la source de la contamination. Il assure toutefois que toutes les personnes qui ont pu être en contact avec les cas positifs seront testées.

La prochaine étape va être de faire tester les employés qui auraient pu être en contact. Évidemment nous vérifions avec précaution pour le traçage des cas, a indiqué Dylan Whiteduck.

Des mesures de prévention se resserrent dans la communauté. D’ailleurs, Radio-Canada s’est vu refuser l’accès au territoire, jeudi, pour des raisons de sécurité.

Si la situation inquiète à ce point la communauté anichinabée de Kitigan Zibi et son chef, c’est que plusieurs facteurs rendent vulnérables ces populations, souvent éloignées des centres urbains, dit le chef Whiteduck.

Nous sommes fragilisés à bien des égards, nous, les membres des Premières Nations. [...] Les soins ne sont pas adaptés à tous les types de besoins médicaux pour nous, estime-t-il.

Des conditions propices à la propagation

Pour le chirurgien général de l’hôpital Notre-Dame de Montréal et Innu de la Nation Pessamit, Stanley Vollant, la situation n’est pas à prendre à la légère.

Un homme accorde une entrevue dans un cabinet médical.

Le Dr Stanley Vollant est chirurgien général à l’hôpital Notre-Dame de Montréal et Innu de la Nation Pessamit. (archives)

Photo : Radio-Canada / Émilie Dubreuil

Quand il y a deux cas, je pense qu’il faut agir très rapidement pour endiguer l’épidémie. [...] On le voit dans l’Ouest, on le voit au Manitoba, en Saskatchewan. Il y a eu des éclosions majeures dans les communautés autochtones. Ça commence par un ou deux cas, prévient-il.

Plus de 1000 nouveaux cas de COVID-19 ont été recensés au cours de la dernière semaine dans les communautés autochtones du Canada, selon la dernière mise à jour des données fournies par Services aux Autochtones Canada. Actuellement, les autorités recensent près de 2500 cas actifs de COVID-19 dans les communautés autochtones du pays.

Surpopulation dans les logements, ventilation déficiente dans les maisons, accès limité aux soins de santé, ce ne sont là que quelques facteurs qui expliquent, selon le Dr Vollant, pourquoi les risques de transmission sont décuplés dans les communautés autochtones, comme Kitigan Zibi.

Les conditions de vie des Premières Nations sont différentes. Il y a beaucoup de promiscuité. On habite souvent dans des maisons surpeuplées de 10 à 12 personnes par maison. Des fois plusieurs générations et plusieurs familles vivent dans une même maison où les conditions de ventilation ne sont pas idéales. Donc le risque de transmission est très important dans ces communautés, souligne le docteur.

C’est sûr que les communautés autochtones ne se battent pas à armes égales contre la pandémie. Les ressources sont limitées dans nos communautés au niveau des soins de santé et au niveau des conditions sociosanitaires. On est défavorisés, donc plus de risque de complication et de propagation du virus de façon importante.

Dr Stanley Vollant, membre de la communauté innue de Pessamit.

Le chef de Kitigan Zibi, Dylan Whiteduck, affirme qu’il est en communication avec la santé publique et que le dialogue est bon.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais a décliné notre demande d’entrevue. Au moment d’écrire ces lignes, les responsables de la santé publique en Outaouais n'avaient fourni aucune réponse ou de commentaire sur la situation.

Avec les informations de Thomas Laberge, Samuel Blais Gauthier et Alexandra Angers

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