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Jouer au golf en hiver : « Il n'y a rien de plus canadien! »

Tahir Husainy et Romy Parikh pointent leur bâton à la caméra avant de s'élancer sur le parcours.

Même par temps froid, les amis Tahir Husainy et Romy Parikh continuent d'aller jouer au golf après leur journée de travail.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Guillemette

Quoi qu'en dise dame Nature, la saison de golf n'est toujours pas terminée dans le Sud-Ouest de l'Ontario. Près d'une dizaine de clubs de golf de Milton à Zurich, en passant par London et Ridgetown, ont décidé de garder leurs portes ouvertes pour les golfeurs qui souhaitent encore jouer.

Mardi, les amis Tahir Husainy et Romy Parikh, de Mississauga, ont saisi l'occasion pour sortir leurs bâtons une nouvelle fois.

Vêtus d'une tuque et de mitaines, et n'ayant pas lésiné sur les couches supplémentaires, ils sont sortis disputer leur énième ronde de golf de la saison au club de golf Trafalgar, à Milton, alors que le thermomètre affichait -6 °C.

Nous nous étions dit que nous ne jouerions plus si la température passait sous les 10 °C et nous voilà encore en train de jouer sous zéro, souligne Romy, en riant.

Un golfeur s'apprête à frapper un coup roulé dans l'allée.

Les fanions étant placés dans l'allée, les coups roulés sont plus difficiles à réussir.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Guillemette

Les deux hommes ont pris l'habitude de jouer régulièrement au golf cette année. C'était leur façon de prendre l'air. Dans le contexte de la pandémie, ce sport a été l'un des moins touchés par les mesures restrictives. Et, puisqu'ils ont encore la chance de jouer en décembre, ils disent se moquer des récents changements apportés aux terrains afin de les protéger des rigueurs de l'hiver.

Les parcours sont plus courts. Les verts sont recouverts de grandes bâches tandis que les fanions sont installés dans l'allée, là où le gazon est un peu plus long. Des tertres de départ temporaires ont aussi été aménagés afin de protéger ces parcelles de gazon plus délicates, mais le jeu reste le même, croient Tahir et Romy.

Quand il y aura de la neige partout sur le terrain, ça va probablement me freiner, mais si on n'a pas un Noël blanc cette année, vous me verrez encore si les terrains pour quelque temps, ajoute Tahir.

Ce n'est pas idéal pour le ''putting'', mais on n'est pas là pour ça. On veut juste jouer, aller dehors.

Tahir Husainy, golfeur amateur
Jim Duggan pose, bras croisés, devant la caméra.

Le directeur du club de golf Trafalgar, Jim Duggan, se réjouit de l'offre de golf d'hiver.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Guillemette

Par beau temps, même les membres d'autres clubs actuellement fermés se présentent à Milton, s'étonne Jim Duggan, qui est directeur du club de golf Trafalgar.

Certains viennent ne serait-ce que pour jouer avec des balles de tennis ou de caoutchouc. D'autres se promènent avec l'intention de frapper le plus de balles possible. Ils le voient tous comme une façon de sortir et de profiter de la nature autant que possible.

Une suite à la saison exceptionnelle de golf en Ontario

Une balle colorée est déposée sur un tee sur le tertre de départ.

Les golfeurs sont encouragés à jouer avec une balle colorée plutôt qu'une balle blanche en raison de la présence de neige sur le terrain.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Guillemette

Il a souvent été reproché à l'industrie du golf de ne pas être suffisamment innovatrice. En raison des succès connus en 2020, deux clubs sondés par Radio-Canada ont décidé de prendre le pari de proposer le golf d'hiver. Ils l'offrent même gratuitement à l'achat d'un abonnement pour la prochaine saison estivale.

Pour sa part, Trafalgar compte parmi huit des 33 clubs de l'entreprise ontarienne GolfNorth à tenter l'expérience.

Doug Breen, le vice-président régional et agronome en chef de la compagnie, dit que l'idée lui est venue en discutant avec ses partenaires de jeu habituels, qui voyaient leurs ligues de hockey et de curling respectives être annulées les unes après les autres en raison de la COVID-19.

Dans le temps où je travaillais pour un club privé de Guelph, il le faisait tout le temps pour leurs membres. C'était juste pour s'amuser […] Et s'il neigeait, on sortait avec des balles de tennis. On jouait même jusqu'à ce que la neige soit à mi-hauteur du genou! raconte-t-il.

Je pense que c'est une chose typiquement canadienne : sortir et embrasser le froid, mettre plus de couches et enfiler ses bottes de randonnée pour profiter de l'hiver.

Doug Breen, vice-président régional de GolfNorth
Quatre personnes pointent leur bâton de golf à la caméra, aux côtés d'une énorme statue d'un écureuil.

Le golf d'hiver fait partie des nouveautés que propose l'équipe du club de golf White Squirrel, à Zurich.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Guillemette

Le club de golf White Squirrel, à Zurich, aux abords du Lac Huron, en est un autre qui offre le golf d'hiver.

La direction a aussi décidé de faire aménager un sentier de randonnée tout au long du parcours, qui est emprunté par plus d'une centaine de personnes quand la température est clémente.

De ce côté, les innovations sont dues à un nouveau groupe de propriétaires qui souhaite investir davantage dans les infrastructures du club. L'an prochain, le patronat prévoit même faire construire un champ de pratique et un golf miniature. La venue du golf d'hiver n'est pas due à la pandémie, nous dit-on.

Garder l'œil sur les terrains

Pour les superintendants, les personnes chargées de veiller à la santé et à l'aménagement des terrains, les défis de la pratique du golf en hiver ne sont pas aussi importants qu'anticipés. Il suffit d'abord de compter sur trois éléments clés, souligne Doug Breen.

Le climat est similaire entre nos clubs qui offrent le golf d'hiver. Ils sont tous à Kitchener, London ou à la pointe du lac Huron. Ça fait partie des raisons, c'est certain. Les quantités de chutes de neige aussi. Et l'autre grosse partie, c'est la composition du sol.

GolfNorth possède un terrain de golf à Ridgetown, à 100 kilomètres au sud-ouest de London, où il fait généralement plus chaud qu'ailleurs en Ontario. Le sol ne réagit toutefois pas aussi bien aux températures froides que celui des clubs de golf de l'entreprise plus au nord. Un sol sableux est préférable à un sol argileux et boueux, remarque M. Breen.

Vue d'un terrain de golf. Un fanion est planté dans l'allée alors que le vert est désert.

Afin de protéger les verts, les fanions ont été déplacés dans l'allée. Le terrain est donc plus court.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Guillemette

Sean Harney, qui veille sur le parcours de White Squirrel, estime que les hivers, bien qu'imprévisibles, sont généralement moins exigeants pour les terrains que par le passé.

J'ai vu des jours de Noël où il faisait 8 °C. C'est une belle température pour jouer au golf.

Sean Harney, superintendant du club de golf White Squirrel

Généralement, janvier est assez froid, mais ce n'est qu'un mois. Ce qui fait vraiment mal au terrain, ce sont ces périodes où il neige, puis ça fond et ça gèle à nouveau. Ce n'est vraiment pas idéal, estime celui qui a lui-même proposé le golf d'hiver à son arrivée à Zurich, en février dernier.

Parce qu'en fin de compte, bien que Harney et Breen s'ennuient des hivers de leur enfance, tant qu'à avoir des hivers de plus en plus chauds, autant jouer au golf!, conclut le superintendant.

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