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Chronique

Le verdict des urnes au piège de la partisanerie

Montage photo de Joe Biden et de Donald Trump.

Le démocrate Joe Biden (à gauche) et le républicain, Donald Trump (à droite).

Photo : AFP / ANGELA WEISS

Je donne une suite à mon précédent carnet sur les élections américaines qui, avec la COVID-19, font partie des sujets qui m’ont fortement occupé en 2020.

Cette fois, c’est pour partager mon exaspération face au danger que la partisanerie fait peser sur le verdict des urnes.

Les longues semaines d’une laborieuse acceptation des résultats de ces élections m’ont littéralement épuisé.

Comment est-ce possible dans l’une des démocraties considérées comme exemplaires au monde?

Difficile de se sentir mieux, lorsque des cas d’élections contestées se multiplient à l’échelle mondiale.

Au Bélarus, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Burkina Faso, les récentes élections générales m’ont laissé le même goût amer.

La raison est invariable : les résultats publiés ne reflètent pas la vérité des urnes.

Les contestataires crient à la manipulation des résultats, aux fraudes, au bourrage des urnes, au vote des morts… souvent, sans produire une preuve crédible ou sans y avoir accès.

Voir le verdict des urnes poser problème me rend malade, car je considère les élections démocratiques comme une des formes les plus acceptables pour accéder au pouvoir.

Après la fébrilité des campagnes et des votes, je m’attends habituellement à un apaisement, une fois les résultats proclamés.

J’ai eu ce sentiment le 7 novembre, quand CNN a proclamé Joe Biden, président élu.

J’ai même versé quelques larmes en entendant cette réaction de l’avocat et commentateur politique Anthony Kapel Jones, aussi appelé Van Jones :

Il est plus facile d’être parent, ce matin. Il est plus aisé d’être un papa, de dire à tes enfants qu’avoir du caractère, dire la vérité, être une bonne personne, c’est important.

Mon apaisement a été de courte durée, mis en mal par la riposte du camp Trump, insatisfait et en colère.

Dans les jours et les semaines qui ont suivi, j’ai compris la nuisance qu’un vaincu et ses partisans pouvaient faire peser sur le processus démocratique.

Pendant quatre ans, Donald Trump et ses partisans ont influencé le monde entier en attaquant ce qu’ils appelaient les Fake News.

Confrontés aujourd’hui à la défaite par le verdict des urnes, ils ont substitué aux Fake News des allégations de fraude et des hypothèses conspirationnistes qu’aucune cour, incluant la cour suprême, n’a pu valider.

À mes yeux, si une telle contestation prévaut, elle donnera aux États-Unis l’image des dictatures que j’ai vu imposer leur loi aux pays d’Afrique.

Dans de nombreux pays de ce continent, des personnages sans scrupules ont souvent confisqué la légitimité démocratique, en se taillant un verdict des urnes sur mesure.

J’espère de tout mon cœur que malgré les soubresauts de ces dernières semaines, les États-Unis ne vont pas sombrer dans ce schéma-là.

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