Vous naviguez sur le nouveau site

Aide à la navigation
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une exoplanète aurait été détectée grâce à un radiotélescope

    Illustration représentant une étoile, une exoplanète et le signal radio qui en émane.

    Illustration d’un signal radio complexe émis par une exoplanète, détecté par les antennes du radiotélescope européen LOFAR.

    Photo : Observatoire de Paris/S. Cnudde

    Radio-Canada

    La signature d’une émission radio provenant d’une planète extrasolaire aurait été observée par une équipe internationale à l’aide du radiotélescope européen LOFAR.

    Ce radiotélescope consiste en un réseau de 50 000 antennes réparties à travers l’Europe. Il détecte de la lumière de très basse énergie, invisible à l’œil humain et à tout télescope optique. Il opère à très basses fréquences (entre 10 et 250 mégahertz) dans un domaine d’énergie largement inexploré.

    Repères

    • Pas moins de 4307 exoplanètes ont été officiellement détectées dans plus de 3197 systèmes planétaires.
    • Plus de 5680 exoplanètes supplémentaires sont actuellement en attente de confirmation.
    • Selon les estimations les plus récentes, il y aurait jusqu'à 700 millions de milliards de planètes rocheuses, seulement dans l'Univers observable.
    • Près des deux tiers de toutes les exoplanètes connues à ce jour, des Terres et des super-Terres, sont situées dans la zone habitable de leurs étoiles.
    • Malgré cette abondance, il était jusqu'à présent extrêmement difficile de sonder les conditions et les propriétés atmosphériques de ces planètes potentiellement habitables.

    Dans la constellation du Bouvier

    Les astrophysiciens ont détecté ces ondes en provenance de la constellation boréale du Bouvier, une région du ciel dominée par l’étoile Arcturus située à 50 années-lumière de la Terre.

    S’il se confirme, ce signal pourrait être la première émission radio provenant d’une planète située au-delà de notre système solaire. Il provient du système τ Boötes qui contient une étoile binaire et une exoplanète géante gazeuse baptisée τ Boötes b très proche de son étoile.

    Selon les scientifiques, l’intensité et la polarisation du signal plaident en faveur d’une émission provenant de cette exoplanète.

    En 2019, le LOFAR avait été utilisé pour observer Jupiter, dont le signal radio très atténué, mis à l’échelle d’une exoplanète située à quelques dizaines d’années-lumière, a servi de patron pour la recherche d’émissions radio d’exoplanètes.

    L’analyse d’une centaine d’heures d’observation a révélé la signature attendue dans les données de τ Boötes. Les chercheurs expliquent que cette signature est faible et que l’origine planétaire du signal est encore incertaine. D’autres observations permettront de confirmer la détection.

    La détection d’une telle émission radio permet de sonder le champ magnétique, donc l’intérieur d’une exoplanète, ainsi que la physique des interactions étoile-planète. Le champ magnétique, protégeant la planète des radiations du vent stellaire, pourrait favoriser l’habitabilité, expliquent les scientifiques de l’Observatoire de Paris qui ont participé à ces travaux dont les résultats sont publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics  (Nouvelle fenêtre)(en anglais).

    En outre, l’observation d’autres exoplanètes de type Jupiter chaud dans les systèmes 55 Cancri et Upsilon Andromedae n’a pas révélé d’émission comparable.

    Détecter une exoplanète

    Plusieurs télescopes terrestres (de l’ESO, de la NASA, de l’ESA, etc.) et observatoires spatiaux (Kepler, Hubble, CoRot, Spitzer) scrutent le ciel à la recherche d’autres mondes.

    Il existe quatre autres façons de détecter des planètes autour d’étoiles :

    • La technique du transit est de loin celle qui a permis de confirmer la présence de la majorité d'entre elles (77,4 %) à ce jour. Elle consiste à détecter une baisse de la luminosité d’une étoile lorsqu’un objet passe devant elle;
    • La méthode de la vitesse radiale a permis d'en découvrir 18,6 %, dont la toute première en 1995. Elle utilise l'effet Doppler-Fizeau pour y arriver. Le mouvement d’une planète autour d’une étoile induit un léger mouvement de recul de celle-ci, qui est détectable par cet effet;
    • La technique des microlentilles gravitationnelles compte pour 1,9 % des découvertes. Cet effet se produit lorsque le champ gravitationnel d'une étoile déforme l'espace-temps, ce qui dévie la lumière issue d'une étoile distante située derrière, à la manière d'une lentille;
    • L’observation directe, extrêmement difficile, a permis 1,1 % des observations. Comme elles sont petites et sombres, les planètes se perdent facilement dans l'éblouissement des étoiles géantes brillantes autour desquelles elles orbitent. Toutefois, grâce aux télescopes actuels, il existe des circonstances particulières dans lesquelles une planète peut être observée directement. Trois Québécois ont d’ailleurs participé à la création de la première image directe d’exoplanètes. Ils avaient reçu le titre de Scientifique de l'année 2008 de Radio-Canada pour leur exploit.

    Vos commentaires

    Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !