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Plus de Québécois qui demandent l'aide médicale à mourir font aussi un don d'organes

Un ambulancier porte une glacière bleue pour un don d'organes. Une civière se trouve en avant-plan.

Quelque 800 Québécois attendent une greffe. Le nombre de donneurs fluctue entre 125 et 180 par an.

Photo : Getty Images / Aydın Mutlu

Malgré toutes les complications liées à la pandémie, Stella Wojas a fait un don d'organes, comme elle le souhaitait, en obtenant l'aide médicale à mourir en septembre.

La femme de 65 ans était atteinte de la SLA (sclérose latérale amyotrophique) depuis cinq ans. Mme Wojas était convaincue de l'utilité de ce don. Elle avait vécu le processus de près lors du décès subit de son conjoint en 2014, pour respecter ses dernières volontés.

Pour elle, ça allait de soi que, tant qu'à demander l'aide médicale à mourir, elle allait faire le don d'organes, affirme sa fille Martine St-Louis, affligée par le départ de sa mère, mais consolée par le don qu'elle a réussi à faire dans les minutes qui ont suivi son décès.

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Stella Wojas entourée de sa fille, son gendre et ses petits enfants.

Aide médicale à mourir et don d’organes

Photo : Martine St-Louis

Stella Wojas avait apprécié la grande humanité de l'équipe du docteur Pierre Marsolais au décès de son conjoint et c'est pour cela qu'elle a voulu obtenir l'aide médicale à mourir à l'Hôpital du Sacré-Coeur, sachant comment se ferait le prélèvement de ses organes.

Cette dame est en fin de vie, elle souffre depuis des années, elle sait depuis des années qu'elle va faire ça et elle ajuste sa date en fonction de nos disponibilités. Stella a fait un effort pour essayer d'accommoder la COVID 19 […] c'est comme si elle avait ajusté sa date au début septembre pour qu'on soit entre les deux vagues et pour être le moins contraignante possible pour le système [de santé]. Imaginez, ça dépasse l'entendement d'altruisme et de bienveillance. Juste penser à l'humanité de cette femme-là, ça m'émeut, explique Pierre Marsolais, interniste-intensiviste à l'Hôpital du Sacré-Coeur.

Le don d'organes est une possibilité pour les personnes qui demandent l'aide médicale à mourir à moins que leur maladie ne permette pas de le faire.

Par exemple, les patients atteints de cancer ne peuvent se qualifier pour le don d'organes. Transplant-Québec reconnaît maintenant l'importance d'en informer les personnes qui ont recours à l'aide médicale à mourir.

Ce serait quasiment injuste de les exclure. Sans jamais mettre de pression, de coercition, c'est quand même très éthique et raisonnable de présenter [au patient] la possibilité de don après l'aide médicale à mourir, si c'est médicalement possible, explique Matthew Weiss, directeur médical responsable des dons chez Transplant Québec.

Il est possible de faire le don d'organes dans le cadre de l'aide médicale à mourir dans toutes les régions du Québec. On veut faire le prélèvement aussi proche que possible du donneur. Ça prend un hôpital avec un bloc opératoire évidemment, dit le docteur Weiss. Deux personnes l'ont fait en 2017 et 13 l'an dernier.

Martine St-Louis et sa mère, Stella Wojas.

Martine St-Louis et sa mère, Stella Wojas.

Photo : Martine St-Louis

Afin de pouvoir respecter les dernières volontés de sa mère, Martine St-Louis a dû dire au revoir à sa mère en milieu hospitalier plutôt qu'à la maison.

On nous a permis d'avoir des chandelles, des photos, on a mis la musique qu'elle voulait. Au final, ce qu'elle regardait, c'était l'intérieur de nos yeux. Peu importe l'environnement physique dans lequel on était, je l'ai sentie quitter en nous regardant, nous.

Le don de Stella Wojas est d'autant plus précieux en cette année de pandémie, alors que les programmes de transplantation ont été suspendus pendant la première vague. Quelque 800 Québécois attendent une greffe. Le nombre de donneurs fluctue entre 125 et 180 par an.

Le docteur Marsolais croit que cette nouvelle catégorie de donneurs pourrait contribuer à réduire le délai d'attente de ceux qui ont besoin d'une greffe.

Je suis convaincu que ça va faire une différence parce qu'il y aura une proportion de plus en plus élevée de gens, pour qui ce n'est pas contre-indiqué, qui vont souhaiter le faire. Il faudra cependant attribuer les ressources, parce que ça demande des ressources et de l'expertise.

Une organisation complexe qui demande aussi une grande sensibilité. Ce que la fille de Stella Wojas dit avoir ressenti de la part des équipes soignantes jusqu'à la fin.

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