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Les vacances forcées du père Noël

Avec la pandémie qui sévit et le prive du sourire et de la douce voix des enfants, le père Noël a le cœur gros.

 Les rennes courent dans la forêt

Les rennes du père Noël à Val-David

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Oui. Le père Noël existe. Je lui ai parlé récemment. Il était avec la mère Noël, nostalgique du sourire des enfants. « Le sourire, l’émotion vraie, l'espoir des tout-petits », tout cela va me manquer, me confiait-il au bout du fil.

Bon, le père Noël dont je parle s’appelle Roger Gagné, il a 72 ans, c’est un policier à la retraite. Et depuis 25 ans, en décembre, il se déguise et fait la tournée des garderies et des CPE.

Mais pas cette année. Cette année, c’est trop dangereux pour cause de virus.

Roger se résout, mais trouve ça triste. Le père Noël, service essentiel?

Si vous saviez le nombre de fois qu’un enfant m’a chuchoté à l’oreille : "père Noël, ce que je veux c’est que mes parents arrêtent de se chicaner cette année", les yeux remplis d’espoir.

La voix de l’ancien policier se noue au bout du fil. Il raconte aussi avoir entendu des vœux encore plus déchirants : père Noël, je voudrais que mon papa ne me frappe plus.

L’ancien policier dit qu’il prend souvent des notes et agit en conséquence. Le père Noël doit essayer de régler des problèmes.

Mais il n’y a pas que les histoires tristes, il y a aussi, et surtout, la joie pure.

Se permettre un bref moment dans l’année de laisser entrer le merveilleux, la magie, même les adultes ont besoin de ça.

Une citation de :Roger Gagné

Au bout du fil, Roger prend une grosse voix, me dit qu’il sait que j’ai été sage et que le père Noël va exaucer mes vœux cette année.

C’est peut-être qu’il fait trop gris, qu’il fait pandémie, mais mon cœur se serre de nostalgie.

 Claude Rousseau arpente son village.

Un aperçu du village du père Noël à Val-David

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Détour par le village fantôme de Noël

Des pères Noël en vacances forcées, il y en a beaucoup cette année. Mais l’association des pères Noël du Québec a refusé de nous donner une entrevue.

Aussi, pour les besoins de notre enquête, nous nous sommes rendus au Village du père Noël à Val-David.

Sa maison est froide, on y a coupé l’électricité. Les rennes, farouches, ne verront pas d’enfants s’extasier devant leur enclos en cette fin d’année.

Le lutin en chef le dit d’entrée de jeu, en nous ouvrant les portes du village : Ouin, c’est triste cette année, sans les enfants.

Il est grand, le lutin. Il s’appelle Claude Rousseau. Il mesure 6 pieds et 5 pouces, pour ceux qui comptent encore comme dans l’ancien temps.

D’ailleurs, tout le village évoque un anachronisme délicieux. Ici, rien ne semble avoir beaucoup changé depuis son ouverture, en 1953. C’est mon oncle un peu excentrique qui a ouvert le village, m’explique Claude.

Une foule d'enfants lors de l'inauguration du village

L'ex-premier ministre René Lévesque (gauche), alors journaliste, lors de l'inauguration du village du père Noël à Val-David

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Claude Rousseau

Et ce devait être tout un événement si l’on en juge par la qualité du journaliste qui l’a couvert. Oui. Nul autre que René Lévesque.

Malgré cet aspect vintage, le lutin en chef, 58 ans, parle de questions fort contemporaines.

Ils sont très, trop protégés, les enfants, estime celui qui se passionne pour l’éducation.

Le lutin raconte qu’ici, dans la cabane du père Noël, il y a le rituel de la suce : Les enfants abandonnent la suce derrière eux, franchissent une étape dans les différentes installations, comme le mur d’escalade, ils apprennent à se faire confiance.

Le traîneau du père Noël rempli de cadeaux trône au-dessus de Claude Rousseau

Claude Rousseau, lutin en chef au village du père Noël de Val-David

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Claude Rousseau, entrepreneur de son métier, explique qu’il aurait pu ouvrir cette année, comme il le fait d’habitude en décembre, mais qu’avec les restrictions sanitaires, ça n'aurait pas été rentable. Ça coûte 50 000 $, ouvrir et rendre l’endroit opérationnel.

Dans la petite cafétéria du village, malgré la pénombre, on peut lire qu’il y avait au menu, cet été, des pépites de lutin. Le village était ouvert. Mais là, on n’aurait pas pu ouvrir le restaurant, ça devenait bien compliqué.

Nous sommes ressortis du village avec ses petits carrousels d’une autre époque sommeillant sous la neige intacte, les rennes ont fait quelques enjambées comme dans un ballet, sautillant dans la beauté du jour.

La neige recouvre le paysage

Jeux et carrousels au village du père Noël à Val-David

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les vacances forcées sont tout de même des vacances. Le lutin en chef fera autre chose de son mois de décembre. Du ski, de la raquette, de la lecture.

On est serein, que voulez-vous, c’est comme ça cette année.

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