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Un « parachute doré » pour l'ancien sous-ministre à l'Éducation?

Éric Blackburn conserve son salaire de 200 000 $ jusqu'en 2024, même s'il ne travaille plus directement pour le gouvernement.

L'Université Laval.

Éric Blackburn travaille maintenant pour le Collège des administrateurs de sociétés de l'Université Laval.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

L'ancien sous-ministre à l'Éducation Éric Blackburn, écarté de son poste en octobre, travaille dorénavant pour l'Université Laval, mais continue de toucher son salaire de 200 000 $, versé par le Conseil exécutif, le ministère du premier ministre.

C'est à la demande de François Legault qu'Éric Blackburn a pu conserver son traitement de sous-ministre jusqu'en août 2024. La Gazette officielle du 9 décembre indique que la décision est ordonné[e], sur la recommandation du premier ministre.

On peut lire que M. Blackburn est alors affecté au Conseil exécutif avec un salaire annuel de 197 303 $. Il conserve aussi les conditions de son contrat initial, qui prévoyait une allocation mensuelle de 1225 $ pour ses frais de séjour à Québec.

Le 9 décembre, son travail précis n'est pas encore connu lorsque la porte-parole libérale en matière d'Éducation, Marwah Rizqy, pose une question au gouvernement à l'Assemblée nationale.

Ça commence à coûter cher la tablette. Alors là, Monsieur le Président, moi, je veux savoir qu'est-ce qui est arrivé.

Marwah Rizqy, députée libérale, le 9 décembre 2020 à l'Assemblée nationale

Dans ses réponses, le leader parlementaire adjoint de la CAQ, Éric Caire, explique alors que le changement de poste de M. Blackburn n'est pas une question de compétence, mais une question personnelle.

Il ajoute que le gouvernement respecte les clauses de contrat avant, pendant et après l'embauche de la personne en question.

En consultant la Gazette officielle du 4 septembre 2019, on retrouve les détails de l'embauche initiale de M. Blackburn, lorsqu'il a été nommé sous-ministre pour cinq ans. On lit que le contrat peut être résilié en tout temps par le gouvernement sous réserve d’un préavis de trois mois. Rien ne semblait obliger Québec à maintenir son salaire pour cinq ans.

Un poste à l'Université Laval, payé par le gouvernement

Éric Blackburn.

Éric Blackburn a été président de l'Association des directions générales des centres de service scolaires jusqu'en 2019.

Photo : Adigecss

Nous avons demandé au Conseil exécutif en quoi consistera le rôle de l'ancien sous-ministre au sein de ses services.

Le porte-parole Jean Auclair a répondu : Monsieur Éric Blackburn agit à titre de directeur du développement et des affaires externes du Collège des administrateurs de sociétés de la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval, et ce, dans le cadre d’un partenariat avec cette dernière.

Le rôle de M. Blackburn sera de veiller à la planification, l’organisation, la prestation et l’évaluation des activités de formation des programmes universitaires du Collège.

Du côté de l'Université Laval, la PDG du Collège des administrateurs de sociétés, Chantale Coulombe, confirme que son salaire [de 200 000 $] sera versé par le gouvernement dans le cadre d’un prêt de service et non par l'université, et ce, compte tenu que le ministère du Conseil exécutif est l’un des partenaires fondateurs du Collège.

C'est un parachute doré, dénonce la députée libérale Marwah Rizqy, en réaction à nos informations.

Contrairement au réseau de l'Université du Québec, l'Université Laval est une université à charte privée. Je ne connais aucune université qui bénéficie d'une ressource à 200 000 $ en dehors de sa masse salariale, payée par le gouvernement, dit la députée.

Le Conseil exécutif précise qu' à titre de partenaire fondateur du Collège, le ministère s’engage à rendre disponible une ressource experte afin de soutenir le Collège dans la réalisation de sa mission qui est de s’assurer que les administrateurs de société soient bien formés pour favoriser la saine gouvernance des organisations.

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