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Erreurs médicales: jusqu'à 24 000 morts par année

Radio-Canada

Une étude pancanadienne qui sera publiée lundi révèle qu'un patient sur 13 a souffert d'une erreur médicale en 2000 au Canada. Et 37 % de ces erreurs auraient pu être évitées.

Des erreurs médicales qui pourraient être évitées causent de 9250 à 23 570 morts chaque année au Canada. Voilà ce qui ressort d'une étude menée auprès de 3720 patients de 20 hôpitaux situés dans cinq provinces.

C'est la toute première fois qu'une telle enquête est menée au pays. Selon l'enquête, un patient sur 13 a souffert d'une erreur médicale en 2000, soit 7,5 % des patients qui ont bénéficié de soins de santé dans un hôpital. Et 37 % de ces erreurs auraient pu être évitées.

Ces « événements indésirables » vont d'un anévrisme abdominal diagnostiqué comme étant des pierres aux reins (le patient est décédé) à un cas de cancer utérin évident qui n'a pas été détecté, en passant par une ablation des ovaires au lieu de l'hystérectomie partielle qui était prévue.

Les auteurs de l'étude préviennent cependant qu'un lien ne peut pas toujours être établi entre les événements indésirables et les décès.

Une culture du silence

Selon Ross Baker, l'un des auteurs de l'étude, il sera toutefois difficile de remédier au problème, sachant que la confession d'une erreur médicale peut entraîner des poursuites judiciaires pour les professionnels de la santé. Ceux-ci seraient plutôt porter à cacher ce type d'incident plutôt qu'à les rapporter, ajoute-t-il. Au Québec, depuis un an et demi, la loi exige de déclarer les erreurs médicales.

Le président de l'Association médicale canadienne a qualifié les résultats de l'étude de « réveil brutal », qui rappelle qu'il reste encore « beaucoup à faire pour améliorer la sécurité des patients au pays ».

Mais le Canada n'est pas au bas du classement au chapitre des erreurs médicales. Les résultats du Danemark, de la Grande-Bretagne, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande sont notamment plus élevés. Aux États-Unis, une étude moins exhaustive décèle une incidence de 3,7 % des événements indésirables.

De son côté, l'avocat Jean-Pierre Ménard, qui a notamment représenté les patients de l'hôpital Saint-Charles-Borromée, n'est pas surpris des résultats.

« Ça confirme ce que l'on sait déjà, soit que les erreurs médicales ne sont pas anecdoctiques, mais ont un caractère systémique qui cause d'énormes dégâts. » Selon lui, les coûts des erreurs médicales s'élèvent à des centaines de millions de dollars qui ne sont pas consacrés aux services de première ligne.

L'enquête, qui sera publiée lundi dans le journal de l'Association médicale canadienne a été conduite dans cinq provinces canadiennes, soit le Québec, l'Ontario, la Nouvelle-Écosse, la Colombie-Britannique et l'Alberta.

Le reportage de Gilles Sirois