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Le Québec rate de peu son objectif de 100 000 véhicules électriques

Une voiture électrique est rechargée.

Il y a 92 000 voitures électriques ou hybrides rechargeables au Québec, selon l'AVEQ.

Photo : Radio-Canada

Le Québec roule de plus en plus vert, mais pas autant qu'espéré. Le gouvernement visait 100 000 véhicules électriques ou hybrides rechargeables sur les routes de la province au 31 décembre 2020, mais il n'y en aurait que 92 000 actuellement.

Le chiffre provient de l'Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ), qui publie périodiquement les plus récentes statistiques à ce sujet.

Même si la province a raté de peu sa cible, le président et fondateur de l'AVEQ, Simon-Pierre Rioux, ose dire mission accomplie. Pour moi, on a atteint notre objectif.

M. Rioux rappelle que le Québec partait de loin lorsque le programme Roulez vert (anciennement Roulez électrique) a été lancé en 2012 dans le but de stimuler les ventes de voitures vertes.

Il y avait beaucoup de freins à l'achat d'un véhicule électrique, que ce soit le surcoût par rapport à un véhicule à essence, les infrastructures de recharge anémiques, le manque de disponibilité chez les concessionnaires.

Simon-Pierre Rioux, président et fondateur de l'Association des véhicules électriques du Québec

Au cours des derniers mois, c'est surtout la COVID-19 qui a ralenti les ventes de véhicules, selon M. Rioux. L'objectif de 100 000 voitures sera donc atteint dans un délai de quelques semaines ou de quelques mois, prévoit-il.

Simon-Pierre Rioux, président de l'Association des véhicules électriques du Québec.

Simon-Pierre Rioux, président de l'Association des véhicules électriques du Québec

Photo : Radio-Canada

Accessibilité problématique

Le président-directeur général de la Corporation des concessionnaires d'automobiles du Québec, Robert Poëti, ne partage pas cette lecture des choses. Selon lui, il n'y a pas vraiment de lien entre l'échec du Québec et la COVID-19.

Depuis mai jusqu'à aujourd'hui, la COVID n'a eu aucun effet sur les ventes de véhicules à mon avis, dit-il. Les gens ont magasiné en ligne au début de la pandémie de telle sorte que lorsque les commerces ont rouvert, leur véhicule était disponible, selon M. Poëti.

Pour lui, le vrai problème est que monsieur, madame Tout-le-Monde ne peut simplement pas se permettre l'achat d'un véhicule électrique.

Les personnes qui ont ça, ce sont des hommes avec une moyenne d'âge de 46 ans. Ils ont une tranche de salaire entre 70 000 $ et 80 000 $.

Robert Poëti, président-directeur général de la Corporation des concessionnaires d'automobiles du Québec

Parmi les autres facteurs qui ont pu freiner les ardeurs des consommateurs ces dernières années, M. Poëti note l'autonomie des véhicules qui diminue lors des épisodes de grand froid, le réseau de bornes de recharge encore perfectible et la grandeur du territoire québécois.

Je ne peux pas rapprocher la Gaspésie de Québec et je ne peux pas rapprocher l'Abitibi de Montréal.

Robert Poëti assis sur une chaise.

Robert Poëti est le président-directeur général de la Corporation des concessionnaires d'automobiles du Québec.

Photo : Radio-Canada

Regarder vers l'avenir

La bonne nouvelle, toutefois, c'est que les choses s'améliorent, notamment les listes d'attente chez les concessionnaires. On a remarqué dans les derniers mois que certains manufacturiers ont mis les bouchées doubles [...] et on commence à voir les résultats, dit le président de l'AVEQ.

M. Rioux reconnaît que le coût d'acquisition d'un véhicule électrique est encore élevé, mais il a diminué chez plusieurs constructeurs automobiles au cours de la dernière décennie, note-t-il.

Non seulement on a augmenté l'autonomie des véhicules, mais on a réussi à en baisser le coût. Ce sont les seuls véhicules sur le marché dont le coût baisse.

Simon-Pierre Rioux, président et fondateur de l'Association des véhicules électriques du Québec

À cela s'ajoutent les incitatifs financiers gouvernementaux, qui peuvent aller jusqu'à 13 000 $ pour l'achat d'un véhicule neuf entièrement électrique.

À lui seul, le gouvernement du Québec a dépensé plus de 576 millions de dollars depuis 2012 pour stimuler la vente de véhicules électriques et hybrides rechargeables avec son programme Roulez vert.

Dans ce contexte, le nouvel objectif gouvernemental d'avoir 1,5 million de voitures électriques (Nouvelle fenêtre) sur les routes du Québec en 2030 est tout à fait possible, selon M. Rioux.

Multiplier les avantages

M. Poëti préfère qualifier l'objectif d'ambitieux, mais ne jette pas le bébé avec l'eau du bain. Au Canada, presque 50 % des ventes de voitures vertes ont lieu au Québec, ce qui démontre que la population de la Belle Province est la plus conscientisée, selon lui.

Le financement accordé par le gouvernement fédéral depuis 2018 ne laisse planer aucun doute sur la prépondérance du Québec, qui accapare plus de la moitié des sommes réclamées dans tout le pays.

Les réclamations pour le Canada : 291 millions de dollars pour 68 922 véhicules. Pour le Québec : 158 millions de dollars pour 38 214 véhicules.

Les réclamations dans le cadre du programme fédéral Incitatifs pour l'achat de véhicules zéro émission (iVZE)

Photo : Radio-Canada

L'adhésion de la population devrait par ailleurs s'accélérer lorsque les manufacturiers produiront plus d'exemplaires de leurs modèles électriques, ce qui réduira les coûts, prédit M. Poëti.

Il faudra cependant continuer d'en faire plus politiquement, à son avis. Les autorités municipales et provinciales devraient créer plus d'incitatifs pour les propriétaires de voitures électriques, comme la désignation de nouvelles voies réservées, dit-il.

M. Poëti croit également qu'une autre révision du Code du bâtiment s'impose. Selon lui, il n'y a à peu près que les propriétaires de maisons unifamiliales qui ont les infrastructures nécessaires pour installer facilement une borne de recharge à domicile.

Ceux qui vivent en appartement, où vont-ils brancher leur voiture s'ils se stationnent dans la rue? s'interroge-t-il.

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