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Les tests se poursuivent pour vérifier la qualité de l'air dans les écoles

Une classe vide

À la fin de novembre, le ministre de l'Éducation a demandé aux centres de services scolaires d’effectuer des tests de qualité de l’air dans les écoles d’ici au 16 décembre. Mais tous ces tests n'ont pas été faits.

Photo : Radio-Canada

Depuis deux semaines, on vérifie la qualité de l’air de certaines écoles au Québec. Les centres de services scolaires avaient jusqu’à mercredi pour remettre leur rapport au ministère de l'Éducation, mais les tests ne sont pas tous faits et devront se poursuivre. En tout, la ventilation de quelque 200 écoles doit être vérifiée.

Au moment où les cas de COVID-19 ne cessent d’augmenter dans les écoles du Québec – au 15 décembre, on comptait plus de 1600 classes fermées dans les réseaux public et privé –, Roch-Michel Gagnon, du Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSSPI), se promène d’école en école pour vérifier la qualité de l’air dans les classes.

Dans chacun des établissements, il mesure la concentration de gaz carbonique dans une dizaine de locaux. Mercredi, M. Gagnon était à l’École secondaire Anjou. L’établissement, construit depuis une cinquantaine d’années, a un système de ventilation mécanique, mais compte également plusieurs classes sans fenêtre.

Un appareil servant à mesurer le taux de dioxyde de carbone dans l'air.

Un appareil servant à mesurer le taux de dioxyde de carbone dans l'air.

Photo : Radio-Canada

Muni de son appareil pour mesurer le CO2, il vérifie la qualité de l’air des classes. On doit faire trois analyses. Une avant que les élèves soient en classe, une deuxième, une vingtaine de minutes après le début du cours, puis une troisième analyse 20 minutes après l’ouverture des fenêtres et des portes, explique-t-il.

Le 27 novembre, le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge, a demandé aux centres de services scolaires d’effectuer des tests de qualité de l’air dans les écoles d’ici au 16 décembre.

Le ministre voulait en savoir davantage sur la ventilation dans les établissements scolaires alors que plusieurs parents et enseignants craignent la propagation de la COVID-19 à cause de problèmes liés à la qualité de l’air.

un homme note des résultats à partir d'un appareil.

Roch-Michel Gagnon, du Centre de services scolaire de la Pointe-de-l'Île, fait trois analyses de la qualité de l'air pour chacune des classes mesurées.

Photo : Radio-Canada

Alors que Roch-Michel Gagnon était dans une classe sans fenêtre où s’entassent 32 élèves de l’École secondaire Anjou, il a découvert des problèmes de qualité d’air dans le local.

Grâce à son appareil, il a constaté que la concentration de gaz carbonique dépasse quelque peu le niveau toléré par le ministère de l'Éducation.

Ici, dans la classe, il n'y a pas de fenêtres et elle est complètement pleine, dit-il.

Ça nous dit qu'il y a un mauvais échange d'air, donc il y aurait la possibilité que les microbes pourraient rester [en suspension]. C'est dans notre priorité de s'assurer qu’on a un meilleur échange d'air que ce qu’on a présentement, ajoute-t-il.

Au CSSPI, dans l'est de Montréal, on a analysé la qualité de l'air de 4 écoles jusqu'à présent sur les 12 qui ont été ciblées à la suite des différents critères émis par le ministère de l’Éducation.

Le directeur général adjoint du CSSPI, Martin Duquette, affirme que l’échéancier imposé par Québec était court. Nous avons un délai très serré pour rendre compte au ministère des tests de la qualité de l'air, convient-il.

Le CSSPI ne serait pas le seul à ne pas avoir complété son échantillonnage. Dans l’ensemble du Québec, quelques centaines de tests auraient été effectués, mais l’ensemble des vérifications demandées par le ministère de l’Éducation ne seraient pas terminées.

À l’issue des tests effectués, le directeur général adjoint du centre de services scolaire Martin Duquette affirme que des mesures ont été mises en place pour améliorer la ventilation et la qualité de l’air dans les classes.

Nous, ce qu'on veut, c'est prendre toutes les mesures possibles à titre préventif pour vraiment s'assurer de la qualité de nos milieux [...] Selon la lecture qu’on fait, on va apporter les ajustements nécessaires dans les meilleurs délais, indique M. Duquette.

M. Duquette répond aux questions du journaliste Jean-Philippe Robillard.

Martin Duquette est directeur général adjoint du Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île.

Photo : Radio-Canada

Par courriel, le CSSPI nous a fait savoir que bien que les résultats des tests réalisés dans nos établissements se situent à l'intérieur ou à la limite des normes gouvernementales, nous avons pris la décision de maximiser l'apport d'air frais en ajustant la programmation de nos systèmes de ventilation mécanique.

Des parents mobilisés pour obtenir des purificateurs d'air

Parallèlement à la poursuite de la mesure de la qualité de l’air par les centres de services scolaires, des parents poursuivent leur mobilisation pour obtenir des purificateurs d’air dans les écoles. Le mouvement Je protège mon école publique demande à Québec de profiter du congé des fêtes pour installer des purificateurs d'air.

La porte-parole du regroupement Patricia Clermont croit que le gouvernement aurait tout à gagner à installer de tels appareils dans les classes. Nous, on prétend que de l'argent sur les purificateurs d'air, si ça peut même baisser un peu la propagation, c'est de l'argent de moins dans les services d'urgence de santé.

Malgré les réticences du gouvernement et des centres de services scolaires, la Fondation Jasmin Roy continue de faire pression pour que des purificateurs d’air soient installés dans les classes. La fondation a déjà donné près de 90 appareils du genre à des écoles de Montréal, Sherbrooke et Saguenay.

La pédiatre et microbiologiste-infectiologue Caroline Quach met un bémol aux attentes des parents. Elle affirme que les purificateurs d’air ne sont pas une solution miracle à la propagation de la COVID-19 dans les écoles.

Le purificateur d'air est un ajout intéressant, mais ce n'est pas la solution à tous les problèmes juste parce qu'on en a ajouté un. Les purificateurs d’air, quand ils sont suffisamment puissants, sont capables de vraiment filtrer tout l’air de la classe. Ça ajoute une couche de protection. Mais de mettre un purificateur d’air sans savoir les spécificités de la machine ne résout pas tous les problèmes, dit-elle.

Selon elle, idéalement, il y aurait une ventilation mécanique dans la classe où l’air est changé de façon constante avec de l’apport d’air frais.

Avant de prendre position dans ce dossier, le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge attend le dépôt du rapport du groupe d'experts mandaté par Québec qui se penche sur l’incidence de la ventilation et de la qualité de l’air sur la propagation du virus. Ce groupe doit dévoiler ses recommandations en janvier prochain.

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