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Les patients n’auront plus de frais à payer pour consulter un pharmacien au Québec

Une pharmacienne tient une ordonnance dans une main et une plaquette de médicaments dans l'autre.

Les pharmaciens eux-mêmes demandaient l'abolition de ces coûts supplémentaires.

Photo : iStock / MJ_Prototype

Les patients qui consultent leur pharmacien, faute de pouvoir rencontrer un médecin de famille, n'auront plus de frais à payer.

Radio-Canada a appris que Québec met fin à ces coûts supplémentaires de 17 millions de dollars par an pour les patients. Même les pharmaciens réclamaient que le gouvernement les abolisse, les jugeant nuisibles à l'accessibilité aux soins de santé.

Depuis le début de la pandémie, le nombre de personnes incapables de consulter leur médecin de famille et qui ont dû demander à leur pharmacien de procéder à des actes médicaux a explosé.

De mars à octobre, plus de 267 000 patients ont obtenu une prolongation d'ordonnance à la pharmacie, contre 140 000 l'an dernier. Par exemple, certains d'entre eux n'ont pas pu obtenir un rendez-vous avec leur médecin pour soulager une infection urinaire, ou alors ils ont préféré éviter les cliniques par crainte de contracter la COVID-19. Ils ont donc demandé à leur pharmacien une nouvelle prescription, des avis médicaux ou un ajustement de médication.

La loi permet aux pharmaciens de prescrire certains traitements ou de les prolonger, quand un diagnostic a déjà été établi par un médecin.

Des frais cachés

Benoît Morin, de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) estime que la pandémie a démontré l'irrégularité de cette pratique : Il y a des cliniques ou des CLSC où des soins de santé ne peuvent plus être effectués par le corps médical – ou les infirmières débordées – et on va délester ça dans la pharmacie communautaire. On ne peut pas déplacer le patient et lui demander des frais en plus !

Mais ce que la majorité de ces patients ignoraient, c'est que des coûts supplémentaires sont exigés au comptoir quand le pharmacien se substitue au médecin. Pour recevoir exactement le même service que dans une clinique, ils ont dû payer une franchise mensuelle de 21,75 dollars et une coassurance équivalant à 37 % du reste de la facture.

Puisque certaines personnes doivent obtenir des services ou des médicaments coûteux compte tenu de leur état de santé, le gouvernement a décrété que le montant maximal à payer ne peut dépasser 95 $ par mois.

L'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) a calculé que certains patients pourraient tout de même devoir payer jusqu'à 1200 $ par an, alors que ça ne leur aurait rien coûté chez leur médecin. Ces services seront offerts gratuitement à tous les Québécois à compter du 25 janvier prochain, que ceux-ci soient assurés par le régime public ou par un régime privé.

Ça facilitera la tâche du pharmacien. Ses services seront beaucoup plus faciles à offrir à l'ensemble de la population qui n'a pas toujours les moyens de payer des frais et qui, dans certaines occasions, refusait tout simplement le service, ajoute M. Morin.

Il rapporte que des patients ont dénoncé à plusieurs reprises ces factures salées, se demandant pourquoi elles existaient. Plusieurs auraient même refusé les services cliniques offerts par les pharmaciens pour des raisons financières.

Une incohérence, reconnaît Québec

L'AQPP réclamait depuis plusieurs années que le gouvernement annule ces frais jugés incohérents, surtout en pleine pandémie, alors que des patients ne savent plus vers quel professionnel se tourner tellement le système de santé est sollicité. Cet automne, Québec avait accepté de le faire pour le vaccin contre la grippe afin d'encourager les gens à le demander à leur pharmacien.

En mettant fin pour de bon à ces coûts excédentaires, le ministre de la Santé Christian Dubé voit l'occasion de réduire les listes d'attente des médecins de famille en augmentant la contribution des pharmaciens. De plus, il espère que les Québécois vont les consulter plus souvent pour obtenir des services de première ligne et ainsi libérer des médecins pour les cas urgents ou qui nécessitent leur expertise.

Par communiqué de presse, le ministre de la Santé affirme que considérant le contexte de la COVID-19, il est d'autant plus important d'assurer que le bon patient soit traité par le bon professionnel, au bon moment.

Selon Benoît Morin, ça va permettre aux médecins de voir les patients pour autre chose que des conditions mineures. Éventuellement, les urgences seront aussi moins sollicitées.

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