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Aires marines protégées : deux projets dans les cartons de Pêches et Océans

Un voilier est amarré à côté du quai de Pointe-au-Père, au crépuscule.

Ottawa souhaite dorénavant protéger 25 % du territoire côtier et marin d’ici 2025 et 30 % d’ici 2030 (archives).

Photo : Radio-Canada / Laurie Dufresne

Pour parvenir à atteindre ses cibles d’aires marines protégées, Pêches et Océans Canada préparent deux projets au Québec, dont un projet conjoint Canada-Québec d’aire marine protégée dans l’estuaire du Saint-Laurent.

La création en mars 2019 de la zone protégée du Banc-des-Américains, au large de Forillon, a été une première au Québec.

Pêches et Océans avaient déjà, en 2017, ciblé 11 secteurs de conservation des coraux et des éponges dans l’estuaire et le golfe, mais leur statut de protection était différent.

Ottawa souhaite dorénavant protéger 25 % du territoire côtier et marin d’ici 2025 et 30 % d’ici 2030. Pour aider à atteindre ces objectifs, la section Québec de Pêches et Océans pilote un premier projet qui vise à accorder le statut de zone marine protégée à certains des secteurs de conservation des plumes et des éponges.

La pêche y est limitée à certains engins afin de protéger les fonds marins. L’idée est d’aller encadrer les autres activités humaines qui s’y déroulent. On parle entre autres d’exploitation gazière, pétrolière, minière. Ça n’ajoutera pas de pourcentage parce qu’on les protège déjà, mais ça va ajouter un encadrement plus sévère, explique la chargée d’équipe en conservation marine de Pêches et Océans, Jacinthe Beauchamp.

Carte du golfe où sont délimitées les 11 zones d'importance pour les plumes et les éponges.

Les zones d’importance pour les plumes et les éponges.

Photo : Sources : Pêches et Océans Canada

Elle estime que ce projet pourrait aller de l’avant assez rapidement, soit d’ici deux ou trois ans.

La zone de l'estuaire

Le second projet est plus ambitieux et vise une zone qui va de l'île aux Coudres jusqu’aux Méchins. Le projet de l’estuaire va viser à protéger des mammifères marins en péril comme le béluga et le rorqual bleu ainsi que leurs proies. Aussi à conserver, certaines espèces de poissons en situation précaire, indique Mme Beauchamp.

L’aire marine viendra entourer la zone du Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent.

Le projet est en cours d'élaboration depuis les années 2000. Pour parvenir à le réaliser, Pêches et Océans s'est concentré sur sept secteurs précis.

La queue de la baleine qui dépasse de l'eau du fleuve. En arrière-plan, le parc industriel de Matane et des éoliennes.

Un baleine au large de Matane et de Grosses-Roches

Photo : collaboration Benny Caron

Québec, qui travaille avec Pêches et Océans, a déjà désigné six de ces zonesréserves de territoires aux fins d’aires protégées. L’amont du Saguenay, ciblé par Pêches et Océans, n’a pas été retenu pour l’instant par Québec.

Pour l’instant, les scientifiques sont en train d’évaluer les priorités de protection pour chacune des zones. Ce qui va nous permettre de moduler notre réglementation, explique la chargée d’équipe en conservation marine au MPO.

La stratégie par secteur permet aussi d’adapter le projet à ce milieu très fréquenté. Il y a beaucoup d’activités humaines dans ce secteur-là. On pense à la navigation de plaisance, au transport maritime, aux activités d’observation en mer, il y a du dragage, de la construction de l’entretien de marina..., explique Mme Beauchamp.

Des bateaux au large de Baie-Comeau.

Des bateaux en attente dans le fleuve, près de Baie-Comeau

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

La désignation de zone marine protégée permet le maintien d’activités, selon les priorités de conservation. Pour le moment, indique Mme Beauchamp, on travaille très fort à développer les mesures de conservation envisagées pour chaque secteur. On n’est pas encore prêts à les présenter.

Les parties intéressées, communautés autochtones et usagers de la zone, ont été informées du projet en juin 2019. Doivent suivre une phase de concertation, puis une phase de consultation à grande échelle.

La tâche n’est pas mince, avoue Jacinthe Beauchamp, qui ne peut pas dire si le projet pourra être réalisé en 2025. Ce genre de projet demande beaucoup d’interactions, de rencontres. On veut prendre le temps de bien faire les choses. L’idée, ce n’est pas d’atteindre à tout prix une date au détriment des échanges que nous avons besoin de faire.

Pas d'échéancier

L’équipe de Pêches et Océans Canada pensait d’ailleurs être bientôt en mesure de fixer un échéancier pour la phase de consultation. La pandémie est venue chambouler les plans. En attendant, le travail d’études scientifiques se poursuit.

Le Canada a atteint une cible de conservation de 13,8 % du territoire côtier et marin en 2019. Avec le Banc-des-Américains et les 11 zones de conservation des plumes, des coraux et des éponges, la contribution de Pêches et Océans à cet objectif est d’environ 0,2 % au Québec.

D'autres territoires, comme le parc marin Saguenay-Saint-Laurent, sont aussi des zones de conservation, mais sous l'égide d'autres administrations comme Parcs Canada. Le projet d'aire marine protégée en cours aux Îles-de-la-Madeleine est aussi piloté par Parcs Canada.

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