•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les victimes invitées à continuer de dénoncer les agressions sexuelles

Des manifestantes regroupées devant le palais de justice de Montréal.

Plusieurs organisations militantes ont dénoncé Gilbert Rozon après sa mise en accusation, en plus d'appeler à une réforme de la justice pour faciliter le traitement des plaintes du genre.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Les victimes d'agression sexuelle ne doivent pas percevoir l'acquittement de Gilbert Rozon, prononcé mardi, comme une invitation à cesser de dénoncer les crimes dont elles sont victimes, affirment plusieurs organisations de défense des droits, qui incitent plutôt à continuer de porter plainte.

L'acquittement de Gilbert Rozon, dont le procès a fait grand bruit, a immédiatement fait réagir : à sa sortie du tribunal, l'ancienne figure de proue de Juste pour rire a été entouré de manifestants et abreuvé d'injures pendant qu'il tentait de quitter les lieux en voiture.

Pour Rachelle Pitre, procureure en chef adjointe aux bureaux montréalais du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et responsable de l'équipe de procureurs affectés aux dossiers de violence sexuelle, le dossier de M. Rozon, outre qu'il est fortement médiatisé, n'a rien d'exceptionnel. Il y a eu des dossiers et des condamnations avant M. Rozon et il va continuer d'y en avoir également dans le futur.

Annick Charette, la plaignante lors du procès Rozon, a elle-même encouragé les victimes, bien souvent des femmes, à continuer de rapporter les agressions et les autres crimes du genre.

Je vous invite à dénoncer. Parce qu'ainsi, les choses pourraient changer, a-t-elle déclaré lors d'une mêlée de presse après sa sortie de la salle d'audience, au palais de justice.

De son côté, Sophie Gagnon, directrice générale de la clinique Juripop, qui a développé une spécialité en matière de crimes sexuels, juge que l'acquittement de M. Rozon équivaut au fait que tout le mouvement de dénonciation mondial #MoiAussi et toutes les victimes se sont fait dire non, mardi [journée de l'acquittement].

Me Gagnon, à l'image de Me Pitre, est pourtant catégorique : il y a bel et bien des condamnations lors de poursuites du genre.

L'été dernier, le DPCP révélait justement que plus de 50 % des dossiers judiciarisés menaient à des condamnations.

D'autres solutions

De son côté, Mélanie Lemay, cofondatrice de l'organisation Québec contre les violences sexuelles, affirme qu'il faut aussi trouver d'autres méthodes pour permettre aux victimes d'obtenir justice sans nécessairement devoir passer par les tribunaux.

Le fait de pouvoir faciliter l'accès à un rétablissement. L'accès aux autres opportunités qui existent, comme la justice transformatrice, la justice réparatrice, évoque-t-elle, avant de rappeler que pour beaucoup de personnes, pouvoir dénoncer [une agression] ne fait même pas partie du spectre des possibilités.

Dans son jugement, la magistrate Mélanie Hébert a rappelé qu'un verdict d'acquittement ne signifie pas que le juge ne croit pas la victime. Il signifie simplement que la Couronne ne s'est pas déchargée de son fardeau de prouver le crime "hors de tout doute raisonnable".

Nous allons continuer de nous battre pour la justice. C'est pour tout le monde. Pour les femmes qui ne diront jamais rien. Pour les cas très publics, les jeunes, les vieilles; c'est pour tout le monde, et pour les gars, aussi, a lancé Erika Rosembaum, l'une des victimes du producteur déchu Harvey Weinstein.

Avec les informations de Geneviève Garon et de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !