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Télétravail et déduction fiscale : Québec emboîte le pas à Ottawa

Affiche de Revenu Québec.

Deux méthodes sont proposées pour déduire les dépenses liées au télétravail.

Photo : Radio-Canada

Les milliers de Québécois qui se sont retrouvés du jour au lendemain à télétravailler pourront recourir à une démarche simplifiée temporaire pour obtenir jusqu’à 400 $ de déductions en 2020 aux deux paliers de gouvernement. Comme Ottawa, Québec offrira une façon simple de déduire certaines dépenses. Mais gare au mirage : vous pourriez obtenir bien davantage avec la méthode détaillée.

Le ministère des Finances en a fait l’annonce mercredi. Première condition : avoir été en télétravail en raison de la COVID-19 et ce, pendant plus de 50 % du temps sur une période de quatre semaines sans interruption. Deuxième condition : avoir dû acquitter ses propres dépenses, sans remboursement de l’employeur.

Il suffira ensuite de calculer 2 $ pour chaque journée de travail à la maison, jusqu’à un maximum de 200 jours ou de 400 $. C’est tout. Vous n’aurez pas à fournir un formulaire de votre employeur ni à conserver des pièces justificatives pour fins de vérification. Tel qu’annoncé récemment, ces conditions seront les mêmes pour la production de votre déclaration de revenus fédérale.

Des déductions maximales de 400 $ sur votre revenu – et non des crédits d’impôts! – sont donc envisageables, sans trop de soucis. Si votre taux d’imposition marginal combiné est de 37 %, près de 150 $ reviendraient dans vos poches.

Avec ces mesures, les gouvernements ont élargi l’admissibilité des contribuables et vont chercher plus de monde, constate la comptable professionnelle agréée et fiscaliste Luce Morin, mais les montants sont quand même raisonnables.

Le gouvernement du Québec chiffre le coût de ce changement à 40 millions de dollars pour l’État; celui du Canada, à 210 millions.

Faites vos calculs!

L’avantage de cette méthode simplifiée, le nom le dit, c’est sa simplicité. La méthode détaillée, quelque peu complexe, pourrait néanmoins être plus avantageuse. L’Agence du revenu du Canada, qui sera très bientôt suivie par Revenu Québec, offre aux contribuables un calculateur pour comparer les méthodes en fonction des frais de bureau à domicile.

Luce Morin ne s’attendait pas à ce que les gouvernements offrent deux méthodes. Elle tablait plutôt sur une méthode simplifiée applicable à tout le monde. En laissant un choix entre les deux, il va falloir faire les deux calculs, souligne-t-elle. Pour nous, ça ne simplifie pas du tout les choses.

Parmi les dépenses admissibles : vos factures de loyer, d’électricité, d’Internet, de téléphone, de fournitures de bureau et de petits frais d’entretien résidentiels pourront être en partie déductibles. Dans la méthode détaillée, la valeur de ces frais doit être déterminée en fonction du pourcentage d’utilisation pour le travail par rapport à l’ensemble du domicile.

Les dépenses en capital comme un bureau ou une chaise ne peuvent toujours pas être déduites.

Dans le cas fictif d’un travailleur à revenu moyen utilisant le quart de son appartement locatif et la moitié de sa consommation d’Internet pour le travail, une déduction de près de 2000 $ est envisageable, donc bien plus que les 800 $ de la démarche simplifiée.

Scénario fictif d’un télétravailleur locataire

600 $ de loyer x 9 mois x 25 % = 1350 $

+ 70 $ d’électricité x 9 mois x 25 % = 157,50 $

+ 75 $ d’Internet* x 9 mois x 50 % = 337,50 $

= 1845 $ x 37 % (taux d’impôt marginal combiné)

= 682,65 $ de moins d’impôts à payer ou de remboursement

Les contribuables vont devoir regarder le calcul le plus avantageux pour eux, prévient Mme Morin.

La méthode détaillée vous impose toujours deux exigences importantes : avoir passé plus de 50 % de votre temps de travail à la maison pendant l’année et obtenir deux formulaires (T2200S au fédéral et TP-64.3 au provincial) remplis par votre employeur pour attester de vos dépenses.

Compte-tenu des circonstances exceptionnelles, Revenu Québec a prévu alléger le fardeau administratif des entreprises, indique son porte-parole Martin Croteau. Le TP-64.3 sera simplifié et un service en ligne permettra aux employeurs de produire à leur place le formulaire en requis.

La dernière enquête de la firme de ressources humaines ADP Canada, qui a mesuré l’état du télétravail tout au long de la pandémie, conclut que 46 % des travailleurs au Québec télétravaillaient au mois d’août et 13 % alternaient entre la maison et le bureau.

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