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La tricherie en hausse à l'Université de la Saskatchewan avec la pandémie

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une femme utilise un téléphone devant un clavier d'ordinateur portable.

Jay Wilson, un professeur de l'Université de la Saskatchewan, affirme qu'il y a beaucoup plus de cas de tricherie depuis le début de la pandémie.

Photo : Getty Images / vorDa

Un professeur de la Faculté d'éducation à l’Université de la Saskatchewan, Jay Wilson, a remarqué une « hausse considérable » de la tricherie parmi les étudiants de l’Université depuis qu'ils sont obligés de suivre leurs cours en ligne en raison de la COVID-19.

Le professeur croit par ailleurs qu’un ensemble de facteurs a contribué à cette augmentation du nombre de cas de tricherie. Il cite entre autres la pandémie en cours ainsi que l’utilisation de la technologie dans le milieu de l’enseignement.

Jay Wilson sourit à la caméra.

Jay Wilson dit observer une hausse importante de cas de tricherie depuis le début de la pandémie.

Photo : Fournie par Jay Wilson

Jay Wilson précise que la tricherie a toujours été présente dans le monde de l'éducation. Selon lui, la principale cause de la tricherie est l'obligation de réussir que ressentent les étudiants, et celle-ci peut provenir de leur famille ou d'eux-mêmes.

Nous remarquons donc, chez nos étudiants, des comportements similaires à auparavant. Par contre, nous le constatons désormais à une échelle que nous n’aurions jamais pu imaginer.

Jay Wilson, professeur à l’Université de la Saskatchewan

Un étudiant à l’École de commerce Edwards, à l’Université de la Saskatchewan, Ange Mununu, affirme que la tricherie est bel et bien présente au sein de son département.

Il raconte qu’un de ses enseignants a envoyé un courriel aux étudiants après un examen de mi-session pour les informer que des personnes se sont fait prendre à tricher grâce à des logiciels qui ont trouvé des similarités entre les réponses de certains étudiants.

Dans le courriel, l’enseignant demandaient aux étudiants coupables de le contacter afin de subir des conséquences moins sévères, relate Ange Mununu, qui ne sait pas combien d’étudiants étaient concernés.

Malgré tout, Ange Mununu affirme que les étudiants ont aussi reçu des avertissements de la part du département au cours de la session, dont un au début du mois de décembre, affirmant : Les membres de la communauté universitaire vont prendre des mesures fermes contre les étudiants qui ont violé ses principes scolaires.

Ange Mununu regarde attentivement la caméra.

Ange Mununu affirme que des étudiants ont été accusés d'avoir triché lors d'un examen de mi-session dans un de ses cours à l'École de commerce Edwards de l'Université de la Saskatchewan.

Photo : Fournie par Ange Mununu

Entre le 1er juillet 2019 et le 30 juin 2020, l'Université de la Saskatchewan a enregistré 91 allégations de tricherie, ce qui représente presque le double de l'année précédente.

Le nombre d'allégations va encore augmenter cette année , prévoit pour sa part la vice-rectrice de l'enseignement de l'Université de la Saskatchewan, Patti McDougall.

Nous avons toujours eu à faire au défi de la tricherie […] Ce défi a d'ailleurs pris de l'ampleur depuis qu'on est passé en mode virtuel, ajoute-t-elle.

Le même phénomène frappe la Polytechnique

Le phénomène de la tricherie est aussi bien visible à la Polytechnique de la Saskatchewan, selon Suzanne Desbiens, qui est étudiante en entrepreneuriat.

Cette dernière explique qu’une minorité des élèves vont par exemple utiliser les réseaux sociaux pour demander des réponses à leurs camarades lors des examens en mode virtuel. Il n’y a donc, selon elle, aucune façon pour les enseignants de contrôler ces choses.

Ça vient seulement d’une ou de deux personnes […], mais si j’ai un message et je ne réponds pas, je ne fais que l’ignorer, d’habitude, il va y avoir deux, trois, quatre, cinq autres messages jusqu’à ce que je dise : “S’il vous plaît, arrêtez!''

Suzanne Desbiens, étudiante à la Polytechnique de la Saskatchewan

Suzanne Desbiens souligne que l’établissement scolaire a tenté de trouver des solutions pour remédier à ce problème. Il a, par exemple, essayé le logiciel de télésurveillance Respondus pour avoir le contrôle sur les ordinateurs des étudiants. Une pratique à laquelle il a toutefois dû mettre fin après que des étudiants eurent été incapables d’accéder à leurs notes de façon légitime, car celles-ci se retrouvaient aussi en ligne.

Suzanne Desbiens sourit au journaliste.

Suzanne Desbiens affirme qu'il y a quelques étudiants qui lui demandent de leur donner des réponses à des questions pendant l'examen.

Photo : Radio-Canada

L’étudiante raconte que ses enseignants et le directeur de son département lui ont expliqué qu’ils font de leur mieux, mais qu'il y a une limite à ce qu’ils peuvent faire. Ils lui ont cependant affirmé que seuls les étudiants qui connaissent leur matière […] pourront terminer le cours.

Ils disent que […] ce sont les devoirs qui ont le plus de poids [dans la note finale]. L’examen n’est peut-être que 15 % de la note de cours, conclut Suzanne Desbiens.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, une porte-parole de la Polytechnique de la Saskatchewan affirme qu’elle utilise le logiciel Turnitin pour détecter le plagiat. Elle offre aussi un cours non crédité aux étudiants sur l’honnêteté dans les études. Ce cours est obligatoire dans certains programmes.

La porte-parole souligne par ailleurs que la Polytechnique préfère des démonstrations pratiques, des études de cas et des projets, car ce genre d’évaluation représente davantage l’approche d’apprentissage appliqué de l’établissement. Lorsqu’un examen est nécessaire, celui-ci prend la forme de questions à des réponses courtes et longues.

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