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Administration Biden : Buttigieg souligne la nature historique de sa nomination

Devant le drapeau américain et derrière un lutrin, Pete Buttigieg a pris la parole, sous le regard du président désigné Joe Biden.

Pete Buttigieg a lui-même insisté sur le précédent que créerait la confirmation de sa nomination au Cabinet.

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Le président désigné des États-Unis, Joe Biden, a formellement présenté, mercredi, celui qu'il a choisi comme secrétaire aux Transports : son ancien rival de l'investiture démocrate Pete Buttigieg. Il serait la première personne ouvertement gaie à siéger au sein d'un Cabinet américain après avoir vu sa nomination confirmée par le Sénat.

Aux bureaux de l'équipe de transition de Joe Biden, à Wilmington, au Delaware, l'ancien maire de South Bend, en Indiana, a lui-même souligné la nature historique de sa nomination.

Je suis également conscient du regard de l'histoire sur cette nomination, sachant que c'est la première fois qu'un président américain soumet la candidature d'un membre de la communauté LGBTQ à la confirmation du Sénat, a-t-il dit, y voyant un message porteur d'espoir.

Il avait été le premier candidat ouvertement gai à briguer sérieusement la présidence.

Un candidat à un poste d'ambassadeur nommé par Bill Clinton s'était vu refuser le poste par le Sénat en raison de son orientation sexuelle, a-t-il rappelé, soulignant que le jeune homme de 17 ans qu'il était alors avait appris les limites déterminant qui a droit d'avoir sa place.

Je ne peux m'empêcher de penser à un jeune de 17 ans, quelque part, qui nous regarde peut-être en ce moment, qui se demande s'il a une place dans le monde et où, ou s'il a même une place dans sa propre famille. Et je pense au message que l'annonce d'aujourd'hui lui envoie.

Une citation de :Pete Buttigieg, secrétaire désigné aux Transports

Richard Grenell, lui aussi homosexuel, a brièvement servi dans l'administration Trump comme directeur du Renseignement national, mais par intérim.

La nomination de Pete Buttigieg au sein du Cabinet était largement prévisible, mais il n'était pas pressenti à la tête du département des Transports.

Les sources des journalistes américains voyaient plutôt l'ancien réserviste de la Marine américaine, vétéran de la guerre en Afghanistan, aux commandes du département des Anciens combattants. Selon les médias, Pete Buttigieg, un polyglotte qui parle notamment le français, aurait souhaité le poste d'ambassadeur à l'ONU.

Certains avaient par ailleurs affirmé que Joe Biden considérait l'idée d'en faire l'ambassadeur des États-Unis en Chine.

Avec la nomination de M. Buttigieg, c'est la deuxième fois que M. Biden puise pour son administration dans le bassin de ses adversaires à l'investiture démocrate, après le choix de Kamala Harris comme colisitière.

Un rôle au cœur des priorités du président désigné

Blaguant sur l'importance qu'il accorde aux transports, Pete Buttigieg a indiqué qu'il avait demandé son conjoint en mariage à l'aéroport international O'Hare de Chicago.

En tant que secrétaire aux Transports, il hériterait d'un mandat articulé autour d'investissements massifs dans la construction d'infrastructures, sous le signe de la création d'emplois et de la lutte contre les changements climatiques, des enjeux au centre du programme politique de Joe Biden.

Nous avons choisi Pete pour les Transports parce que le département est à l'intersection de certains de nos plans les plus ambitieux, a d'ailleurs signalé le président désigné, ajoutant que le poste était essentiel à son engagement de reconstruire mieux, du nom de son programme de relance économique, qui est aussi le titre du site web de son équipe de transition.

Décochant une flèche à l'endroit du président sortant et insistant sur la nécessité d'obtenir des résultats, M. Buttigieg a évoqué la semaine des infrastructures, un projet lancé par Donald Trump et annoncé à répétition, mais qui n'a jamais abouti.

Le New York Times souligne que le département des Transports a également l'autorité pour réglementer les émissions de gaz à effet de serre des véhicules, la principale source de pollution responsable du réchauffement climatique au pays.

L'arrivée du jeune politicien à la tête du département se ferait dans un contexte où le secteur des transports a été durement touché par la pandémie. Selon le site Politico, Pete Buttigieg serait aussi responsable des efforts pour stopper la propagation du coronavirus dans les trains, les avions et les les autobus, probablement par l'imposition du port du masque.

Pendant la course à l'investiture démocrate, il avait mis de l'avant un ambitieux programme de développement des infrastructures fondé sur la création d'emplois, le développement communautaire et les énergies renouvelables.

Comme maire de South Bend, il avait par ailleurs inscrit la revitalisation de cette ville manufacturière et le réaménagement des corridors routiers au centre de son mandat.

Critiqué pour le nombre de membres de son Cabinet ayant fait partie de l'administration Obama, Joe Biden, qui a jusqu'ici misé sur l'expérience gouvernementale, a insisté sur le fait que M. Buttigieg était une nouvelle voix avec de nouvelles idées. Il est déterminé à tourner la page sur les anciennes façons de faire de la politique, a-t-il soutenu.

À 38 ans, celui qui était le plus jeune candidat de la course à l'investiture est désormais, du moins pour le moment, le benjamin du Cabinet proposé par Joe Biden. Il serait au deuxième rang dans l'histoire.

De South Bend à Washington

Étoile montante du Parti démocrate, le secrétaire aux Transports pressenti, surnommé le maire Pete, a fait du chemin depuis sa mairie de South Bend, une ville d'à peine 100 000 habitants.

Figure très peu connue au sein des rangs démocrates lors du lancement de sa candidature à l'investiture de la formation, il a rapidement gagné en notoriété et en popularité, éveillant une ferveur partisane et médiatique quasi spontanée.

Dans les premières semaines de la course, il s'était hissé dans le peloton de tête et avait même pris les devants pour le nombre de délégués après les caucus chaotiques de l'Iowa et la primaire du New Hampshire.

Deux jours avant les primaires du super mardi, il avait jeté l'éponge, conscient du peu d'appuis qu'il recueillait au sein des communautés ethniques, notamment afro-américaine, nécessaires à la victoire.

Son désistement et celui de la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar, deux modérés, ont ouvert la voie à la victoire de Joe Biden, les électeurs centristes se rangeant largement derrière lui.

Diplômé de Harvard avec distinction, lauréat de la prestigieuse bourse Rhodes de l’Université Oxford, au Royaume-Uni, le politicien devenu maire à 29 ans, que ses partisans présentent comme un surdoué, joue du piano et parle huit langues, dont l'arabe, l'espagnol, le dari et le norvégien qu’il a appris pour lire un auteur qu’il appréciait.

Déjà, en novembre 2016, l’ex-président Barack Obama le désignait parmi les espoirs démocrates de la relève.

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