•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ventilation et aérosols : toujours pas de recommandations

Très attendu dans les écoles et par les parents du Québec, mais politiquement sensible, le rapport du comité d'experts ne sera pas dévoilé avant janvier.

Une pile de livres sur un pupitre près de fenêtres dans une classe.

Nombre d'écoles n'ont pas de système de ventilation mécanique et ont entrepris d'ouvrir les fenêtres régulièrement pour aérer.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les experts mandatés par Québec ont terminé leur rapport scientifique sur la ventilation et les aérosols, a appris Radio-Canada, mais il faut maintenant que la direction nationale de la santé publique établisse avec eux des recommandations pour sa mise en œuvre.

Le 10 novembre, lorsque le ministre de la Santé, Christian Dubé, a annoncé la création d'un comité pour mettre à jour les connaissances sur le rôle de la ventilation et des aérosols dans la transmission de la COVID-19, il avait promis des « recommandations dans les meilleurs délais ».

Selon nos informations, la publication du bilan du rapport et des recommandations avait d'abord été envisagée pour la semaine dernière, puis pour cette semaine, avant d'être encore une fois reportée.

À l'heure actuelle, seul le rapport scientifique, avec la revue de littérature et les arguments scientifiques, est terminé.

L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui pilote le comité, indique que le bilan des travaux sera finalement rendu public « au début du mois de janvier », une information d'abord publiée par Le Devoir.

Une source à Québec indique que le dossier est sensible politiquement, surtout si les experts ne proposent rien de nouveau.

Des pays comme l'Allemagne ont déjà installé des purificateurs d'air dans les salles de classe pour empêcher la contamination par les microgouttelettes qui voyagent dans l'air.

Officiellement, le ministère de la Santé du Québec reconnaît « la possibilité d’une transmission aérienne ». Par contre, il considère « qu’il s’agit d'une transmission peu contributive ».

« Pas significative », a aussi déclaré le directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

Ils se basent sur le plus récent avis de l'INSPQ qui couvre la littérature scientifique en lien avec la pandémie publiée jusqu’au 28 juin 2020.

Nous avions fait des recommandations au printemps, mais les conditions ont changé.

Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec, le 10 novembre

Le 10 novembre, le ministre de la Santé avait « demandé au Dr Arruda et à l'INSPQ de revenir sur la décision, depuis que l'Organisation mondiale de la santé a annoncé [...] qu'il y a peut-être une portion plus importante de propagation [par aérosol] ».

Christian Dubé avait expliqué l'importance d'attendre les conclusions du comité d'experts, car ce dernier pourrait recommander la nécessité d'installer « des purificateurs d'air » ou de mettre en œuvre d'autres « mesures temporaires qui vont être sûrement dispendieuses ».

Quelques jours plus tôt, le 4 novembre, l'Agence de santé publique du Canada avait reconnu que la transmission par aérosols de la COVID-19 fait désormais partie des risques.

Délais inacceptables, selon l'opposition

« Les parents n’en peuvent plus d’attendre », dit Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire de Québec solidaire. « Ça fait un mois qu’on nous promet un rapport d’expert et il sera finalement déposé alors que les jeunes seront de retour dans les classes? Ça n’a aucun sens. »

Comment se fait-il que les autorités québécoises soient autant en retard par rapport au reste du monde? Pourquoi prendre une chance? On devrait appliquer le principe de précaution.

Une citation de :Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de Québec solidaire

La porte-parole du PQ en matière d'Éducation, Véronique Hivon, demande que le rapport scientifique soit rendu public, même s'il n'inclut pas encore les recommandations. « Le manque de transparence, pour une question de surcroît des plus importantes et discutée depuis des mois, est juste effarant. »

De son côté, la députée libérale Marwah Rizqy rappelle que des écoles anglophones et des écoles privées ont déjà commencé à s'équiper en purificateur d'air avec filtres HEPA, comme en Allemagne. Elle ironise : « pendant [ce temps], les écoles francophones publiques doivent encore patienter juste au cas que les règles de la physique soient différentes chez elles. »

Le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge n'a pas souhaité faire de commentaire.

En date du 15 décembre, les écoles du Québec dépassent les 5000 cas actifs parmi les élèves et le personnel. 1638 classes sont fermées, 135 de plus que la veille.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !