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Un petit peu du Québec dans les cartes marines internationales

Un ordinateur portable installé dans un bateau sur lequel on peut voir une carte marine.

Des pilotes effectuent des tests pour valider l'utilisation des données bathymétriques selon la nouvelle norme internationale S-102.

Photo : Crédit photo Capt. Pascal Rhéaume, Corporations des pilotes du Bas Saint-Laurent

Au Québec, la numérisation des cartes marines, un chantier entrepris il y a une quinzaine d'années, s'est terminée à la fin de 2020. Le travail se poursuit maintenant afin d’aider à développer des normes internationales.

Au cours des dernières années, l’équipe de l’Institut Maurice-Lamontagne a transformé 60 cartes marines de papier en cartes électroniques vectorielles.

Il s’agit d’un ouvrage collectif qui a demandé la collaboration de plusieurs services, dont la Garde côtière canadienne et Environnement Canada.

L’avantage de la technologie, maintenant entièrement disponible, est de permettre d’inclure sur la carte diverses informations comme les niveaux d’eau, les courants de surface et la bathymétrie.

Pour la navigation commerciale, de savoir c’est quoi les niveaux d’eau et les courants de surface, ça permet d’optimiser les couloirs de navigation, de savoir à quel moment les bateaux vont pouvoir passer sous le pont de Québec, illustre Claude Tremblay, directeur régional au Service hydrographique du Canada (SHC).

La bathymétrie a pour but de déterminer la configuration des fonds marins en mesurant la profondeur des eaux par sondage et traitement de données.

Une carte où on voit une montagne modélisée en trois dimensions.

Cette illustration du lit du fleuve montre le degré de détails que le SHC peut atteindre grâce aux sondeurs multifaisceaux dont sont équipés les navires.

Photo : Courtoisie : Service hydrographique du Canada (SHC)

Le chantier se poursuit désormais sur la scène internationale avec l’Organisation internationale hydrographique, basée à Monaco. On contribue, poursuit M. Tremblay, à peaufiner la norme de manière à rendre cela standard entre tous les pays. Un navigateur qui passe des États-Unis au Canada a la même façon de visualiser les données.

Pour cette partie du travail, le SHC collabore avec les pilotes du Saint-Laurent. Ils ont une expertise énorme. Il y a quelque chose du côté humain dans la prise de décision, dans la connaissance du milieu qui est extrêmement importante, relate Claude Tremblay.

Cette expertise est mise à contribution. Un projet est en cours pour intégrer les courants de surface et la bathymétrie en temps réel dans les instruments de navigation des pilotes. Ces échanges, souligne M. Tremblay, ont pour but d’améliorer la transmission de l’information.

Une carte électronique vectorielle des fonds marins avec sur la rive un quai.

Les cartes permettent de détecter des obstacles ou de mieux décrire la zone de navigation.

Photo : Courtoisie : Service hydrographique du Canada (SHC)

En effet, les normes internationales numériques de profondeur, de courant et de niveau d’eau sont en développement.

On est dans les premiers à intégrer cette nouvelle norme et à la modifier, donc on influence la norme internationale par des projets qu’on a ici sur le Saint-Laurent.

Claude Tremblay, directeur régional au Service hydrographique du Canada

Claude Tremblay donne l’exemple du courant de surface. La forme de la flèche, comment l’afficher, si c’est un courant de telle force, la couleur, la grandeur pour que les navigateurs d’un pays à l’autre n’aient pas à s’adapter, énumère-t-il.

Une navigation dynamique

Le Saint-Laurent est un endroit particulièrement intéressant pour tester ces éléments. C’est un milieu très dynamique. Il y a des courants forts, des hauts fonds, commente le directeur du SHC.

De plus, chaque année, d’avril à novembre, le SHC sonde le chenal de l’île d’Orléans jusqu’à Montréal afin d’assurer une navigation sécuritaire, malgré l’ensablement.

Le Jean Bourdon dans un chenal de navigation.

Le NHSC Jean Bourdon, un des deux nouveaux navires construits spécialement pour effectuer les sondages du chenal de navigation du Saint-Laurent entre le cap Tourmente et le port de Montréal.

Photo : Crédit photo Michel Rannou, SHC-MPO

Ces informations sont désormais intégrées de manière continue dans les cartes du SHC.

Les pilotes du Saint-Laurent ont d’ailleurs été invités à tester les données et à les expérimenter afin de déterminer ce qu’elles modifient dans leur travail. Ces expériences pourront être transposées à d’autres utilisateurs. Un logiciel a aussi été développé.

Un monde d’innovations

Pour Claude Tremblay, ce chantier de numérisation ouvre la porte sur un monde de recherche et de développement. Tout est à revoir, y compris les outils pour recueillir, colliger, gérer et traiter l’énorme volume de données. Il faut qu’on adapte notre capacité d’ingérer l’information et de la rendre accessible, souligne M. Tremblay.

En effet, si le SHC a effectué le travail de cartographie au Québec, ce n’est pas le cas partout au Canada. Avec ses trois océans, ses grands lacs et ses innombrables régions côtières, le chantier de la numérisation du Service hydrographique du Canada est gigantesque.

L’Arctique est également un immense défi. Pour collecter les données, le SHC se tourne vers une cueillette participative qui fait appel aux communautés autochtones. Les brise-glaces de la Garde côtière seront aussi mis à contribution.

Pierre-Alexandre Lalanne et son chien devant des écrans d'ordinateur où on voit des cartes marines.

La pandémie a permis au SHC d'innover en donnant la possibilité aux hydrographes, comme Pierre-Alexandre Lalanne, de traiter à distance les données recueillies par un navire sur la voie navigable du Saint-Laurent.

Photo : Courtoisie : Service hydrographique du Canada (SHC)

La pandémie a d’ailleurs permis au service d’innover et d’apprivoiser le travail à distance. Des hydrographes qui normalement embarquent sur le navire de sondage ont dû s’adapter et effectuer du travail à distance. Cette innovation subsistera, souligne le directeur régional du SHC.

Tout ce travail permet également au SHC de se préparer à la navigation autonome qui émerge un peu partout dans le monde, et dont le succès dépend des services hydrographiques appelés à se numériser, commente M. Tremblay.

D’autres domaines pourraient aussi profiter des nouveaux outils du SHC, comme l’aquaculture ou les énergies vertes, dont l’éolien ou l’énergie marémotrice.

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