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Fusion et pertes d’emplois : l’industrie du cannabis en mouvement

Une fleur d'un plant de marijuana médicinale de l'entreprise Aphria.

L'entreprise Aphria est située en Ontario, alors que Tilray a son siège social en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Pham

Les producteurs canadiens de cannabis Aphria et Tilray fusionnent pour devenir la plus importante compagnie dans le secteur en termes de revenus, alors que le producteur albertain Aurora fait face à une nouvelle restructuration.

La compagnie fusionnée continuera ses activités sous le nom de Tilray, l’entreprise établie à Nanaimo, en Colombie-Britannique. Les actionnaires de l’Ontarienne Aphria possèderont cependant environ 62 % de la nouvelle entité.

Leurs revenus combinés atteignent 874 millions de dollars, selon le communiqué. L’intégration des activités devrait leur permettre de réaliser 100 millions de dollars d’économie dans les deux premières années.

Le président-directeur général (PDG) d’Aphria Irwin Simon a toutefois souligné que la réduction de coûts et les économies d’échelles n’étaient pas les raisons principales pour la transaction.

C’est une histoire de croissance.

Une citation de :Irwin Simon, PDG d'Aphria

L’espoir d’une légalisation américaine et européenne

Aphria comme Tilray tentent de se faire connaître aux États-Unis dans l’espoir d’une légalisation fédérale du cannabis et de la possibilité d’exporter leurs produits canadiens au sud de la frontière.

L’entreprise fusionnée compte sur ses marques liées à la culture du cannabis, à savoir une filiale de boissons infusées et une autre de produits de chanvre.

Elle convoite également le marché européen. Aphria possède déjà un réseau de distribution en Allemagne alors que Tilray a une usine de production au Portugal.

En s’alliant, les deux entreprises souhaitent conquérir une part plus importante du marché du cannabis thérapeutique.

Le PDG de Tilray, Brendan Kenney, croit fermement à une légalisation prochaine de la marijuana récréative dans l’Union européenne.

La conquête du marché canadien

Au Canada, les deux entreprises combinées représentent presque 20 % du marché, ce qui fera de la nouvelle entité le chef de file national du cannabis.

L’objectif est, cependant, d’accroître cette part à 30 %, a indiqué M. Simon.

Selon M. Kennedy, Tilray pourra ainsi compter sur la popularité des produits Aphria en Ontario alors qu’elle-même est mieux établie au Québec.

Les plus petites entreprises vont avoir beaucoup plus de mal à être compétitives. Vont-elles pouvoir investir dans la marque et dans l’innovation? Vont-elles avoir assez d’employés pour démarcher les commerces? , a souligné M. Simon qui a ajouté que le Canada comptait 505 cultivateurs autorisés.

Une vague de restructurations attendue

L’analyste à Cannabis Benchmark Het Shah s’attendait ainsi à ce que le marché du cannabis se consolide d’abord par la disparition des petits producteurs.

Cette méga fusion va donner du fil à retordre aux petits cultivateurs parce qu’ils ne peuvent produire d’aussi grandes quantités à d’aussi bons prix. Les gros joueurs possèdent aussi les contrats de vente provinciaux et la force de leur marque , note-t-il.

L’analyste à Deloitte Canada Rishi Malkani ne se risque cependant pas à prédire à quoi va ressembler le paysage des producteurs de cannabis.

L’offre s’adapte encore à la demande et les consommateurs ne seront pas tous satisfaits par des fleurs produites à grande échelle, affirme-t-il.

La restructuration du marché ne le surprend toutefois pas. Le marché canadien a une surabondance de producteurs alors que la demande, notamment internationale, n’a pas grossi aussi rapidement qu’anticipé. C’est un fait connu depuis au moins un an , observe-t-il.

Selon lui, les joueurs se préparent également dans l’anticipation d’une plus grande ouverture du marché américain, ce qui conduira à plus de restructurations.

Réduction d’activités à Aurora

Un des producteurs qui semble avoir des difficultés à s’ajuster à ce marché en recomposition est l’entreprise albertaine Aurora.

Les nouvelles étaient beaucoup moins positives du côté du producteur albertain Aurora. Après des changements de direction, des pertes financières et des licenciements, le producteur d'Edmonton a annoncé le congédiement de plus de 200 employés.

Une usine de cannabis avec des rangées de plantes.

L'usine Aurora Sky de 74 000 mètres carrés devait produire, à terme, 100 000 kilogrammes de cannabis par an.

Photo : CBC / Travis McEwan

Les activités à son usine Aurora Sky, située au sud de la capitale albertaine, seront réduites de 75 % pour se concentrer sur la production de fleurs de meilleure qualité, ce qui correspond mieux à la demande du marché, a indiqué la compagnie dans son communiqué.

L’entreprise a aussi confirmé l’arrêt des activités dans son usine Aurora Sun, située dans le sud de l’Alberta.

Ces changements permettront à l'entreprise de poursuivre le marché international du cannabis médicinal, qui démontre une solide croissance.

Avec les informations de La Presse canadienne

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