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Des enfants de la DPJ dans une base de plein air, faute de familles

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Des enfants de la DPJ risquent de passer les fêtes dans des foyers de groupe temporaires parce qu'il y a un manque de familles d'accueil

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

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Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Devant une hausse marquée des signalements, un centre jeunesse bondé et un manque criant de familles d’accueil, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Mauricie-Centre-du-Québec a dû créer deux foyers de groupe temporaires dans un camp de plein air de Trois-Rivières.

Les chaises hautes, les biberons et les lits de bébés sont prêts. Le chalet Colibri, de la base de Plein Air Ville-Joie, sur la rive nord du lac Saint-Pierre, vient d’être réaménagé pour accueillir jusqu’à six bambins âgés de zéro à six ans. Les petits sont attendus d’une minute à l’autre.

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Du mobilier est transporté pour préparer l'arrivée des enfants

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Ça peut être dans trois minutes, comme cette nuit ou dans trois jours. On est prêts en tout temps à répondre aux urgences, explique le directeur adjoint à l’hébergement, la réadaptation et la délinquance, Mathieu Bédard.

Au sein de la DPJ depuis 22 ans, c’est la première fois que le gestionnaire est confronté à cette triste réalité.

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Pour Mathieu Bédard, la pandémie force l’adoption de mesures exceptionnelles, dont la création d’un foyer de groupe pour bébés.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

« C’est une grande exception que de devoir placer des bébés dans un contexte de foyer de groupe temporaire. Je n’ai jamais vu ça. On fait face à une très très grande croissance de la demande et l’on ne suffit pas. [...] La crise est très importante. »

— Une citation de  Mathieu Bédard, directeur adjoint à l’hébergement jeunesse, la réadaptation et la délinquance à la Direction de la protection de la jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Selon lui, la pandémie, qui exacerbe la détresse, explique l’augmentation fulgurante des signalements à la DPJ. Depuis le début de la deuxième vague de COVID-19, 200 signalements sont en attente d’être traités, uniquement en Mauricie et au Centre-du-Québec.

La crise touche tous les groupes d’âge. C’est vraiment une hausse très, très forte de la demande, et ce, selon toutes les strates d’âge. Ça va des bébés jusqu'aux adolescents.

Des éducateurs lèvent la main

À quelques mètres du Colibri, le chalet Ann McCormick, lui, est déjà occupé par des enfants de 6 à 12 ans, confiés à la DPJ. Une autre mesure exceptionnelle. Ils y sont depuis septembre. Certains risquent d’y passer les fêtes.

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Un poêle à bois et un sapin de Noël permettent aux enfants de la DPJ de se sentir un peu plus dans l’ambiance de Noël dans le chalet de la base Plein Air Ville-Joie.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Des éducateurs se relaient pour veiller sur eux, les transporter à l’école et les nourrir. La nuit, c’est un agent d’intervention qui monte la garde.

Nul doute que le cadre, en nature, au bord de l’eau avec une patinoire et une glissoire, est plus enchanteur que le centre jeunesse, tant pour eux que pour les jeunes.

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Un éducateur et deux enfants sur le bord du lac Saint-Pierre.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Les gens sont très volontaires, les gens lèvent la main, se réjouit leur patron, Mathieu Bédard.

Il ne cache cependant pas que ça ajoute de la pression sur le réseau. Le défi que ça amène, par la suite, pour nous, c’est de remplacer ces gens-là qu’on va dédier à ces enfants-là.

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Les enfants ont droit à des périodes de jeux électroniques.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Pour s’occuper des bébés, attendus sous peu, la tâche sera différente et beaucoup plus exigeante. Des défis logistiques supplémentaires s’ajouteront, dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre.

Une autre histoire malheureuse

Geneviève Rioux, présidente de la Fédération des familles d'accueil et des ressources intermédiaires du Québec (FFARIQ), est mère de 10 enfants, dont 3 ont moins de 3 ans.

Ce dont ils ont besoin [les enfants], ce sont des bras d’une maman. Ils ont besoin de bras, de réconfort, d’affection. Pas d’éducateurs qui vont faire chacun leur chiffre de 8 heures en alternance. [...] On a eu plusieurs histoires dans les dernières années. Cette histoire-là est aussi malheureuse.

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Geneviève Rioux accueille des enfants de la DPJ depuis plus de 15 ans

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Devant ce constat, la DPJ a récemment entrepris d’assouplir le processus permettant de devenir famille d'accueil. Par exemple, 6 références plutôt que 12 sont maintenant requises. Geneviève Rioux s'en inquiète.

« Les enfants qui arrivent ne sont pas plus faciles. [...] Ça ne me sécurise pas nécessairement qu’on me dise qu’on allège [le processus]. Est-ce que ça veut dire que ces gens-là n’ont pas pleinement conscience dans quoi ils s’embarquent? »

— Une citation de  Geneviève Rioux, présidente de la Fédération des familles d'accueil et des ressources intermédiaires du Québec

M. Bédard, lui, assure que le processus est tout aussi rigoureux et plus efficient. Il a bon espoir de pouvoir ainsi convaincre plus de familles, et, du même coup, atténuer la crise actuelle.

Pour devenir famille d'accueil en Mauricie et au Centre-du-Québec, consultez cette page du CIUSSS MCQ (Nouvelle fenêtre).

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