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Vol PS752 : l’Iran ne « devrait pas enquêter sur lui-même », selon le rapport Goodale

Le rapport de Ralph Goodale sur la tragédie du vol PS752 évoque « des indications d'incompétence, d'imprudence et de mépris pour la vie d’innocents ».

Des travailleurs du Croissant-Rouge vérifient les débris de l'avion PS752 d'Ukraine International Airlines.

Des travailleurs du Croissant-Rouge vérifient les débris de l'avion PS752 d'Ukraine International Airlines.

Photo : Reuters / Nazanin Tabatabaee/WANA

Radio-Canada

Ralph Goodale, conseiller spécial du premier ministre du Canada sur l'écrasement du vol PS752, a publié aujourd'hui un rapport selon lequel il ne faudrait pas laisser l'Iran se charger de l'enquête, puisque ce sont les actions de l'armée iranienne qui ont causé le crash meurtrier le 8 janvier 2020.

La partie responsable fait enquête sur elle-même, principalement en secret, ce qui n’inspire pas confiance, écrit l'ancien ministre fédéral Ralph Goodale.

Dans les circonstances de cette affaire, comme on le sait jusqu'à présent, il y a des signes d'incompétence, d'imprudence et de mépris pour la vie d’innocents.

Une citation de :Ralph Goodale, auteur du rapport

Les procédures internationales attribuent au pays où l'accident s'est produit une catastrophe aérienne la responsabilité d'enquêter. Ces règles créent un conflit d'intérêts dans les accidents liés à l'armée et n’offrent pas de garanties pour assurer leur indépendance, l'impartialité ou la légitimité, poursuit le rapport.

Cette situation mine la crédibilité de l’enquête et crée un sentiment d’impunité en ne répondant pas aux questions essentielles, peut-on lire.

Le conseiller évoque notamment le fait que l'Iran n'avait pas encore répondu aux questions posées par le Canada, y compris une question clé permettant de comprendre pourquoi l'espace aérien iranien avait été laissé ouvert la nuit où ses forces militaires ont tiré des missiles sur des sites américains en Irak.

Apprendre de ses erreurs

Le rapport de 74 pages de Ralph Goodale arrive à l'approche du premier anniversaire de la tragédie. Le 8 janvier 2020, l’avion de la compagnie Ukraine International Airlines avait été abattu par deux missiles sol-air tirés par les Gardiens de la révolution islamique iranienne.

L'attaque avait tué les 176 personnes à bord, dont la moitié étaient des citoyens canadiens ou des résidents permanents.

Ralph Goodale s'adresse aux médias.

Ralph Goodale

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Justin Trudeau avait nommé M. Goodale en mars pour superviser l'intervention du Canada, en mettant l'accent sur le sort des familles en deuil. Par le passé, le gouvernement fédéral a été accusé de ne pas en faire suffisamment pour les familles à la suite de la catastrophe d'Air India en 1985 et de l'écrasement du vol 302 d'Ethiopian Airlines l'an dernier.

Ralph Goodale a indiqué que l'enquête sur l'accident était complexe et difficile, en partie parce que le Canada n'a pas de relations diplomatiques avec l'Iran et que ce dernier est considéré dans la loi canadienne comme un État soutenant le terrorisme.

Un grand nombre de renseignements importants sur cet horrible événement demeurent inconnus du Canada, des autres nations membres du Groupe de coordination et des familles des victimes.

Une citation de :Ralph Goodale, auteur du rapport

Ce dernier en impute la responsabilité à Téhéran.

Le Canada a rejeté le rapport d'enquête intérimaire de l'Iran, qui affirme que les missiles n'ont pas été correctement réorientés après avoir été déplacés. Le gouvernement iranien clame en outre que les responsables de la batterie de missiles ne pouvaient pas communiquer avec leur centre de commandement.

Ils ont perçu le vol civil comme une menace et ont ouvert le feu à deux reprises sans obtenir l'approbation des hauts responsables. Six personnes en Iran ont été inculpées pour la destruction du vol PS752.

Le rapport de Goodale souligne que l'Iran n'a pas divulgué d'autres détails, y compris sur l’identité de ces personnes, ce qu’elles auraient fait, leur niveau de responsabilité, la preuve utilisée contre elles, la nature de leur défense et le processus judiciaire exact par lequel leur culpabilité ou innocence est ou sera déterminée.

M. Goodale critique également l'Iran pour le semestre perdu avant de pouvoir lire les enregistreurs de données de vol de la boîte noire, alors que, selon les conventions internationales, cela doit être fait sans délai.

Une main tient un cylindre identifié comme un enregistreur de vol, près d'une boîte.

Cette image diffusée en Iran montrerait l'enregistreur de vol d'une des deux boîtes noires du vol PS752 de la compagnie Ukraine International Airlines (UIA).

Photo : Reuters / IRIB via WANA

Recommandations au fédéral

Le rapport consacre un chapitre à la description de la réaction des fonctionnaires fédéraux en coulisses.

Plus tôt cette année, CBC News avait signalé que des proches des victimes, vivant au Canada, étaient la cible de menaces et d'intimidation de la part de Téhéran, parce qu’ils avaient critiqué le gouvernement iranien dans ce dossier.

Le rapport exhorte notamment la GRC et les agences de sécurité nationale à enquêter sur chaque cas de menaces et de harcèlement contre des Canadiens, et indique que les responsables devraient être poursuivis dans la pleine mesure permise par la loi.

Il contient aussi une liste de recommandations sur la façon dont, à l’avenir, le Canada devrait réagir à des événements qui font de nombreuses victimes.

Il s'agit notamment de mettre les besoins des familles au premier plan, de lutter contre la désinformation et la peur en organisant rapidement une réponse, en rassemblant promptement les faits pertinents.

Des gens déposent des bougies et des photos des victimes de l'accident sur les marches de l'Assemblée législative.

Plus de 30 Albertains ont trouvé la mort dans l'écrasement du vol PS752 en Iran.

Photo : Radio-Canada

L'aide pourrait aussi prendre la forme de services d'aide en santé mentale et en stress post-traumatique, ou de l'envoi de lettres de facilitation aux familles en attendant les actes de décès, afin de simplifier les démarches administratives des proches des victimes.

M. Goodale évoque également l'idée de créer un centre national d'expertise pour aider les forces de l'ordre et le gouvernement à développer et à coordonner leur capacité à se préparer à des événements faisant de nombreuses victimes canadiennes.

Réaction du gouvernement

Les conclusions du rapport seront utilisées pour établir des pratiques exemplaires quant à la façon de réagir aux futures catastrophes aériennes internationales, ont affirmé dans un communiqué de presse commun le premier ministre, Justin Trudeau, le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, et le ministre des Transports, Marc Garneau.

De plus, le rapport met en lumière l'importance d'accorder une attention particulière aux besoins des familles des victimes de tragédies aériennes, mentionne le communiqué, qui indique que le gouvernement du Canada donnera suite aux recommandations du rapport et qu’il continue de travailler avec ses partenaires afin de faire la lumière sur la tragédie.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

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