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Il y a seulement trois hôpitaux pour 1,4 million de personnes dans la région de Peel

Un bâtiment derrière des arbustes.

L'Hôpital civique de Brampton, le seul de la municipalité de 600 000 habitants.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Dans la région de Peel, l’un des épicentres de la pandémie de COVID-19 au Canada, il n’y a que trois hôpitaux pour desservir plus d'un million de personnes. La communauté réclame plus d’infrastructures en santé depuis des années. Un autre exemple d’un problème exacerbé par la pandémie.

La ville de Brampton, située dans la région de Peel, représente un exemple parfait de ce qu’on appelle « la médecine de couloir ».

Un seul hôpital dessert cette ville d'environ 600 000 habitants qui se développe rapidement et dont la population continue de s'accroître. À titre de comparaison, la ville de Québec, qui a une population semblable à Brampton, compte huit hôpitaux.

Avec la pandémie, où est-ce qu’on est censés envoyer les gens si l’hôpital est plein?, demande Jamie-Lee Ball, qui a grandi et vit à Brampton.

Un grand bâtiment derrière un stationnement.

L'hôpital civique de Brampton. Vue du stationnement près de l'urgence.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

En 2017, Jamie-Lee Ball s’est rendue à l'urgence pour une douleur abdominale intense, éprouvant les symptômes d’une hémorragie interne.

Durant les cinq jours qu’elle a passés à l'hôpital, le personnel n'a jamais réussi à lui trouver un lit. Elle a souffert sur une civière, au milieu de la cohue. Elle décrit ce moment comme l’une des pires souffrances qu'elle ait endurées dans sa vie.

Quelques années plus tard, l’offre en services de santé est semblable à Brampton. C’est alarmant, parce que les problèmes de 2017 n’ont pas été résolus. C’est même encore pire à cause de la pandémie, estime Mme Ball.

Épicentre de la pandémie

Brampton est devenue l'une des villes canadiennes avec le plus haut taux de transmission de la COVID-19.

Plusieurs raisons expliquent cette situation, car Brampton compte :

  • de nombreux travailleurs essentiels, comme des camionneurs
  • le plus grand centre de distribution Amazon du Canada

Sans parler de la démographie particulière de la ville, qui compte des personnes originaires de communautés culturelles diverses dans lesquelles les ménages intergénérationnels sont communs.

Bref, la pandémie a augmenté la pression sur un système de santé déjà surchargé.

Durant l’automne, la santé publique de Peel a annoncé qu’elle devait transférer des patients dans d’autres régions faute d’espace en raison de la COVID-19.

Ce n’est pas un problème nouveau, indique d’emblée le maire de Brampton Patrick Brown. Le politicien en a fait son cheval de bataille pour sa ville.

En janvier, le conseil municipal a déclaré l’état d’urgence sanitaire, avant même la pandémie, en raison du manque de lits de la région.

Patrick Brown devant l'hôtel de ville de Brampton répond aux questions d'un journaliste.

Patrick Brown, maire de Brampton.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Depuis, Patrick Brown n’hésite pas à fustiger le gouvernement provincial pour l’état du système hospitalier de Brampton.

Honnêtement, c’est un échec de tous les partis politiques provinciaux, affirme l’ancien chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario.

On est une région sous-financée en matière de santé, souligne M. Brown.

Dans un document de la municipalité (Nouvelle fenêtre), on peut lire que le nombre de lits hospitaliers de la région équivaut à moins de la moitié de la moyenne provinciale.

Aucune population de cette taille a aussi peu d’investissements en matière de santé, résume Patrick Brown.

On voit une grue devant un immeuble avec des ouvriers qui s'affairent sur un chantier de construction.

La ville de Brampton fait partie de ces communautés en constante croissance.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Problèmes de capacité qui perdurent

Au fil des ans, plusieurs reportages ont démontré que le service des urgences de l’hôpital de Brampton fonctionnait à pleine régime plusieurs mois chaque année.

Il s’agit d’une des unités d’urgence les plus occupées en Ontario.

Selon une enquête de CBC News (Nouvelle fenêtre), des milliers de patients ont ainsi été soignés dans les couloirs de l’hôpital civique de Brampton en 2016 et 2017, faute d’espace.

Pour la députée néo-démocrate Sara Singh, qui est née et qui a grandi à Brampton, les gouvernements se succèdent sans investissements significatifs pour régler cet enjeu.

C’est très inquiétant, parce que notre communauté grandit rapidement, sans que les services de santé ne suivent, dit la députée de Brampton-Centre.

Sara Singh répond aux questions d'un journaliste devant le centre de soins urgents de Brampton.

Sara Singh est députée néo-démocrate de Brampton Centre.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Mme Singh dit même qu’elle s’est lancée en politique notamment à cause du manque de services en santé de sa région.

On a besoin de vrais investissements. On a assez des promesses vides du gouvernement, indique-t-elle.

Plus d'investissements à venir

Le ministère de la Santé de l'Ontario indique que la région de Brampton devrait bénéficier d’une mise à jour de l’allocation du financement des hôpitaux situés dans des régions en plein développement. 

Le porte-parole du ministère ajoute néanmoins qu’à ce jour, aucune proposition concernant un nouvel hôpital à Brampton n'a été soumise pour examen.

Seulement trois hôpitaux, mais aussi d'autres infrastructures

Il faut toutefois souligner que la région de Peel possède quelques centres de soins urgents.

Depuis quelques années, il y en a un à Brampton. Les services qu'on peut y recevoir sont toutefois limités; le centre ferme ses portes en soirée et ne dispose d'aucun lit.

À défaut d'un deuxième hôpital, des élus locaux aimeraient au moins voir des investissements dans le centre de soins urgents.

Les deux autres hôpitaux de la région de Peel sont situés à Mississauga.

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