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Commission de vérité et réconciliation : toujours urgent d'agir, cinq ans plus tard

Les anciens commissaires retirent une couverture et dévoilent des livres et des documents sur une table.

Environ 6000 jeunes Autochtones sont morts dans les pensionnats, selon le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation (archives).

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Cinq ans après la publication du rapport de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) du Canada sur les pensionnats autochtones, les commissaires rappellent l’urgence de mettre en oeuvre ses recommandations.

La CVR du Canada, qui a été créée en 2008, a publié son rapport final et ses 94 recommandations le 15 décembre 2015.

Le Centre national pour la vérité et réconciliation (CNVR) a tenu, mardi, une conférence de presse en présence des anciens commissaires Murray Sinclair, Wilton Littlechild et Marie Wilson, pour faire un bilan.

Invitée à l’émission Le 6 à 9, l’ancienne commissaire Mary Wilson souligne que le cinquième anniversaire du dépôt final du rapport est une occasion d'appuyer sur pause, pour voir où nous sommes rendus, si on a fait du progrès.

Mme Wilson explique que certains aspects fondamentaux doivent toujours être mis en place, en rappelant que les recommandations n’ont pas toutes été appliquées.

Elle souligne l'urgence de la création d’un conseil national de réconciliation pour surveiller les activités du gouvernement fédéral.

Avec la création de ce conseil, le premier ministre serait obligé d’offrir des comptes rendus chaque année. Ce sont les recommandations de 53 à 56 du rapport. Mais ce conseil n’a toujours pas été créé. J’encourage les gens à aller voir les députés qui les représentent et leur demander où en est ce conseil, dit Mary Wilson.

Les séquelles des pensionnats

Les enfants des Premières Nations ont été enlevés de force à leurs parents et à leurs communautés pour être placés dans des pensionnats. La Commission a interrogé près de 7000 survivants de partout au Canada, documentant ainsi une histoire sombre et douloureuse.

Selon le président de la Commission et aujourd'hui sénateur, Murray Sinclair, les survivants ont parlé de ce qu'ils avaient vécu dans l’espoir de voir des changements au pays.

Les survivants recherchaient quelqu’un qui pouvait prendre l’histoire au sérieux, quelqu’un qui aurait pu commencer à faire quelque chose. Ce n’est pas seulement au sujet des pensionnats autochtones, c’est aussi au sujet de l’impact de ces pensionnats, explique Murray Sinclair.

Murray Sinclair au Sénat.

Le sénateur Murray Sinclair demande aux gouvernements et aux Canadiens de renouveler leurs engagements envers la réconciliation.

Photo : The Canadian Press / Fred Chartrand

Murray Sinclair affirme que le gouvernement a encore du chemin à faire quant à la mise en place des recommandations.

Le premier ministre Justin Trudeau admet lui aussi qu'il reste du travail à faire dans une publication sur Twitter.

Le problème, selon Mary Wilson, c’est de voir une remise en cause des acquis d’un gouvernement à l’autre. La réconciliation, ce n’est pas une question partisane.

La réconciliation, une réflexion individuelle

Murray Sinclair reconnaît que les Canadiens sont de plus en plus conscients de l'histoire des pensionnats autochtones.

Mary Wilson espère de son côté que les gens se questionnent davantage : Est-ce qu’il y a des Autochtones qui travaillent avec moi? Est-ce qu’il y a des actions que je peux entreprendre? On peut se poser la question dans n’importe quel secteur de la société.

Des dizaines de milliers d’enfants autochtones ont été victimes de violences physiques et sexuelles dans les pensionnats. Environ 6000 d’entre eux sont morts à la suite de maladies et de malnutrition, selon le rapport final de la Commission.

Avec les informations de Patricia Bitu Tshikudi, de Lenard Monkman et de CBC/Radio-Canada

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