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Peter Nygard comparaît en vue d’une éventuelle extradition aux États-Unis

Peter Nygard près d’une têtes de lion surdimensionnées

Le milliardaire Peter Nygard en juillet 2015 près d’une de ses têtes de lion surdimensionnées à Nygard Cay aux Bahamas. La photo a été prise pour magazine Vanity Fair Magazine.

Photo : Jonathan Becker / traitée par Getty Images

Arrêté lundi à Winnipeg, le magnat canadien de la mode Peter Nygard, qui fait face à des allégations de viol, a comparu brièvement mardi après-midi devant un tribunal en vue d’une éventuelle extradition vers les États-Unis.

La Gendarmerie royale du Canada a confirmé, mardi en début d’après-midi, l’arrestation de M. Nygard pour répondre d’accusations portées à la suite d’une enquête du FBI et du Service de police de la Ville de New York.

Peter Nygard fait l'objet d'une enquête pour des allégations d'agressions sexuelles à Winnipeg, aux États-Unis et aux Bahamas. Le FBI a effectué une descente dans ses bureaux de New York et de Los Angeles au mois de février.

Au total, 57 femmes se sont jointes à une action collective en justice, déposée à New York, accusant le magnat de la mode de viol, d’agression sexuelle et de trafic d’être humain.

La police de Winnipeg, elle, a indiqué dans un courriel qu’elle n’a pas déposé d'accusations contre M. Nygard pour le moment.

Accusations déposées aux États-Unis

Dans un communiqué de presse publié mardi matin, le bureau du procureur des États-Unis pour le district sud de New York indique que neuf chefs d’accusation ont été déposés contre Peter Nygard, dont ceux de racket et de trafic sexuel.

Les autorités judiciaires américaines ajoutent que ces accusations impliquent au moins une douzaine de victimes aux États-Unis, aux Bahamas et au Canada, entre autres.

Le communiqué poursuit en alléguant que, pendant 25 ans, Peter Nygard a utilisé l’influence de son entreprise, ainsi que ses employés et ses fonds, pour recruter et utiliser des femmes et des filles pour son plaisir sexuel, le plaisir de ses amis et de ses associés en affaires.

Les autorités judiciaires précisent toutefois qu’aucune des allégations n’a été prouvée devant un tribunal.

Début d’un procès en vue d’une possible extradition

Peter Nygard a comparu brièvement en personne mardi après-midi dans un tribunal de Winnipeg. Il est apparu portant un masque et les cheveux longs attachés en chignon. Il avait les mains et les pieds menottés et portait un haut gris et un pantalon de sport.

Son avocat, Jay Prober, est, lui, intervenu par téléconférence. À cause des restrictions sanitaires en vigueur au Manitoba en raison de la COVID-19, la place dans la salle d’audience était limitée.

Jay Prober a demandé une ordonnance de non-publication. L’avocat de la Couronne, Scott Farlinger, s’est opposé à cette demande, arguant qu’une telle ordonnance, qui protège le droit d’un accusé à avoir un procès juste et équitable, ne s’applique pas dans ce cas, puisque le procès aura lieu aux États-Unis.

Un dessin de M. Nygard.

Un croquis de Peter Nygard à une audience pour son procès en vue d'une potentielle extradition vers les États-Unis tenu à Winnipeg le 15 décembre 2020.

Photo : Radio-Canada / James Culleton

Il a aussi souligné le fait que les accusations sont déjà détaillées dans le communiqué du bureau du procureur des États-Unis pour le district sud de New York.

Le juge Sheldon Lanchbery a suspendu le procès pendant une vingtaine de minutes pour examiner les arguments des deux parties.

Après la pause, un avocat de CBC/Radio-Canada s’est joint par téléphone au procès pour contester la demande de l’avocat de Peter Nygard. Finalement, le juge Sheldon Lanchbery a rejeté la demande d’ordonnance de non-publication.

Il a estimé qu’une cour transparente était importante et qu'il n'y avait aucune preuve qu'une publicisation supplémentaire de cette affaire aurait un impact sur le droit de Peter Nygard à un procès équitable aux États-Unis.

Le magnat canadien de la mode restera en détention à Winnipeg jusqu’à sa prochaine comparution, fixée au 13 janvier. Son avocat a indiqué qu’il fera une demande de remise en liberté sous caution avant cette date.

Les victimes attendent ce jour depuis longtemps

Les victimes dans ce dossier attendent ce jour depuis longtemps, déclare l’une des avocats représentant les victimes présumées qui poursuivent Peter Nygard pour viol et agression sexuelle, Lisa Haba.

Son arrestation est le prochain chapitre où ses complices et lui devront rendre des comptes pour les crimes innommables présumés qu’ils auraient perpétrés pendant des décennies contre des femmes et des enfants. Nous continuerons à demander que justice soit faite.

Au nom des dizaines de victimes d’abus depuis plusieurs décennies, nous sommes heureux que ces mesures judiciaires concernant Peter Nygard arrivent enfin, a ajouté Greg Gutzler, qui est un autre avocat représentant des victimes présumées de M. Nygard.

Nous sommes soulagés de savoir que certaines mesures seront très bientôt prises pour l'obliger à rendre des comptes, mais nous nous en voudrions de ne pas déclarer que cela aurait dû être fait il y a des décennies.

Peter Nygard est âgé de 79 ans. Dans le passé, ses entreprises de prêt-à-porter valaient des centaines de millions de dollars, et il a souvent été classé parmi les Canadiens les plus riches.

Son empire comprend un palace immobilier aux Bahamas et des centres administratifs et de productions à Winnipeg, à Toronto, à Los Angeles et un siège social à New York.

Il a toujours nié les allégations contre lui, et aucune d’entre elles n’a été prouvée devant un tribunal. Il a toujours qualifié ces allégations de mensongères.

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