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Les actionnaires de Transat disent oui à l'offre d'Air Canada

Il y avait une autre offre d'achat, dont les détails n'ont pas été présentés par le comité spécial du voyagiste québécois.

Des avions d'Air Transat sont garés sur le tarmac.

La société mère d'Air Transat pourra compléter sa prise de contrôle par Air Canada.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La Presse canadienne

Les actionnaires de Transat A.T. ont donné leur feu vert à la proposition révisée d'Air Canada sans toutefois connaître les détails d'une offre concurrente que le comité spécial du voyagiste québécois n'a pas jugé nécessaire de leur présenter.

À la suite de l'assemblée extraordinaire, mardi, où l'arrangement révisé à la baisse à environ 190 millions de dollars, ou 5 $ par action, a obtenu 91,05 % d'appuis, la direction de la société mère d'Air Transat s'est défendue d'avoir manqué de transparence en ne divulguant pas toutes les informations à ses porteurs de titres.

Nous avons reçu une proposition il y a de cela quelques semaines, nous l'avons étudiée [...] de long en large, a dit le président et chef de la direction de Transat A.T., Jean-Marc Eustache, au cours d'une conférence téléphonique. Nous avons fait cela d'une façon ouverte et sérieuse.

La nouvelle a néanmoins fait bondir le cours de l'action du voyagiste à la Bourse de Toronto, où elle prenait, mardi après-midi, 10,6 %, ou 56 cents, pour se négocier à 5,85 $.

Moins d'une heure avant l'assemblée virtuelle, Transat A.T. avait annoncé la réception, à la fin novembre, d'une proposition non sollicitée, en expliquant qu'elle ne constituait pas une proposition supérieure selon les modalités de son arrangement avec Air Canada. L'offre répond au prix minimal de 6 $ par action. De plus, puisque cet investisseur n'est pas un joueur de l'industrie aérienne et dans le secteur du tourisme, il n'y aurait pas d'obstacles majeurs en matière de concurrence.

Peu de détails

L'identité du prétendant n'a pas été précisée, mais l'homme d'affaires et actionnaire de contrôle de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a déjà publiquement dit suivre de près le dossier et que juridiquement il ne pouvait pas commenter.

Jusqu'à la dernière minute, nous avons travaillé de façon sereine et responsable, a affirmé M. Eustache, en évoquant des réunions du comité spécial et du conseil d'administration qui se sont terminées tard, lundi. Le conseil a décidé que cette proposition n'était pas supérieure et que nous ne pourrions l'accepter.

Néanmoins, l'expert-conseil en gouvernance Michel Nadeau a estimé qu'il était inusité pour les actionnaires de Transat A.T. de voter une nouvelle fois sur une proposition d'achat sans connaître les détails d'une offre qui a également été évaluée par la compagnie.

Au cours d'un entretien téléphonique, il a souligné que la notion de proposition supérieure était très subjective et qu'elle pouvait inclure de nombreux critères.

C'est pour cela que je suis étonné que l'arrangement entre Transat et Air Canada prévoie qu'on ne divulgue pas des informations majeures comme cela aux actionnaires, a dit M. Nadeau. Je pense que les actionnaires auraient pu évaluer eux-mêmes les offres.

Des options

Air Canada propose 5 $ pour chacune des actions de la société mère de Transat A.T. Les actionnaires du voyagiste peuvent également choisir d'obtenir 0,2862 action de la plus grande société aérienne au pays. Lundi soir, cette option était évaluée à 7,47 $ pour chacune de leurs actions. L'offre précédente était de 18 $ par action dans le cadre d'une offre évaluée à 720 millions de dollars, mais celle-ci avait été révisée à la baisse dans la foulée de la crise provoquée par la pandémie de COVID-19.

Advenant un échec de la transaction avec Air Canada, Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, s'attend à ce que le fonds d'investissement torontois Onex, désormais propriétaire de WestJet, s'intéresse à la société québécoise.

Nous croyons donc que cette autre offre est importante puisqu'elle pourrait amener un certain soutien aux actions de Transat si la transaction avec Air Canada n'obtient pas les approbations des autorités réglementaires, a écrit l'analyste dans une note envoyée à ses clients.

Si la transaction avec Air Canada devait avorter, M. Eustache a dit s'attendre à ce que Transat A.T. soit en mesure de survivre, mais celle-ci aurait besoin de 500 millions de dollars pour être en mesure de poursuivre ses activités l'an prochain.

De plus, elle aura besoin d'un partenaire.

Cela fait 10 ans que Transat ne fait plus d'argent l'hiver, a lancé M. Eustache. Cela fait 10 ans qu'elle fait de l'argent un été sur deux. On pouvait s'imaginer qu'elle avait besoin d'une alliance forte avec quelqu'un de bien installé [dans l'industrie]. C'est fini d'être seul.

La transaction proposée avec Air Canada doit toujours obtenir l'aval des autorités réglementaires au Canada ainsi qu'en Europe. La Commission européenne devrait se prononcer vers le 9 février. On ignore quand Transport Canada fera connaître sa décision.

Selon M. Eustache, le processus devrait s'accélérer, puisque les actionnaires se sont à nouveau prononcés en faveur de la transaction.

La date butoir entourant la vente de Transat A.T. a été fixée au 15 février.

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