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La nation crie veut construire une voie ferrée entre Matagami et Kuujjuarapik

La voie ferrée en Gaspésie.

La première phase, soit de Matagami jusqu’au kilomètre 257, pourrait être réalisée d’ici quatre à cinq ans.

Photo : Radio-Canada / Sylvie Aubut

La nation crie souhaite construire une voie ferrée d’environ 750 kilomètres qui relierait Matagami aux communautés de Whapmagoostui et de Kuujjuarapik.

Un projet qui se veut ambitieux et visionnaire, selon le président-directeur général de la Société du Plan Nord (SPN), et qui serait réalisé en trois phases.

Il y a un gros entonnoir qui s’en vient, surtout au niveau du transport [sur la route de la Baie-James], fait valoir Me Paul John Murdoch, le secrétaire du Grand Conseil des Cris.

Le développement nordique des dernières années a fait réfléchir les Cris et c’est ainsi qu’est venue l’idée d’une voie ferroviaire pour la première fois, il y a plus de trois ans.

Si on ne réfléchit pas à la gestion du futur trafic potentiel, ça va causer énormément de problèmes pour la faune, l’environnement et le milieu, ajoute-t-il, toujours en faisant référence au camionnage sur la route de la Baie-James, récemment rebaptisée route Billy-Diamond.

Les minières en profiteront, assure Me Murdoch

Si jamais il y a un chemin de fer, ça va régler les problèmes de l’industrie minière et un paquet de projets vont devenir faisables le lendemain, ça c’est garanti, estime Me Murdoch.

Un avocat pose dans l'entrée du cabinet Murdoch Archambault.

L'avocat Paul John Murdoch (archives)

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Le financement devrait être réparti entre les gouvernements cri, québécois et canadien, mais l’industrie minière devra contribuer, soutient cet avocat basé à Wemindji.

L’accès au territoire est toujours l’un des aspects les plus importants lorsque vient le temps d’analyser la faisabilité d’un projet minier. Tu regardes le développement minier dans n’importe quelle région, c’est l’existence d’une infrastructure qui rend le projet réalisable, pas l’existence de la ressource, mentionne Me Murdoch.

Le président-directeur général de la Société du Plan Nord, Patrick Beauchesne, précise que les projets de la Grande Alliance s’arriment bien avec le Plan québécois pour la valorisation des minéraux critiques et stratégiques.

Ces minéraux comprennent tout ce qui touche l'accumulation d’énergie, comme le cobalt, le graphite, le lithium. C’est la ressource naturelle dont nous avons besoin pour prendre le virage vert et réduire nos GES. La Grande Alliance souhaite offrir du développement de la bonne façon avec une vision stratégique et l’un des aspects stratégiques est l’accès au territoire, explique le dirigeant de la SPN.

Le nouveau président-directeur général, Patrick Beauchesne.

Le nouveau président-directeur général de la SPN, Patrick Beauchesne, est en poste depuis le 13 novembre 2019.

Photo : Courtoisie / Société du Plan Nord

Le président-directeur général de la Société autochtone de développement de la Baie-James, Davey Bobbish, indique que l’étude de faisabilité devrait débuter cet hiver. Les communautés cries seront les premières consultées.

Ce qui est différent dans ce projet est qu’avant même d’avoir un promoteur et de discuter de design, de gestion et de conception, on se demande que pouvons-nous faire pour accommoder les communautés, parce qu’on sait que ça va aider l’industrie, mais l’industrie vient en deuxième cette fois, ajoute Me John Paul Murdoch.

Lorsque l’on fait des infrastructures, c’est toujours conçu pour l’industrie et en deuxième, troisième, ou à la fin, on pense aux communautés. Là, c’est l’inverse, poursuit-il.

Après l’étude de faisabilité, un processus d’évaluation des répercussions sur l’environnement devra être fait, conformément à l’article 22 de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois.

M. Bobbish estime que la première phase, soit de Matagami jusqu’au kilomètre 257, pourrait être réalisée d’ici quatre à cinq ans.

Un projet au sein de la Grande Alliance

Ce projet dont la valeur est estimée à 5 milliards de dollars et qui pourrait prendre 30 ans à se réaliser, s’inscrit au sein de l'entente de la Grande Alliance, une entente de collaboration socio-économique qui lie les gouvernements cri et québécois.

Le premier ministre François Legault appuie le projet, lui qui a signé le 17 février dernier avec le chef du gouvernement cri, Abel Bosum.

Abel Bosum parle à côté de François Legault.

Le grand chef Abel Bosum en compagnie du premier ministre François Legault (archives)

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La Grande Alliance ne s’intéresse pas uniquement au développement des infrastructures routières et ferroviaires, des discussions seront également entreprises sur les aires protégées, le réseau de distribution électrique ainsi que la priorisation des minéraux critiques et stratégiques.

Plusieurs ministères sont impliqués dans ces discussions, dont les ministères des Transports, de l’Énergie et des Ressources naturelles et de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Questionné sur le sujet, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles a qualifié le projet de très intéressant, tout en rappelant que le projet avait émergé des Premières Nations.

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