•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

États-Unis : le procureur général Bill Barr quittera ses fonctions

Bill Barr, regardant vers la gauche, assis, devant un drapeau américain.

Les démocrates ont souvent reproché à Bill Barr de se comporter comme s'il était l'avocat du président.

Photo : Reuters / ELIJAH NOUVELAGE

À moins de six semaines de l'investiture de son successeur, le président américain, Donald Trump, a annoncé lundi sur Twitter le départ prochain du procureur général Bill Barr, qui a été l'un de ses alliés les plus loyaux.

La nouvelle, tombée quelques minutes après que le vote des grands électeurs eut confirmé la victoire de Joe Biden, n'est cependant pas une surprise. Depuis plusieurs jours, les sources de plusieurs médias américains laissaient présager une démission ou un congédiement imminent.

Il semble que l'homme de confiance du président soit tombé en disgrâce après certains événements, notamment après une entrevue qu'il a accordée à l'agence Associated Press il y a deux semaines.

Contredisant pour une rare fois le président américain, Bill Barr avait alors indiqué que son département n'avait pas découvert de preuve de fraudes électorales généralisées susceptibles de modifier les résultats.

Une déclaration qui, selon les médias américains, avait suscité l'ire du président, qui ne s'était pas gêné pour critiquer publiquement son allié, tout comme certains commentateurs de droite.

Nos relations ont été très bonnes, il a fait un travail remarquable!, a cependant écrit Donald Trump lundi, dans le tweet annonçant son départ.

Il a en outre précisé que le procureur général adjoint, Jeff Rosen, prendrait les rênes du département de la Justice.

Des éloges

Dans une lettre rendue publique par le président, Bill Barr a spécifié qu'il quitterait ses fonctions le 23 décembre.

Adoptant un ton résolument élogieux, il a en outre vanté les réalisations sans précédent du président Trump et son bilan historique, critiquant au passage les démocrates et leur résistance implacable.

Aucune tactique, aussi abusive et trompeuse fut-elle, n'était hors limite, affirme celui que les démocrates ont accusé de se comporter en avocat personnel du président plutôt que comme procureur général.

Le point culminant de cette campagne a été l'effort pour paralyser, sinon évincer, votre administration par des accusations frénétiques et sans fondement de collusion avec la Russie, ajoute-t-il au sujet de l'enquête sur l'ingérence de la Russie dans l'élection présidentielle de 2016 et sur un éventuel complot entre Moscou et l'équipe de campagne de M. Trump.

Après un bref intérim assuré par Matthew Whitaker­, Bill Barr avait succédé à Jeff Sessions, congédié sans ménagement en novembre 2019 par Donald Trump, qui l'avait publiquement accablé de critiques, voire humilié pendant des mois, justement en raison de sa décision de se récuser de l'enquête sur la Russie.

Sortie de piste d'un allié précieux

Les démocrates, mais aussi d'anciens employés du département d'État, ont souvent accusé Bill Barr d'avoir politisé le département de la Justice depuis son arrivée en poste, en février 2019.

Au printemps 2019, les démocrates lui avaient en outre reproché d'avoir présenté une version trompeuse des conclusions du rapport Mueller sur la Russie, et réclamaient même sa démission.

Le procureur spécial Robert Mueller avait lui-même exprimé sa frustration quant à la façon dont M. Barr avait présenté les conclusions de son rapport.

Au cours des derniers mois, Bill Barr est en outre intervenu dans les dossiers de deux collaborateurs du président Trump.

Il a ainsi recommandé pour Roger Stone, un conseiller et ami de longue date de Donald Trump, une peine moins lourde que celle réclamée initialement par l'équipe de procureurs chargés du dossier.

Il a aussi demandé à un juge de laisser tomber des accusations de parjure portées par son propre département contre l'ex-conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn. Dans un geste de protestation, les quatre procureurs s'étaient retirés du dossier ou avaient même démissionné.

Condamnant son ingérence, des milliers d'anciens procureurs et responsables du département de la Justice ont appelé plus d'une fois Bill Barr à démissionner.

En février 2020, alors que le président Trump multipliait les attaques contre le système judiciaire et son traitement du dossier Stone, Bill Barr s'était permis une rare critique à son endroit, soit que ses tweets compliquaient son travail.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !